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«La question pétrolière ne se limite pas à un problème comptable»

Publié le 27/09/2016, par dans Non classé.

Après avoir élaboré pendant trois années les scénarios pétroliers pour le compte de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Olivier Rech a conseillé d’importants fonds d’investissement. Il est aujourd’hui responsable de la recherche énergie chez Beyond Ratings.
– Les producteurs de pétrole se réuniront aujourd’hui à Alger. Au menu de l’entrevue, l’examen de la situation du marché et tenter de trouver un début de réponse à l’instabilité qui y prévaut. Visiblement, les divergences sont encore évidentes et les espoirs d’une décision de gel de la production sont infimes…

Oui effectivement, la probabilité de parvenir à un accord de réduction de la production de l’ensemble de l’OPEP paraît bien faible, a fortiori en intégrant des pays producteurs non membres de l’OPEP. D’une part parce que le marché reste assez fortement déséquilibré, d’autre part parce que la question pétrolière ne se limite pas à un problème comptable d’équilibre entre offre et demande. La situation géopolitique se dégrade au Moyen-Orient et la tension sous-jacente entre Arabie Saoudite, Iran et Russie, sans oublier les Etats-Unis, ne favorise pas la confiance nécessaire à un tel accord.

– Le Nigeria et la Libye tentent de réunir les conditions d’une hausse des exportations, à l’heure où la production de l’Iran et l’Irak carbure pleinement, pour qu’une décision de gel de la production soit efficace et en mesure d’influer sur les excédents. Pensez-vous qu’une baisse significative de la production saoudienne est nécessaire ?

Aux niveaux de production actuels des principaux pays producteurs et en supposant que la demande mondiale ne baisse pas, l’Arabie Saoudite devrait réduire sa production d’un million de barils/jour pendant un an pour résorber l’excédent actuel sur le marché. Les Saoudiens ont évoqué la possibilité d’une baisse de 0,5 million de barils/jour en revenant à leur niveau de production du mois de janvier.

Mais je vois mal quels autres pays producteurs participeraient à l’effort de réduction complémentaire. D’autant plus qu’il y a une part de calcul dans la proposition informelle des Saoudiens qui est liée au fait qu’ils augmentent généralement leur production en été puis la réduisent en hiver. Cette offre n’est pas aussi convaincante qu’il y paraît à première vue.

– L’industrie pétrolière est frappée de plein fouet par la baisse des prix et le déclin des bénéfices des majors (-22% d’investissements en 2015, selon l’Opep). Cette variable est-elle à prendre en compte pour résoudre l’équation de la stabilité du marché ?

Effectivement, les investissements en exploration-production sont massivement en recul dans le monde, ce qui est cohérent avec les conditions économiques imposées par la situation de surproduction. Mais l’effet sur le profil de production, en particulier non OPEP, ne sera pas perceptible immédiatement, en partie parce que les capacités arrivant en production actuellement résultent de décisions antérieures à la baisse du prix du baril, et parce que l’industrie pétrolière est en phase de réduction des coûts et dégage néanmoins des marges de manœuvre dans ce contexte très difficile. A l’horizon 2017, la baisse des investissements ne jouera qu’un rôle faible dans le rééquilibrage du marché, négligeable par rapport à la stratégie saoudienne. Sur l’après-2017, en revanche, c’est une variable à surveiller de près.
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