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«La réunion d’Alger pourrait être le prélude à une initiative»

Publié le 06/09/2016, par dans Non classé.

Après avoir élaboré pendant trois années les scénarios pétroliers pour le compte de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Olivier Rech a conseillé d’importants fonds d’investissement. Il est aujourd’hui responsable de la recherche énergie chez Beyond Ratings.
Les cours du brut ont remonté la pente, à Londres, gagnant 5% de leur valeur pendant la matinée. Pensez-vous qu’il y a des signaux d’espoir qui se dégagent des déclarations de certains membres, à la veille d’une réunion informelle prévue ce mois à Alger?

Le prix du pétrole brut a effectivement vivement réagi aujourd’hui (hier, ndlr) à l’annonce d’un accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite. La hausse a été de plus de 2 dollars en quelques minutes (soit plus de 4%, ce qui est significatif) et le baril s’est approché du seuil des 50 dollars.

Mais les premières informations précises disponibles sur le contenu de l’accord ont calmé les ardeurs du marché. Bien qu’une initiative russo-saoudienne constitue en tant que telle un signal digne d’intérêt, l’accord conclu entre les deux ministres de l’Energie ne fait référence à aucune décision immédiate de coopération visant la régulation du marché, ni accord de réduction de production ni même accord de gel aux niveaux actuels. A l’heure où je vous parle, le prix du baril est déjà en train de redescendre.

Les marchés continuent à valser au rythme d’un excédent qui affecte sérieusement les cours, pensez-vous que la tendance de surproduction va être endiguée d’ici la fin de l’année ? Autrement, y aurait-il d’autres facteurs de déprime qui plomberaient les prix ?

La surproduction mondiale reste massive, de l’ordre de 350 millions de barils si l’on considère uniquement l’état des stocks des pays de l’OCDE. Résorber cette surproduction demanderait une réduction nette de production de l’ordre de 1 million de barils par jour pendant un an, en supposant que la consommation mondiale demeure inchangée.

Malheureusement, le FMI ne cesse de revoir à la baisse ses prévisions de la croissance économique mondiale. On peut s’attendre à ce que la tendance de la demande mondiale de pétrole soit également progressivement revue à la baisse fin 2016 et courant 2017. C’est un facteur supplémentaire qui contribuera à plomber davantage le prix du brut.

Peut-on s’attendre à une décision consensuelle sur la production lors de la prochaine réunion d’Alger, ou bien faut-il s’attendre au maintien du statu quo, faute d’une adhésion des plus grands producteurs ?

La réunion informelle prévue à Alger fin septembre rassemblera les principales parties prenantes, en premier lieu Arabie Saoudite et l’Iran, mais également la Russie.

Ceci pourrait être le prélude à une initiative, peut-être une décision, mais le ministre de l’Energie saoudien, Khalid Al Falih, a déjà annoncé qu’il ne croyait pas qu’une intervention soit nécessaire et, quoi qu’il en soit, qu’il ne plaidera pas en ce sens. Aujourd’hui, je pense que la réunion d’Alger sera donc la répétition de celle de Doha au mois d’avril, peut-être pas exactement avec les mêmes mots mais certainement dans les actes, c’est-à-dire le maintien du statu quo. Lire la suite

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