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«La situation en Libye a aggravé les défis sécuritaires dans les pays voisins»

Publié le 10/12/2017, par dans Non classé.

– L’Algérie va abriter deux importantes conférences africaines sur la lutte contre le terrorisme, l’une à Oran, aujourd’hui et demain, l’autre à Constantine, les 13 et 14 décembre 2017. Qu’en est-il au juste ?

La réunion de haut niveau qui se tient à Oran a pour thème « Les réponses effectives et durables au phénomène du terrorisme : approche régionale». Cette rencontre prévoit d’examiner un large éventail de questions liées à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notamment l’évaluation de l’impact de ce phénomène sur la paix et la sécurité en Afrique, le partage des bonnes pratiques et des leçons tirées des expériences passées, y compris celle de l’Algérie, et pour identifier également les réponses les mieux coordonnées et les plus durables.

Je dois souligner que cette réunion se tient en Algérie à la suite à la désignation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, par ses homologues africains en qualité de Coordonnateur de l’Afrique pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent sur le continent.

La gravité des menaces du terrorisme pour la sécurité, la stabilité et le développement d’un nombre croissant de pays africains demeure une source de préoccupation majeure pour l’UA (Union africaine) et une priorité dans son programme de prévention et d’action contre ce fléau.

Au cours de la dernière décennie, cette menace a pris de l’ampleur et des régions qui n’avaient pas pleinement pris conscience de ses sérieuses répercussions, ou qui se considéraient à l’abri du terrorisme, sont devenues la cible des terroristes avec des niveaux de violence sans précédent. D’où la nécessité de revoir et d’adapter les mécanismes et instruments déjà mis en place par l’UA, à la fois sur les plans juridique et opérationnel.

Par-delà l’expérience algérienne, les participants sont appelés à identifier les avancées et gaps de cette architecture de l’UA de lutte contre le terrorisme de façon à consolider davantage la coordination entre les pays africains dans ce domaine, en intégrant l’ensemble des moyens disponibles, en étroite coopération avec les Nations unies et nos partenaires pour répondre aux défis sans cesse plus complexes et une résilience avérée des groupes terroristes et criminels. S’agissant de la réunion de haut niveau qui se tient à Constantine, elle portera sur le thème : « Faire taire les armes d’ici 2020 : le rôle des femmes dans la médiation et la promotion de la coopération transfrontalière».

Cette question s’inscrit dans la continuité des efforts de l’Union africaine visant à sensibiliser et accroître la compréhension au sujet de l’implication des femmes dans les efforts de médiation et de prévention des conflits en Afrique. Les efforts de l’UA dans ce cadre commencent à enregistrer des progrès considérables, notamment à travers l’initiative de FemWise-Africa, lancée à Constantine l’année dernière, et qui fournit une plateforme continentale pour le plaidoyer stratégique, le renforcement des capacités et la mise en place d’un réseau visant à renforcer l’application des engagements en faveur de l’inclusion des femmes dans le rétablissement de la paix et la stabilité en Afrique.

– Le Sommet Europe-Afrique vient de s’achever ; quels dividendes l’Afrique en a-t-elle tirés ?

Les premiers dividendes restent sa consécration en Sommet UA/UE, permettant ainsi d’inscrire l’action collective des deux ensembles dans le cadre de la vision 2063 de l’UA et promouvoir une approche de ce partenariat tournée vers l’action et des résultats à atteindre d’ici le prochain sommet pour que ce processus reste pertinent et crédible.

Cela dit, la préoccupation majeure de ce 5e Sommet UA-UE a été axée sur le thème : « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable» dont le but est d’identifier des stratégies et actions communes en vue de traduire l’atout de la jeunesse des populations africaines en opportunités de développement économique et sociale induisant une croissance soutenue et durable.

C’est à ce titre qu’ont été abordées les questions relatives respectivement à la nécessité d’accroître les opportunités économiques pour les jeunes, la nécessité d’investir dans la transformation structurelle de l’Afrique, l’éducation et la formation pour s’assurer les compétences nécessaires à ce développement, les questions de mobilité et migration des jeunes, ainsi que les impératifs de paix, de sécurité et de gouvernance.

– Lors de ce sommet, il a été plus question de la limitation des flux des migrants que de la source de ce fléau lié principalement aux problèmes profonds que vivent de nombreux pays africains en raison des conflits armés qui les laminent et menacent leur existence. Peut-on connaître votre avis sur le sujet ?

Au cours de ces dernières années, le problème de la migration n’a cessé de s’aggraver au point de constituer une des questions prioritaires sur le plan international. Les amalgames et tentatives récurrentes, en particulier dans les médias européens, visant à établir un lien de cause à effet entre les migrants africains et l’augmentation du nombre d’attentats terroristes suscitent de profondes inquiétudes du côté des Africains.

Pour l’UA, c’est d’abord un phénomène naturel qui touche plus de 20 millions d’Africains par an dans le continent même. Une approche holistique et équilibrée de la migration s’impose.

Elle est basée sur les principes d’humanité, de solidarité, de partage des charges, de la migration légale, du respect du droit international, y compris les droits de l’homme et le droit humanitaire. Tout aussi importante est la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs des deux côtés pour s’attaquer aux causes profondes de ce problème, renforcer notre engagement à prévenir et à résoudre les conflits, et enfin accroître les investissements et les programmes de développement devant donner de l’espoir et des emplois décents aux jeunes Africains dans leurs pays.

La déclaration finale du 5e Sommet UA-UE a été élaborée autour de ces éléments, et un grand travail nous attend à l’avenir pour renforcer le partenariat entre les deux organisations sur cette question cruciale afin de préserver en priorité la dignité de nos concitoyens.

– Depuis quelque temps, le monde se focalise sur le grave phénomène « d’esclavage» en Libye en occultant l’éclatement du pays avec des régions entières qui échappent au contrôle de l’Etat, ainsi que la prolifération de factions armées souvent aidées et financées par des puissances étrangères. Quelle analyse faites-vous de la situation Lire la suite

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