formats

La part de l’incivisme

Publié le 09/05/2018, par dans Non classé.

La cité Les Dunes, dans la commune d’El Mohammadia, illustre les dysfonctionnements de la gestion de la collecte des ordures ménagères dans la capitale.
A quelques centaines de mètres du projet de la Grande Mosquée d’Alger, cette cité est un véritable dépotoir à ciel ouvert, où des déchets ménagers s’amoncellent à longueur de journée.

Le bâtiment HLM qui longe le quartier est parsemé de tas d’ordures ; d’ailleurs, on n’y distingue que difficilement les entrées qui se confondent avec les niches d’ordures. La décharge s’étale sur une centaine de mètres. Les sacs d’ordures sont directement jetés des balcons. Les passants doivent les enjamber pour se rendre au siège de l’Apc, au marché ou bien dans les différents cabinets médicaux qui y sont établis.

Des couches bébés sales, des restes de nourriture et les déchets des commerçants limitrophes ainsi que les odeurs nauséabondes constituent un décor quotidien dans ce quartier, alors que les efforts d’embellissement touchant les façades donnant sur le centre-ville ont du mal à masquer ce côté hideux de la ville.

Cette situation « qui devient intenable» et « un cauchemar» pour la population n’est pas près de prendre fin et risque de s’aggraver durant le mois de Ramadhan avec l’augmentation du volume des déchets qui accompagne généralement le mois sacré.

C’est une situation dérange les habitants du quartier qui subissent ces désagréments tous les jours. « On a beau organiser des actions de nettoyage et de sensibilisation, elles se soldent toujours par un échec, puisque les ordures envahissent les lieux juste après», se plaint un groupe de jeunes habitant le quartier et qui se disent gênés par la situation qu’eux-mêmes subissent. Certains commerçants expliquent la situation par « la mauvaise gestion des grands ensembles d’habitations».

Pour le gérant d’un kiosque multiservice au niveau des locaux du HLM, ce genre de bâtiments conçus pour abriter tout un quartier avec des centaines de foyers n’ont pas été accompagnés par les moyens de gestion de l’hygiène. « Auparavant, il y avait les concierges qui veillaient au respect des horaires de dépôt des poubelles, mais maintenant c’est l’anarchie totale», se désole-t-il.

L’incivisme, qui se traduit par le non-respect des horaires de dépôt des ordures ménagères, sans respect des points de décharge, fausse en effet tous les plans mis en place par l’entreprise chargée de la collecte des immondices.

Des responsables d’Extranet, l’entreprise prestataire de la collecte des déchets ménagers au niveau cette commune, avouent ne rien pouvoir faire « face au comportement négatif» de certains habitants.

Au niveau de ce quartier, les agents de cette entreprise de collecte des déchets font jusqu’à trois rondes par jour, assure son premier responsable. « Le comportement de certains habitants nuit en effet aux efforts des autres», souligne Rachid Mechab, directeur général d’Extranet, l’Epic chargé de la collecte des déchets ménagers des communes de la périphérie d’Alger. M. Mechab préfère parler de comportements négatifs de certains individus, ce qui expliquerait certains points noirs dans la collecte des déchets. L’entreprise a doublé ses actions de sensibilisation et de rotation pour assurer une bonne prestation. Un plan « spécial été» a été annoncé par cette entreprise qui a élargi le nombre des rotations, dont une matinale qui commence à 4h et une autre le soir qui commence à 19h et se termine à 2h.

Extranet a prévu une rotation de jour et un effectif et un matériel « mobilisés dans leur intégralité à partir du 2 mai jusqu’au 15 septembre», assure le premier responsable de cet Epic. Mais tous ces moyens n’auront pas l’effet souhaité sans l’adhésion des habitants.

Des Maires passifs

Pour M. Mechab, les premiers responsables des APC doivent assurer leur responsabilité de garants de l’ordre et du bien-être des administrés. « Extranet est un outil au service de la collectivité, mais l’APC doit assumer son rôle de régulateur en luttant contre ces comportement nuisibles», a confié à El Watan M. Mechab.

Les responsables d’APC ont-ils le pouvoir de verbaliser les auteurs de comportements nuisibles ? « C’est compliqué», répond le président de la commission hygiène, santé et environnement de la commune de Draria. Pour cet élu, il faut diagnostiquer les causes de l’amoncellement des ordures, même avec le renforcement des rotations de collecte.

Ces points noirs se multiplient à cause de l’incivisme des citoyens, mais aussi des points de vente informels. Les marchés constituent les points noirs au niveau de toutes les communes et un casse-tête pour la gestion de l’hygiène pour les APC qui sont ainsi appelées à multiplier les moyens, ceux des EPIC de nettoyage étant dépassés. La gestion de ce volet de la vie quotidienne de la ville est « très compliqué», estime Yacine Mahtout, président de la commission hygiène, santé et environnement e la commune de Draria.

Cet élu FFS fait un lien direct entre les points de vente informels et la prolifération des dépotoirs anarchiques dans la commune. Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées, ciblant les commerçants, pour le respect des horaires de la collecte. « Même si ces campagnes ont un écho favorable auprès des commerçants en situation régulière, leur résultat est anéanti par l’anarchie causée par les commerçants informels. Et dans ce genre de situation, qui verbaliser ?», s’interroge notre interlocuteur.

Ce dernier expose également les contraintes liées aux statuts des entreprises prestataires dont la gestion répond à une feuille de route de la daïra plutôt qu’à la prestation d’une entreprise économique à laquelle sont demandés des efforts de concurrence. Le même élu plaide pour l’intensification de la communication des horaires et plans de collecte et pour l’implication des promoteurs immobiliers conformément à la réglementation. La gestion des déchets est une méthode qui se réfléchit à la « seconde» et non à travers les réunions hebdomadaires avec tous les partenaires, estime Abdelghani Ouicher, ex-président de l’APC des Eucalyptus.

Moyens limités

« Le premier responsable de la mairie doit mobiliser les ressources à son niveau pour pallier la moindre panne de camion de collecte ou remplacer les agents absents de l’entreprise prestataires ; donc, il faut avoir les bons mécanismes de gestion», nous explique-t-il. Pour cet ancien élu local, les APC doivent utiliser les prérogatives dont elles disposent pour lutter contre l’incivisme. M. Ouicher souligne que le président d’APC dispose Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé La part de l’incivisme
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair