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La situation s’apaise après deux nuits d’émeutes

Publié le 05/01/2017, par dans Non classé.

Après deux jours consécutifs de grève, les commerçants brisent le mur de la peur et remontent les rideaux. Au chef-lieu de la wilaya de Bouira, la reprise a commencé timidement dans la matinée d’hier.
Au fil des heures, les commerces des boulevards principaux de la wilaya ont tous repris leur activité le plus normalement. Il aurait suffi qu’un commerçant ou deux ouvrent leurs magasins, pour que les autres fassent de même. Les habitants de Bouira affichent à la fois leur satisfaction après le gel de la grève et leur déception car le mouvement n’a donné aucun résultat et a causé de nombreux désagréments. « Cinq jours de grève, c’est trop ! Heureusement qu’elle n’a tenu que deux jours. Avant de se lancer dans cette grève, les commerçants auraient dû penser aux personnes malades et aux enfants. Les priver de denrées alimentaires est malhonnête. Il n’y avait même pas de service minimum.

Nous étions perdus», dira Malek, un habitant de la cité Zerrouki, du chef-lieu de Bouira. « Ils ont pris toute une population en otage. Ce mouvement n’était pas structuré. Je me demande comment les commerçants ont fait confiance à un appel à la grève anonyme… S’il y a une hausse des prix, elle touchera le consommateur et non pas le commerçant, alors pourquoi s’y sont-ils aventurés ?» s’interroge Belkacem, résidant à de Draâ El Bordj, à Bouira.

Dans les autres communes où la grève a eu lieu, notamment celles de l’est de la wilaya, les commerçant ont enfin décidé de mettre fin à leur débrayage. Cependant, le flou demeure toujours concernant les personnes ou les parties qui sont derrières les actes de violence enregistrés durant les jours de la grève des commerçants. Les émeutes, qui ont éclaté, ont failli embraser toute la région. La majorité des citoyens interrogés pensent que les protestations de rue et les attaques contre les brigades de la Gendarmerie nationale n’étaient pas spontanées.

Dans chaque région, les raisons diffèrent. Même chose pour les commerçants qui n’arrivent pas à expliquer leur adhésion à l’appel anonyme à la grève lancé sur les réseaux sociaux. La plupart de ceux qu’on a pu approcher disaient qu’ils étaient devant le fait accompli. « Lorsque j’ai constaté que les autres commerçants de mon quartier n’ont pas ouvert leurs magasins, j’ai tout de suite renoncé à le faire à mon tour. Je ne pouvais m’aventurer tout seul, car la nuit on ne sait plus ce qui allait se passer», explique un commerçant du chef-lieu de la commune de Chorfa, 45 km à l’est de Bouira.

Par ailleurs, quelques escarmouches de moindre ampleur ont été enregistrées durant la nuit de mardi à mercredi entre des adolescents et des gendarmes à Chorfa et à Saharidj, dans l’est et le nord-est de la wilaya de Bouira. A Chorfa, les jeunes contestataires, peu nombreux, ont attaqué la brigade de Gendarmerie nationale avec des fumigènes valant 1500 DA l’unité. Ils ont aussi mis le feu à un pylône du réseau téléphonique à proximité de la brigade. Néanmoins, la situation s’est nettement améliorée hier.

Les appels au calme lancés par les comités de village, notamment ceux de la ville de Raffour, relevant de la commune de M’chedallah, 40 km à l’est de Bouira, ont trouvé écho chez les jeunes. Les mêmes appels ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux. Résultat, aucune route n’a été coupée à la circulation automobile. Lire la suite

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