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La Toile se projette dans l’après-Bouteflika

Publié le 18/05/2016, par dans Non classé.

Au moment où les grandes manœuvres ont commencé pour la désignation du successeur de Bouteflika, certaines personnalités politiques s’activent sur la Toile pour polir leur image ou lancer leur précampagne.
Pour le moment, ils ne sont qu’un peu plus de 25 000 à suivre les pérégrinations de Chakib Khelil, ancien ministre de l’Energie et des Mines, sur facebook. Celui qui est cité dans l’affaire Saipem-Sonatrach a lancé « Monsieur Chakib Khelil» sur le plus célèbre des réseaux sociaux, en janvier 2015, dans une quasi-indifférence. Mais depuis son retour en Algérie et la campagne de réhabilitation menée tambour battant en direction de l’opinion, sa page officielle connaît un regain d’activité. L’ancien ministre y poste des photos à sa gloire, pour rappeler son passage réussi à la tête du ministère de l’Energie, et des vidéos qui mettent l’accent sur l’accueil chaleureux que lui réservent les zaouïas.

Dans l’une d’elles, à Adrar, on peut voir le barde Moulay Moubarak Abou Fetah déclamer un poème à la gloire de celui qui se dit « prêt à aider l’Algérie». Pour le successeur potentiel au président Bouteflika, comme certains le supposent, facebook est une manière d’ouvrir la porte à une certaine intimité. Car le réseau créé par Mark Zuckerberg offre une proximité que l’on ne trouve pas ailleurs et permet de tisser des liens entre un ministre banni et en quête de rachat et les citoyens.

Sauf que cette réhabilitation menée au forceps peut se retourner contre lui. D’une part, parce que les internautes ne sont pas dupes de la manœuvre et n’hésitent pas à mettre les pieds dans le plat en rappelant à l’ancien ministre l’affaire des commissions dans laquelle son nom apparaît, mais également l’ouverture d’une page « Chakib Khelil man7habbekch» (Chakib Khelil, je ne t’aime pas, ndlr), dont le slogan est « Chakib Khelil dit qu’il y a 500 personnes qui ne l’aiment pas en Algérie et que sur facebook ils sont des milliers à l’aimer.

Prouvons-lui le contraire». Et ça marche : ils sont déjà plus de 11 000 à adhérer à l’initiative dans laquelle les tentatives de réhabilitation de l’ancien directeur « énergie» à la Banque mondiale sont tournées en dérision. Questionné sur le sujet par la chaîne Ennahar TV, l’ancien ministre a assuré : « La majorité de ceux qui me suivent sur facebook me soutiennent.»

Facebook et Twitter attirent de plus en plus d’hommes politiques, de députés ou de capitaines d’industrie à la recherche d’une plus grande interactivité avec les citoyens, au moment où plusieurs scénarios sont envisagés pour l’après-Bouteflika. Ces pages sont désormais un espace d’échange incontournable dans lequel politiques et citoyens expriment leur point de vue en engageant très souvent un débat sur de multiples questions.

Même si une grande majorité ont une présence symbolique sur les réseaux sociaux — sauf en période d’élections — la plupart confient leurs comptes à des chargés de communication. Pour Issad Rebrab, la présence sur facebook répond à plusieurs impératifs, au moment où le rachat du groupe El Khabar est remis en cause par le pouvoir. Le patron de Cevital, qui est sur les réseaux sociaux depuis longtemps, renforce sa présence avec l’ouverture d’une nouvelle page facebook dédiée à ses activités d’industriel. Cette présence sur facebook ou Twitter lui permet de mesurer sa popularité auprès des Algériens, dont certains le voient occuper la plus haute fonction.

Trois pages facebook « Issad Rebrab Président» ont été créées pour lancer un appel en ce sens. « L’Algérie a besoin d’un homme de votre envergure à son sommet», écrit un internaute sur le mur de Issad Rebrab, alors qu’un autre loue ses succès en affaires et estime qu’un patron qui gère aussi bien ses entreprises ne peut être qu’un bon Président. « Je ne vous connais pas mais depuis des années je vois en vous un bon Président. Du fait que vous avez su gérer l’économie algérienne, vous allez pouvoir gérer l’Algérie.»

Si cette course aux réseaux sociaux connaît une accélération ces derniers temps, rares sont ceux qui pourront espérer atteindre les 48 millions de supporters sur facebook que compte le président des Etats-Unis, Barack Obama. En 2008, celui qui n’était encore que sénateur de l’Illinois avait terrassé sa rivale démocrate Hillary Clinton puis se portait à la tête des Etats-Unis en grande partie grâce à internet.

Une première dans l’histoire des campagnes électorales américaines tant les réseaux web ont grandement facilité l’arrivée tonitruante du sénateur Barack Obama sur la scène médiatique mondiale. En 2012, Obama avait également compté sur une e-campagne pour se faire réélire en signant de ses initiales, « BO», avec les 74 millions de personnes qui le suivent déjà sur Twitter ! Lire la suite

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