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La région de Ghardaïa, un patrimoine universel inestimable en quête de préservation

Publié le 24/04/2018, par dans Non classé.
La région de Ghardaïa, un patrimoine universel inestimable en quête de préservation

GHARDAIA – Avec ses siècles d’histoire et ses splendeurs architecturales, la région de Ghardaïa renferme un patrimoine civilisationnel inestimable placé au plus haut niveau de l’héritage humain par l’Unesco en 1982 comme patrimoine universel, et qui ne demande aujourd’hui qu’à être préservé.

Cet héritage matériel et immatériel des ksour de la vallée du M’zab, qui devait être au coeur de toute action de promotion des investissements et du développement socio-économique durable, ne manque pas de relever le paradoxe entre une région classée par l’UNESCO et la faible prise de conscience de l’impact de ce classement.

Depuis plusieurs décennies, la région de Ghardaïa, particulièrement la vallée du M’zab, a subi les conséquences d’une urbanisation rapide et parfois anarchique au détriment de son patrimoine architectural, estiment de nombreux acteurs du mouvement associatif activant dans la préservation du patrimoine.

La vallée a connu les effets d’une urbanisation accélérée, anarchique et une dégradation avancée de son environnement, notamment ses palmeraies, où des constructions illicites ont été édifiées sans respect des normes architecturales de la région, a fait savoir un notable de la région.


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Le paysage architectural de la vallée du M’zab, qui possède une grande richesse sur le plan de la typologie formelle et fonctionnelle et de la diversité du langage architectural utilisé dans les différentes oeuvres bâties, connait des bouleversements au niveau de ses structures urbaine, sociale et économique, a indiqué, de son côté, un jeune architecte de passage à Ghardaïa.

Ces bouleversements, accentués depuis quelques années, se manifestent par des constructions illicites et anarchiques, un squat du foncier et d’espace vert notamment les palmeraies, où le béton a fait son apparition en force, ajouté à la ruralisation de l’espace urbain de la vallée, a expliqué le même interlocuteur.

Selon les statistiques de la direction de l’Urbanisme, l’Architecture et la Construction (DUAC), le nombre de constructions illicites recensées dans la vallée du M’zab dépasse les 1.600 bâtisses, construites sans permis de construire, sans respect de l’architecture locale et sur des terrains squattés, défigurant le paysage et l’environnement dans la vallée.

Cette dernière est entrée ainsi dans un cycle de dégradation de son espace physique et de son style architectural où un processus de délaissement des matériaux de construction locaux et traditionnels au profit du ciment et du béton a défiguré les sites de la région.

« Notre patrimoine matériel légué par nos aïeux se dégrade de jour en jour à cause des vicissitudes du temps et des aléas climatiques ainsi que les effets de l’homme, autant de facteurs qui entachent le passé prestigieux de cette région », a estimé Ahmed Nouh, notable de Béni-Isguen.

Un jeune membre actif d’une association de préservation du patrimoine du Ksar de Mélika, Bakir M., a recensé une vingtaine de cas d’atteinte au patrimoine à l’intérieur du ksar, notamment la création de nouvelles ouvertures pour des bâtisses ne tenant pas compte de l’impact sur le voisinage, sans parler des transformations réalisées sur les façades des bâtisses.

Le visage urbanistique de la vallée du M’zab souffre d’une détérioration avec de nombreuses bâtisses dégradées et d’autres en ruine, des murs lézardés, ainsi que la présence d’éléments intrus intégrés à l’architecture de la région, notamment certains ouvrages en béton armé qui viennent se substituer à ceux d’autrefois réalisés avec des matériaux traditionnels à base de chaux, a reconnu le chargé de la gestion de l’Office de protection et de préservation de la vallée du M’zab (OPVM), Kamel Ramdane.

« Il y a vraiment urgence », confie-t-il à l’APS, en désignant les dégâts causés par les vicissitudes du temps, les agressions de l’homme sur le patrimoine architectural, tout en saluant l’apport constant de l’Etat pour la préservation et la restauration du patrimoine.

Des bâtisses au style architectural ancestral, notamment au centre-ville de Ghardaia, sont remplacées par des constructions modernes sans même respecter la couleur ocre des façades, symbole des villes du sud du pays, a-t-il poursuivi.

Mise en place d’un processus de sauvegarde

Devant cette situation « alarmante », les responsables chargés du patrimoine et de la culture ont mis en place un processus de sauvegarde de la vallée du M’zab.

Selon le responsable chargé de la gestion de l’OPVM, des rappels à l’ordre pour se conformer avec l’architecture locale ont été adressés afin de préserver le style architectural atypique de la région et de juguler la détérioration du patrimoine.

« Nous collaborons avec les services concernés par nos avis sur la localisation des projets d’investissement afin d’être en conformité avec la loi sur le patrimoine 04/38 du 15/07/1998 et le décret exécutif N-05/209 qui érige la vallée du M’zab en +Secteur Sauvegardé+ en 2005 », a-t-il affirmé.

La liste des travaux à mener d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine local s’allonge de jour en jour, en attendant l’achèvement du plan de sauvegarde confié à un bureau d’étude et qui accuse un retard.

A titre d’illustration, le ksar de Béni-Isguen et son rempart, joyau de l’architecture ancestrale qui constitue le monument historique le plus visité de la région avec sa tour et sa façade resplendissante, est victime de la pollution, des intempéries et de l’usure du temps, ainsi que des fuites et infiltrations des réseaux d’eau potable et d’assainissement, a-t-on constaté.

Outre cela, plusieurs parties extérieures des ksour sont dans un état moins reluisant, les gouttières traditionnelles ayant perdu leur tête et arborent d’inélégants tuyaux en PVC pour l’évacuation des eaux, tandis que la pierre et autres matériaux de construction locaux ont cédé la place aux parpaings, briques et autre béton.

Plusieurs opérations de restauration du patrimoine architectural, notamment les maisons traditionnelles construites selon une architecture étudiée, les ouvrages hydrauliques ancestraux, les puits traditionnels, les monuments funéraires, ont été lancées pour juguler la dégradation et renforcer l’attractivité touristique de la région.

2.000 bâtisses ont subi une opération de rénovation

Pas moins de 2.000 habitations traditionnelles ont subi une opération de rénovation depuis l’année 2000 et une vingtaine d’actions de restauration et de revitalisation du patrimoine architectural atypique et autres monuments historiques ancestraux affectés par les aléas du temps ont été réalisées dans la vallée du M’zab, a fait savoir le responsable Lire la suite

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