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L’action humanitaire durant la Guerre de libération nationale mise en avant dans un film documentaire 

Publié le 04/11/2018, par dans Non classé.
L'action humanitaire durant la Guerre de libération nationale mise en avant dans un film documentaire

ALGER- Le film documentaire « l’humanitaire au coeur de la guerre d’Algérie », diffusé vendredi soir par Canal Algérie, a levé le voile sur un pan peu connu de l’histoire de l’action humanitaire durant la Guerre de libération nationale et sur le rôle qu’avait joué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en faveur des prisonniers algériens dans les geôles du colonialisme.

Réalisé pour le compte du CICR par Said Oulmi, auteur de plusieurs documentaires historiques, ce film de 42 minutes — diffusé pour la première fois sur le petit écran à l’occasion de la célébration du 64ème anniversaire du déclenchement de la Guerre de libération nationale– a abordé un aspect, jusque-là méconnu, sur l’action humanitaire durant la Guerre d’Algérie, menée notamment par la Comité international de la Croix-Rouge de février 1955 à juillet 1962.

L’Organisation, basée à Genève, avait effectué 10 missions d’enquête successives pour s’enquérir des conditions de vie des populations regroupées dans des camps en Algérie, de la situation des réfugiés aux frontières tunisiennes et marocaines, ainsi que du sort des internés et prisonniers algériens dans les géôles françaises.

Le réalisateur a reconstitué les principales étapes qu’avait connues l’action humanitaire en s’appuyant notamment sur des archives conservées au siège du CICR en Suisse et des témoignages des acteurs qui étaient au coeur de ces évènements.

Parmi eux figurent des anciens délégués du Comité, comme Pierre Gaillard, l’historien français Bugnon, le chef de la délégation de la Croix-Rouge en Algérie, Askar Umarbekov, et des internés algériens qui avaient survécu grâce aux interventions effectuées par la Croix-Rouge internationale.

La parole a été donnée aussi aux anciens dirigeants du Front de libération nationale (FLN), dont l’ancien chef du gouvernement et porte-parole de la délégation du FLN pendant les négociations des accords d’Evian, Rédha Malek et l’ancien ministre des Affaires étrangères et conseiller juridique du FLN et du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), Mohamed Bedjaoui.

Ainsi, la première activité humanitaire avait été effectuée du 28 février au 18 avril 1955, durant laquelle les délégués du CICR avaient relaté, dans des rapports fort détaillés, les souffrances qu’enduraient les prisonniers algériens dans des centres de détention, privés de leurs droits élémentaires en tant que détenus et soumis à des actes « inhumains » par les autorités coloniales.

Les missionnaires du Comité avaient également rendu visite aux cinq anciens dirigeants du FLN (Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Hocine Ait Ahmed, Mohamed Boudiaf et Mustapha Lacheraf) emprisonnés en France.

Pierre Gaillard, délégué du CICR durant toute la période de la Guerre d’Algérie, s’en souvient de ces moments et n’hésite pas à évoquer les « obstacles » dressés par les autorités coloniales qui refusaient même de communiquer la liste complète des détenus algériens.

== Un rôle déterminant dans la défense du droit humanitaire==

Considéré comme la « cheville ouvrière de la délégation », Pierre Gaillard, décédé deux mois après la réalisation de ce documentaire, a affirmé avoir toujours défendu le principe de « neutralité » du Comité de la Croix rouge, qu’il a qualifié de « bouclier », durant toute ces années d’activités humanitaires accomplies en Algérie et en France.

« J’ai vu le peuple algérien souffrire, mais avec dignité », a souligné l’ancien délégué, saluant la détermination et l’engagement des Algériens pour défendre leur indépendance.

Des témoignages des détenus algériens, à l’instar de Ramdane Ait Idir et Hamidou Fethi, confirment eux aussi l’exemplarité de la conduite de ce délégué qui s’était distingué lors de ses visites aux camps de regroupements et centres de détention, allant jusqu’à partager le repas avec les internés pour vérifier la consistance de l’alimentation distribuée par les forces coloniales françaises.

Les anciens internés et détenus algériens, sollicités dans ce film, ont tous reconnu « l’apport » de l’organisation dans la défense du droit humanitaire international, l’amélioration de leur condition de détention et de vie dans les camps de regroupement coloniaux.

Le CICR avait réussi, au cours de ses missions, à obtenir la reconnaissance par la France du statut de prisonnier de guerre aux combattants de l’ALN (Armée de Libération Nationale).

Il avait joué également un rôle dans la libération des détenus algériens et des prisonniers de guerre français détenus par l’ALN.

En janvier 1958, deux délégués du CICR étaient autorisés à rendre visite à quatre prisonniers français capturés à la frontière tunisienne et détenus à la base de l’Est de l’ALN.

Un de ces prisonniers, encore en vie, Jean Augin Vialoron, a témoigné dans ce documentaire, sur les conditions de leur détention affirmant qu’ils avaient été traités « dignement » par l’ALN jusqu’à leur libération en décembre 1958.

Au total, le CICR avait visité 586 lieux de détention et de camps de regroupement déployés par les autorités coloniales à travers le territoire national et en France.

Avec le soutien de Comité de la Croix-Rouge international, le Croissant rouge algérien (CRA) voit le jour le 9 janvier 1957 et s’engage à répondre aux besoins pressants humanitaires engendrés par la guerre.

Le 20 juin 1960, le GPRA avait annoncé son adhésion aux Conventions de Genève fixant les règles du droit international humanitaire, constituant une autre victoire pour la lutte contre l’Indépendance de l’Algérie.

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