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la presse dans le monde entre perte de lectorat et chute de la publicité

Publié le 05/02/2017, par dans Non classé.

Le 31 décembre dernier, le paysage médiatique libanais perdait un de ses meilleurs quotidiens, distribué dans de nombreux pays arabes.
Le prestigieux quotidien As Safir, 42 ans après son lancement, a cessé de paraître, victime d’une crise financière aiguë. Son rival, An Nahar, le plus ancien quotidien libanais, né en 1933, est en crise, lui aussi. A la fin de l’année 2016, il a mis en congé technique une quarantaine d’employés. Ce sont les deux cas les plus récents qui illustrent parfaitement la crise que traverse la presse écrite depuis une dizaine d’années.

Quasiment aucun pays n’est épargné aujourd’hui, même si des exceptions existent, notamment en Asie. Confrontée à une baisse du chiffre d’affaires publicitaire depuis la crise mondiale de 2008, une baisse de lectorat et la concurrence du Net et des réseaux sociaux, la presse écrite à travers le monde va de plus en plus mal. Selon une étude du centre américain Pew Research Center, dont des détails ont été publiés par le journal canadien Metro, entre 2014 et 2015, une centaine de quotidiens ont disparu aux Etats-Unis et ceux qui restent ont vu leur tirage baisser de 7%.

Le nombre de journalistes est passé de 55 000 en 2006 à 31 000 en 2015. Aux Etats-Unis toujours, seulement 5% des jeunes âgés de 18 à 29 ans lisent les journaux papier et ils sont un peu plus de 10% ceux dont la tranche d’âge se situe entre 30 et 49 ans. Selon le centre américain, les recettes publicitaires ont connu, en 2015, leur plus forte baisse depuis la crise de 2008/2009, avec une chute de près de 8%. Sur un autre registre, le chiffre d’affaires publicitaire généré par le numérique a atteint en 2015 près de 25% du chiffre d’affaires global des journaux.

Ailleurs, la situation n’est pas du tout reluisante, même si en Inde, par exemple, la presse écrite continue de croître, portée par une alphabétisation plus importante de la société et les difficultés d’accès à internet et à l’électricité dans certaines régions. En Europe, même les journaux auparavant épargnés par la crise commencent à souffrir et les prévisions ne sont guère reluisantes, lorsque l’on sait que les journaux papier n’attirent plus les annonceurs.

Selon l’agence ZenithOptimédia, filiale du groupe Publicis, les dépenses mondiales en publicité vont augmenter de 4,4% en 2017, mais cette hausse ne bénéficiera pas aux médias papier, quotidiens et magazines. Ainsi, pour le marché français par exemple, selon les prévisions de cette agence, les dépenses publicitaires vers les quotidiens vont baisser en 2017 de 8% par rapport à 2016 et baisseront encore de 6,3% en 2018 par rapport à 2017. Pour les magazines, la baisse sera respectivement de 7,7% et 7,5%. Par contre, les dépenses publicitaires sur internet connaîtront une hausse de près de 6% chaque année.

Selon la filiale de Publicis, les dépenses publicitaires se sont stabilisées depuis 2010, sauf en Afrique du Nord et au Proche-Orient, où elles ont reculé. L’agence prévoit que d’ici à 2020, les dépenses publicitaires sur les réseaux sociaux vont dépasser celles sur la presse écrite. Ce qui fait dire à de nombreux éditeurs que facebook est en train d’aspirer toutes les recettes de la presse écrite. Facebook et Google sont en train de capter des parts importantes des revenus publicitaires numériques, au détriment des médias qui produisent les infos que les deux géants du web relaient.

La baisse continue des recettes publicitaires depuis 2008 a poussé de nombreux journaux à chercher d’autres sources de financement et à diversifier leurs revenus, en se basant essentiellement sur l’apport des lecteurs, en abonnement numérique. C’est le cas notamment du New York Times qui a vu son chiffre d’affaires numérique atteindre 500 millions de dollars en 2016 et prévoit plus de 800 millions de dollars pour 2020 et voir ainsi son chiffres d’affaires, généré par les abonnés, dépasser largement celui généré par la publicité. Au NY Times, la règle est simple : satisfaire d’abord le lecteur avant les annonceurs. Pour ce faire, le journal agit sur trois leviers, l’information, la composition des rédactions et le management.

Avant d’arrêter de paraître, le quotidien libanais As Safir a tenté de comprendre les dessous de la crise qui frappe la presse écrite libanaise. Ainsi, en plus du problème de l’hyper information diffusée sur le web, il a noté une offre éditoriale qui ne répond plus à la demande, la concurrence toujours impitoyable de facebook et des centaines de chaînes de télé arabes sont quelques-unes des pistes qui permettent de comprendre les problèmes de nombreux journaux papier, non pas au Liban uniquement, mais dans de nombreux pays. Pour survivre, les éditeurs aujourd’hui travaillent sur deux axes : comment et par quel moyen attirer et fidéliser plus de lecteurs numériques et comment réformer une version papier pour susciter chez le lecteur l’envie de l’acheter. Le reste n’est que philosophie. Lire la suite

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