formats

«La réforme des subventions exige du temps»

Publié le 22/11/2016, par dans Non classé.

– Le gouvernement vient d’amorcer une profonde réforme de la politique des subventions. Un système de ciblage est-il possible dans ce domaine, compte tenu de l’ampleur de l’informel et de la thésaurisation ?

La réforme de la politique publique des subventions ne peut se faire en un temps si court, dès lors que l’évaluation de ce qui existe déjà n’est pas connue avec précision, si ce n’est la contrainte dans le budget de l’Etat. Les différents impacts ne sont pas tous cernés, car les subventions ne touchent pas uniquement les ménages, mais aussi des producteurs dans différents secteurs d’activité.

Il serait par conséquent judicieux de distinguer ce qui se rapporte à la sauvegarde du pouvoir d’achat des couches sociales les plus défavorisées, tout en continuant à améliorer le fonctionnement de l’économie nationale. Vouloir revoir le système des subventions suppose alors une vision à court et moyen termes.

Dans l’immédiat, le poids sur les dépenses publiques est vraiment problématique et cela devient en quelque sorte une priorité. Mais la configuration actuelle du système des prix ainsi que la faiblesse de la bancarisation peuvent limiter la marge de manœuvre des pouvoirs publics. L’économie algérienne n’est pas à l’abri des pressions inflationnistes. La crainte est à ce niveau, car si tous les prix venaient à augmenter simultanément, l’inflation s’installerait avec tous les inconvénients qui vont avec, notamment le chômage et le désinvestissement.

– Faut-il s’attendre à une remise en cause totale de la politique sociale de l’Etat, si la crise financière actuelle continue à s’aggraver ?

La nature même du pouvoir politique en Algérie doit être reliée à son action sociale. Même si la crise économique venait à s’inscrire dans la durée, il y aura toujours des ressorts qui seront utilisés pour maintenir une certaine cohésion sociale. C’est peut-être la façon de faire qui va changer. On ne peut pas effacer d’un seul coup des équilibres qui ont mis plusieurs décennies à se réaliser.

En réalité, seul le changement du modèle de croissance économique pourrait amener une évolution dans la politique sociale actuelle de l’Etat à travers l’abandon de l’économie rentière. Il est essentiel de se préparer dès aujourd’hui, car le passage vers une économie productive et diversifiée ne peut se faire du jour au lendemain. Des réformes économiques profondes sont maintenant indispensables, dont justement celle qui se rapporte aux transferts sociaux.

– Dans quelle mesure peut-on envisager une réforme rationnelle et juste des politiques publiques de subventions et de soutien des prix ?

Logiquement, il doit exister une certaine cohérence entre le système des prix, la politique des revenus et la productivité du travail. Or, en Algérie ce n’est pas le cas. Et en l’absence de cette cohérence, il est évident que les comportements des agents économiques, particulièrement les ménages et les entreprises, sont dictés en fonction de la régulation qui en est faite par les pouvoirs publics, lesquels restent suspendus au seul cours du pétrole brut sur les marchés internationaux.

Pour le moment, rien n’indique que cela va changer radicalement tant les chantiers à ouvrir sont nombreux : fiscalité, secteur informel, système bancaire et contrôle des changes, climat des affaires, code de commerce, code du travail, etc. Il faut placer l’entreprise (entité productive de richesses) et la commune (entité territoriale) au centre des réformes économiques en Algérie pour que leurs synergies puissent aboutir à une économie diversifiée et donc à plus de croissance économique, profitant ainsi à l’ensemble des Algériens.
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé «La réforme des subventions exige du temps»
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair