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«La réduction des dépenses et des subventions n’est pas le fruit d’un modèle élaboré»

Publié le 07/06/2016, par dans Non classé.

– La tripartite, qui a regroupé dimanche le gouvernement, l’Ugta et les organisations patronales, s’est soldée par une moisson faible, du moins sur le plan économique. Hormis quelques mesures liées à la nécessité de diversifier l’économie et ses sources de financement, on reste sur notre faim. Quelle lecture pouvez-vous en faire ?

Elle s’est soldée par ce qu’il fallait en attendre : pas grand-chose. On ne change pas un cheminement atavique par la grâce d’une réunion entre trois parties aux objectifs et impératifs antinomiques et sans prise sur la réalité de la situation du pays et de son économie. Pour ce qui est de diversifier l’économie, c’est un leitmotiv qui revient depuis 1984 et sonne faux dans la bouche de ceux qui sont le produit direct de la rente pétrolière et rien d’autre. Pour ce qui est de la diversification des sources de financement, dans un pays où les banques sont publiques et la Banque centrale un appendice du ministère des Finances, lui même trésorier d’un gouvernement de distribution de rente, je vois mal comment cela pourrait se faire.

– Le nouveau modèle de croissance, chanté sur tous les toits depuis plusieurs mois, a été réduit à un simple discours de circonstance, invoquant l’impératif de réduire les dépenses, de revoir la politique des subventions, de relancer l’industrie. N’est-ce pas tout compte fait une tentative de limiter les dégâts en attendant que les prix du brut remontent la pente ?

Par un glissement sémantique, on est passé d’un modèle économique à un modèle de croissance et la nuance est énorme. Contrairement à ce que serinent les dirigeants et les experts maison, la croissance et l’économie sont deux choses tout à fait différentes. On peut avoir un modèle économique orienté positivement sur le moyen ou long termes, et même bâti sur des mesures à court terme sans avoir la croissance au rendez-vous et, à l’inverse, obtenir une croissance du PIB pour quelques exercices même par le fait de l’inflation en mettant en danger le devenir même du pays économiquement parlant et politiquement.

La réduction des dépenses publiques et des subventions n’est pas le fruit de grandes cogitations ou d’un modèle élaboré ; ce sont les circonstances qui dictent ces mesures, sous peine d’une cessation de paiement plus rapide que prévue. Ceux qui attendent une embellie pétrolière pour continuer leurs errements, ils peuvent encore attendre. Ce sont les prix hauts qui sont anormaux et non les prix actuels ; c’était une opportunité offerte par les Occidentaux à leurs compagnies pour faire des investissements dans d’autres formes d’hydrocarbures et d’énergies renouvelables, par effet comparatif, et cela est terminé.

– La tripartite a également entériné l’austérité et le retour à l’endettement extérieur. Allons-nous vivre une seconde étape de la crise au travers de ces deux décisions ?

Pour l’austérité, cela dépend de la forme qu’elle prendra et des cibles de cette politique. Il est difficile de faire avaler aux bas salaires une austérité qui ne converge pas avec les hauts revenus ou qui est même partagée. C’est antisocial et contreproductif aussi bien socialement qu’économiquement.

Mais si les limites ne sont pas dictées par la société, il y a de fortes chances que certains soient tentés de surcharger le baudet d’en bas pour sauver leur statut. Pour l’endettement extérieur, il ne faut pas trop compter dessus. Pour les dépenses publiques, le FMI dans son rapport a introduit des tableaux où il fixe, sans le dire, nos limites d’endettement à 17 milliards de dollars à fin 2020, soit une moyenne de 3 milliards par an maximum.

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