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«La pollution linguistique est pire que la répression»

Publié le 08/04/2017, par dans Non classé.

I l y a une volonté de folkloriser la langue amazighe qui a été appuyée par une véritable stratégie de démobilisation et de pollution de débat.
D’ailleurs, le pouvoir veut même accaparer le 20 avril et tous les repères symboliques. Il y a des acquis de la revendication identitaire, notamment l’esprit et la symbolique d’avril 1980. Aujourd’hui, même le FLN veut récupérer cette date. Il a oublié que ce sont ses éléments qui nous ont emprisonné à Berrouaghia», a déclaré Saïd Sadi, ancien président du RCD, hier, lors d’une conférence organisée par son parti à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, pour marquer le 37e anniversaire du Printemps berbère.

« La pollution linguistique est pire que la répression», a-t-il martelé avant de souligner, dans le même ordre d’idées, que la langue n’est pas seulement un appareil linguistique car, a-t-il précisé, elle produit aussi des valeurs. « Il faut réhabiliter la ferveur militante et restaurer la tolérance et le capital d’écoute», a-t-il insisté avant de revenir sur la marche du 7 avril 1980 qui, a-t-il rappelé, a donné une amplitude qui a permis de sortir la question amazighe de l’université vers la rue. « Le témoignage n’est pas une photo du passé, c’est un combat», a-t-il affirmé. L’ancien leader du RCD a également estimé que le pouvoir veut réduire la Kabylie à « une situation de survie socioéconomique». « Il y a une volonté d’étouffement économique sur la Kabylie et une volonté de faire fuir les investisseurs de la région. Le pouvoir encourage aussi l’aliénation, par la religion, de la population surtout avec l’accélération de la ‘‘salafisation » en Kabylie», a-t-il ajouté. Lors de la même conférence, nous avons également assisté aux interventions d’autres animateurs du Mouvement culturel berbère. Mouloud Lounaouci a abordé, de son côté, beaucoup plus le volet sociolinguistique. « Tamazight n’est pas encore consacrée langue officielle, car elle n’est pas une langue de l’Etat au même titre que la langue arabe.

Elle n’a pas aussi été suivie de décisions gouvernementales. On constate une absence totale de volonté politique pour développer cette langue», a-t-il fait remarquer avant d’ajouter plus loin : « Il faut aller vers l’autonomie linguistique pour développer notre langue, car l’officialisation comme elle a été décidée par le pouvoir est de la récupération». Dr Lounaouci a également plaidé pour la réhabilitation du mouvement associatif amazigh afin de mener un travail de terrain et de sensibilisation. « Le mouvement associatif a joué un rôle important dans la question identitaire», a-t-il souligné tout en évoquant l’exemple de l’ancienne association Idles qui a formé plus de 1300 enseignants de tamazight. Pour sa part, Saïd Doumène, détenu d’avril 1980 et enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, a fustigé le pouvoir qui a verrouillé le débat d’expression libre.

« La question de la langue est politique», a-t-il laissé entendre. Arav Aknine, animateur du MCB, a, quant à lui, estimé que le mouvement d’avril 1980 était également celui des libertés démocratiques et des droits de l’homme. Enfin, Amar Zentar, un militant qui a suivi des cours de Berbère que donnait, à la fin des années 1960, Mouloud Mammeri à l’université d’Alger, a parlé notamment des étapes et des circonstances difficiles dans lesquelles a été réalisé le lexique berbère bilingue élaboré, au début des années 1970, par de jeunes étudiants, dont Amar Zentar et Mustapha Benkhemou, sous la direction de Mouloud Mammeri qui était directeur du Centre de recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques (CRAPE).
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