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«La police politique est le parrain du désastre algérien»

Publié le 19/12/2015, par dans Non classé.

Dans sa première réaction aux événements qui se sont succédé au cours de l’automne dernier, l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, s’interroge sur la finalité de cette guéguerre qui oppose deux anciens alliés qui ont longtemps tiré profit de leur alliance.
Il y a une guerre entre Toufik et Bouteflika, mais les deux hommes ont des points communs.» C’est ce qu’a déclaré l’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi. Dans sa première réaction aux événements qui se sont succédé au cours de l’automne dernier, il s’interroge sur la finalité de cette guéguerre qui oppose deux anciens alliés qui ont longtemps tiré profit de leur alliance. « Toufik est resté à la tête du DRS pendant un quart de siècle. Aujourd’hui, il est vrai qu’il y a une guerre entre lui et Bouteflika. Mais le plus important est de savoir quel est son élément déclencheur.

N’est-ce pas juste une guerre d’intérêts ?» s’interroge Saïd Sadi qui était l’invité, jeudi soir, de la chaîne Berbère télévision. « Je connais Bouteflika, je sais que, peut-être, il a d’autres visées. Peut-être que ce n’est pas pour réaliser les aspirations des Algériens que le DRS a été démantelé. Peut-être aussi que la manière n’était pas la bonne. Mais je peux vous assurer que si la police politique n’est pas dissoute en Algérie, il ne peut y avoir une vie meilleure, une égalité et une démocratie», tranche-t-il d’emblée. Car, assure-t-il, « le DRS est le parrain du désastre algérien».

Contrairement aux interprétations données aux derniers changements à la tête du DRS, depuis la mise à la retraite du général Toufik, Saïd Sadi affirme que Bouteflika n’a pas dissous le DRS. Selon lui, il l’a seulement démembré. « Beaucoup disent que Bouteflika a procédé à la restructuration du DRS pour lui substituer un autre, qui lui soit totalement favorable. C’est une éventualité qu’on ne peut écarter», indique-t-il. En connaisseur des personnalités de Bouteflika et de Toufik, Saïd Sadi précise que les deux hommes ont des points communs : « Tous les deux ne veulent pas d’un pays construit sur la loi et la volonté populaire.

Ce sont des manipulateurs. Peut-être l’un plus que l’autre, mais ils sont tous les deux dans la manipulation. Chacun essaie de piéger l’autre et, au final, c’est Toufik qui en est victime.» Poursuivant, l’ancien homme fort du RCD assure que sur « le fond, il n’y a pas de divergences ni idéologique, ni éthique, ni politique entre les deux hommes». « Ils se sont aidés mutuellement et chacun attend un retour d’ascenseur de l’autre.

Certes, c’est Toufik qui a ramené Bouteflika, c’est lui qui lui a bourré les urnes, c’est lui qui a cassé l’état-major de l’armée en 2004 et qui violé la Constitution. Il a fait cela par calcul politique. Toufik pensait avoir plus la possibilité de rester encore au pouvoir avec Bouteflika qu’avec ses collègues de l’armée. Mais ses calculs ont été faussés», soutient-il, affirmant que « Toufik a perdu la bataille».

« Il y a un risque de Daechisation de la société»

Revenant sur la lettre du général Toufik, Saïd Sadi qualifie son geste de « maladroit». Selon lui, l’ex-patron du DRS aurait dû « parler de tout le monde et non pas d’une seule personne (le général Hassan, ndlr)». Interrogé par le journaliste sur la démarche du Groupe des 19-4, il affirme d’abord « ne pas comprendre l’objectif de cette démarche. Ils disent que Bouteflika est bon et les ministres sont mauvais.

Cela relève d’une culture orientale qui consiste à dire : il y a le bon pacha et des méchants vizirs». Saïd Sadi affirme également ne pas croire à l’éventualité d’un transfert familial du pouvoir. « Je ne crois pas à la candidature de Saïd Bouteflika. Cela ne passera pas dans la sociologie politique algérienne. Si Saïd Bouteflika veut créer un parti, c’est son droit et personne ne peut l’en empêcher.

Mais il n’a pas le droit de gérer son parti avec l’argent public et d’utiliser l’administration à son service», explique-t-il. Qualifiant la multiplication des initiatives politiques de « dilution», Saïd Sadi estime qu’il y a, actuellement, deux possibilités pour le pays : « Soit on va, avec la raison, à une sortie de crise organisée d’en haut, soit ça va partir dans la rue, avec un risque de daechisation des esprits.» Et d’ajouter : « Il faut que les gens comprennent que s’il n’y a pas d’union dans les prochains jours, c’est la pagaille qui s’installera avec Daech à l’intérieur.»
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