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La presse écrite face à la crise

Publié le 17/02/2016, par dans Non classé.

Les journalistes devraient s’attendre au pire avec la crise qui frappe de plein fouet le monde de l’économie en général et les entreprises de presse en particulier. Des dizaines de titres sont appelés à mettre la clé sous le paillasson.
Temps durs pour les journalistes. Des plans d’austérité, de restructuration accompagnés de licenciements massifs sont annoncés. Il y a ceux qui se retrouvent déjà sur le carreau, comme nos confrères du journal arabophone El Ahdath au chômage depuis hier, ceux qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois et ceux qui sont dans une attente angoissante d’une décision de licenciement. La situation des journalistes n’était pas meilleure avant.

Elle était précaire, la profession ne fait plus vivre ses pratiquants, sans perspective à tous points de vue, que ce soit au plan social ou professionnel. D’ailleurs, le métier n’attire plus. Et ce qui se passe dans le secteur de la presse ne fait en réalité qu’en rajouter une couche à une misère qui était déjà là. Les journalistes devraient s’attendre au pire avec la crise qui frappe de plein fouet le monde de l’économie en général et les entreprises de presse en particulier. Des dizaines de titres factices sont donc appelés à mettre la clé sous le paillasson. Qui en payera les frais ?

Ce sont évidemment les journalistes, non pas la cohorte d’intrus qui se sont enrichis grâce à la manne publicitaire servie par les mains généreuses d’un pouvoir qui a encouragé la floraison exponentielle de journaux, qui n’ont de la profession que le titre, dont l’objectif est de noyer et d’étouffer les véritables entreprises de presse. Celles qui déclarent à la Sécurité sociale leurs employés se comptent sur les doigts d’une main. Les entreprises économiquement viables ne sont pas aussi nombreuses. Et dans un contexte où la performance éditoriale n’est pas un gage de réussite, rien n’est également plus sûr pour les journaux les plus solides.

Le pouvoir ne tolère que la presse soumise. On a vu comment il a fait pression sur les annonceurs privés pour étrangler financièrement les journaux qui le dérangent et comment il a, pendant des années, enrichi via l’ANEP sa clientèle. Uniquement sa clientèle, car l’argent de l’Etat n’a permis ni la création de véritables entreprises de presse ni la formation de journalistes et encore moins aider ces derniers à se mettre à l’abri de la précarité sociale.

Ce qui se passe aujourd’hui n’est que le fruit de la clochardisation de la profession voulue par les autorités. Mais pas seulement, les patrons de presse dans leur majorité ont péché par un terrible déficit managérial, en n’ayant pas investi sur la ressource humaine, c’est-à-dire sur le journaliste, aussi bien dans sa formation que sur sa promotion sociale. Si le pouvoir a tout fait pour que la profession ne soit pas maître de son destin, on a vu comment il a phagocyté la mise en place, il y a plus de dix ans, de la charte et du conseil de déontologie.

Les journalistes ont sûrement leur part de responsabilité en n’arrivant pas à mettre en place une organisation syndicale forte, capable de peser dans les rapports de force pour imposer le respect de la profession et la dignité du professionnel de la presse. La précarité sociale va-t-elle enfin réveiller les journalistes sur la réalité de leur situation et sur la nécessité de se constituer en force pour organiser leur métier et arracher leurs droits sociaux ? Peut-être que la crise qui frappe le monde de la presse mènera à une véritable décantation !
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