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La violence et la discrimination, dénominateur commun des Euroméditerranéennes

Publié le 13/12/2016, par dans Non classé.

Qu’elles soient Européennes ou Arabo-musulmanes, elles partagent toutes les mêmes souffrances dues aux inégalités, aux violences, à la discrimination et au déni de leurs droits au nom d’un système de patriarcat basé sur la domination de la femme par l’homme.
C’est une réalité que partagent les participants à la conférence sur les droits des femmes tenue à Beyrouth la semaine dernière. Partout le constat est le même, mais il est plus dramatique lorsqu’il émane d’un pays en situation de conflit armé, de guerre ou d’occupation, où les femmes deviennent les premières cibles de toutes formes de violence.

Les inégalités et les violences sont les pires atteintes que subissent les femmes, qu’elles soient Européennes ou Arabo-musulmanes. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés les nombreux participants à la conférence euroméditerranéenne, tenue récemment à Beyrouth et consacrée aux droits des femmes.

Organisée par le réseau Euromed initiative féministe (EIF), qui comprend des associations féministes et de femmes d’une trentaine de pays de l’Europe et de la rive sud de la Méditerranée, qui luttent pour l’égalité entre les sexes et les droits des femmes, et contre le militarisme, la guerre et l’occupation, cette conférence de deux jours (28 et 29 novembre) a réuni les représentants de la Commission européenne, le Service européen pour l’action extérieure, l’Union pour la Méditerranée (UPM), avec une centaine de personnes entre universitaires, représentants de la société civile, des médias et des ministères impliqués dans le processus, des acteurs politiques d’au moins 22 pays des deux rives de la Méditerranée, dont l’Algérie, représentée par le Centre d’information et de documentation sur les droits des enfants et des femmes (Ciddef) que dirige Nadia Aït Zai, spécialiste du genre.

Ouverts par la coprésidente d’EIF, Mme Lilian Halls French, les travaux et les débats en ateliers ont mis en exergue les violences que subissent les femmes dans une grande partie du monde, notamment la région du bassin méditerranéen, mais aussi la nécessité d’obliger les Etats à mettre en place de meilleures politiques de protection, à travers des mécanismes d’élimination de toutes formes de ségrégation, violence, inégalités et de toutes formes de stéréotype qui les encouragent.

« Aussi bien en Europe, où les statistiques sur les violences conjugales sont effrayantes et où les salaires des femmes sont de loin plus bas que ceux des hommes, que dans le monde arabo-musulman, où les femmes font face à l’extrémisme religieux, les traditions et les mentalités, le combat pour l’égalité entre les sexes reste un grand défi pour les femmes.

Ce constat amer ne peut être dissocié de la situation dans le monde, marquée par les conflits armés qui secouent de nombreux Etats de la rive sud de la Méditerranée, la violence de l’occupation israélienne en Palestine et la montée de l’extrémisme religieux. Le défi est très important et appelle à la nécessité de lutter ensemble pour faire en sorte que ce gouffre qui existe entre les lois et la réalité des droits des femmes sur le terrain soit comblé», déclare Mme Lillian Halls Frech, avant que les représentants officiels du Liban, la ministre des Personnes déplacées, Alice Chaptini, de la Jordanie, le ministre du Développement social, Wajeeh Azayzeh, et de la Tunisie, Imane Kalai, n’évoquent chacun de son côté les efforts de leurs gouvernements pour réduire les écarts entre les droits des hommes et des femmes.
« L’augmentation de la violence et de l’extrémisme qui caractérise le contexte actuel affecte le plus les femmes car elle oblige beaucoup de gens à rentrer chez eux et à abandonner leurs lieux de travail.

C’est pourquoi, nous devons étudier soigneusement la situation afin de lutter contre elle et restaurer ainsi les droits des femmes dans la région», a déclaré le ministre jordanien. Mais les débats entre participants ont montré que malgré les modifications des Lois fondamentales et des législations opérées par de nombreux pays, ainsi que les conventions internationales pour l’élimination des discriminations, les femmes continuent de subir un déni de leurs droits et leur dénominateur commun est souvent la violence et la discrimination, notamment avec les conflits armés, les crises économiques, la pauvreté, l’ignorance, l’extrémisme et les mentalités rétrogrades. Chacun des participants représentant la société civile a tenté de mettre en lumière le vécu des femmes dans son pays.

Ancienne ministre croate des Affaires étrangères et européennes, présidente d’honneur du Parti du peuple croate, la députée Vesna Pusic évoque « l’ampleur» du phénomène des violences conjugales en l’absence de loi qui les criminalise. « Lorsqu’une femme appelle la police pour se plaindre de violences conjugales, elle est arrêtée avec son époux et jetée en prison avec lui. Ce qui a conduit à de nombreux décès de victimes», dit-elle.

Juge de son état et membre fondatrice de la Ligue espagnole des magistrats, Zita Hernandez estime que dans son pays, malgré la criminalisation depuis 2003 de la violence conjugale, « le manque de compréhension du principe de la non-discrimination entre homme et femme constitue l’une des raisons majeures qui explique le comportement souvent injuste à l’égard des femmes». Elle plaide pour une meilleure formation des juges afin qu’ils puissent appliquer les lois sans aucune discrimination, en se référant au principe d’égalité.

Pour sa part, Naila Chaabane, présidente de l’Association tunisienne de droit constitutionnel, estime que l’amendement de la Loi fondamentale de son pays pour instaurer l’égalité au sein de la famille et dans l’héritage « a sensiblement contribué à l’éducation des femmes et à l’accès de celles-ci à la politique, mais il n’a pas aidé à leur accès aux postes décisionnels où elles sont très peu représentées, soit moins de 3% seulement».

Membre du secrétariat général, de l’UPM, Delphine Borione revient sur « les principes d’engagement» des Etats membres de l’organisation qu’elle représente (28 européens et 13 de la rive sud de la Méditerranée) et insiste sur « la nécessité d’un bilan et d’un plan d’actions, basés sur les rapports nationaux et régionaux présentés par la société civile pour assurer la mise en œuvre des recommandations ministérielles».
Ministre jordanien des Affaires politiques et parlementaires, Mussa Maaytah trouve que la problématique du genre dans son pays « n’est pas du fait de l’analphabétisme. En Jordanie, 56% des étudiants universitaires sont des Lire la suite

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