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«La qualité de l’air impacte directement la qualité de vie»

Publié le 18/03/2017, par dans Non classé.

Quelle est l’ampleur de la pollution à Alger ?

Alger est comme toutes les villes du monde. La pollution existe partout, sauf qu’à Alger ou plutôt en Algérie, ce sont plus les effets qui sont le plus ressentis. Contrairement à d’autres pays, la pollution n’est pas quantifiée chez nous. Nous n’avons pratiquement aucune idée précise sur quel type de pollution revient à quelle source. Comme vous le savez, il y a beaucoup de sources. La plus connue est le trafic automobile. S’ajoutent à cela, les décharges à ciel ouvert, les vents de sable du désert, la condensation des villes, la déforestation et les feux de forêt. Il y a également les zones d’habitation qui ont été érigées sans étude atmosphérique préalable, les mettant dans des endroits de microclimat. Parce que comme dans n’importe quel projet, une étude de faisabilité et de réalisation doit être faite, en incluant les spécificités du sol, une étude de l’air et, spécialement, la circulation de l’air doit être étudiée. Si nous installons une cité dans une zone où il n’y a pas suffisamment de circulation d’air, dans 5 à 10 années, nous commencerons à comptabiliser des problèmes de santé publique, tels que les allergies respiratoires.

Il y a également les unités industrielles…

Parmi les sources de pollution, les usines. La question qui se pose : au moment de l’installation de ces usines, y a-t-il eu des études pour quantifier les émanations de gaz ou incluant dans l’étude de faisabilité des mesures précises sur les directions préférentielles de ces émanations ? Parce que dans tout projet, l’étude de la circulation de l’air est obligatoire. Cette dernière n’est pas isotrope, mais suit la topographie. L’importance d’une pareille étude, qui doit être très précise, permettra de mieux placer son usine pour éviter l’orientation des émanations vers les zones urbaines ou vers des terres agricoles plantées ou pas. Si tel est le cas, les résultats sont une véritable catastrophe sur la santé humaine, végétale et animale. L’extension de la ville vers les zones industrielles, comme c’est le cas d’Alger, est normale mais ne doit jamais être faite sans études préalables sur la circulation de l’air, sa qualité, les polluants. Installer les filtres n’est pas une solution définitive, étant donné qu’ils ont une limite et une durée de vie. La solution serait de déplacer ces usines vers des endroits loin des zones urbaines avec toutes les études nécessaires effectuées à l’avance.

Peut-on dire que la situation est inquiétante ?

Je pense que oui ! Du moins dans les grandes agglomérations. L’inquiétude est grande dans la mesure où la qualité de l’air impacte directement la qualité de vie des citoyens dans les villes et sur la santé publique en général. C’est déjà connu que 10% des Algériens souffrent d’allergies respiratoires. C’est vrai qu’il n’y a pas d’études qui prouvent les causes réelles de ces pathologies, mais la pollution y est pour beaucoup. L’inquiétude est également liée à l’impact de cette pollution sur le climat. Avec une pollution démesurée et non prise en charge, les dérèglements climatiques seront monnaie courante. La manifestation des changements climatiques est déjà connue de tous.

Est-ce que cette pollution est facilement décelable à l’œil nu ?

Oui. Il y a un paramètre important qu’est la visibilité. Ce paramètre scientifique compliqué peut être expliqué par un exemple très simple : dans les zones où il y a une bonne circulation de l’air, le brouillard se dissipe facilement, contrairement aux endroits renfermés à faible circulation de l’air. Il en est de même pour les endroits pollués. La pollution est presque touchée du doigt. Autre paramètre : si, au crépuscule, le soleil est très rouge, c’est qu’il y a une forte pollution. Scientifiquement, lorsque le soleil est rouge, cela est un signe de la présence de beaucoup d’aérosols polluants dans l’atmosphère. Dans les jours où il y a peu de pollution, au crépuscule, le temps reste clair. Il y a également le petit film noirâtre qu’on peut voir au petit jour. D’ailleurs, on peut facilement le voir à partir de Baraki ou Gué de Constantine.

Quelles sont les solutions ?

La sensibilisation quant à la propreté des lieux publics et l’utilisation intelligente de l’automobile. On pourrait également encourager l’utilisation des vélos et aménager des pistes cyclables. Vient ensuite le boisement ou le reboisement pour équilibrer et aérer les villes, délocaliser les usines polluantes vers des zones hors agglomérations, décongestionner les villes, inclure des études de la circulation de l’air dans les études de faisabilité des projets. Les solutions sont multiples, mais il suffit d’y réfléchir et de les appliquer. Lire la suite

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