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La paralysie gagne du terrain

Publié le 01/12/2017, par dans Non classé.

Ayant entamé une grève il y a maintenant deux semaines, les étudiants de l’ENS de tout le pays ne comptent pas s’arrêter là et poursuivent leur mouvement. Leurs principales revendications : le respect de toutes les clauses du contrat signé avant d’intégrer l’Ecole supérieure et leur droit à prétendre au master et au doctorat. Témoignages.

La grève des étudiants de l’Ecole nationale supérieure (ENS) se poursuit. En cours depuis le 15 novembre dernier, elle reste ouverte jusqu’à « la satisfaction» de leurs droits. Dans leur plateforme, quatre revendications principales : ne pas toucher au quatrième article du contrat d’accès à l’ENS et, par conséquent, ne pas avoir à s’inscrire sur la base numérique du recrutement national, avoir accès au master et au doctorat, et être prioritaires lors des recrutements. Mais comment cette grève a débuté ? « Nous avons commencé par discuter de la situation actuelle du secteur de l’éducation et de nos étudiants.

Nous avons abordé divers thèmes, dont celui des changements apportés aux contrats. Par la suite, nous avons tenu une réunion au sein de la cité universitaire, suite à laquelle nous sommes sortis avec une décision : entamer une grève et protester pour avoir nos droits», confie un syndicaliste.

Selon lui, les réseaux sociaux se sont chargés de diffuser l’info et la propager. « Des appels et des communiqués ont été publiés sur les groupes et les pages des écoles sur les réseaux sociaux. Et c’est ce qui a permis de diffuser l’information parmi les étudiants», soutient-il. Si nombre d’étudiants comptent sur cette grève pour obtenir gain de cause et tiennent bon jusque-là, d’autres sont moins optimistes.

Prestige

A l’image de Mohamed, étudiant à l’ENS de Kouba : « J’ai peur que cette grève n’apporte pas ses fruits et ne nous mène à rien. La raison : le ministère de l’Education nationale ne prête pas attention à nos revendications. Preuve en est, le succès de 3600 professeurs au concours des enseignants. Malheureusement, la qualification de l’élite n’a plus de sens.

Les écoles supérieures perdent leur prestige. Nous sommes marginalisés et subissons une monstrueuse injustice.» Autrement dit, selon l’étudiant, les diplômés avec un 10 de moyenne sont mieux considérés que ceux de l’ENS. « On pensait réellement que notre avenir serait ‘‘glorieux », et ce, grâce au quatrième article du contrat. Malheureusement, tout cela n’était qu’illusion.

Comment osent-ils nous dire qu’on doit être formés après cinq années d’études dans le domaine ? Comment voulez-vous élever le niveau de l’enseignement dans notre pays si on ne recrute pas les cadres ayant justement fait des études pour être enseignants ?» s’interroge-t-il, dégoûté. Une des raisons principales de cette grève est la modification de l’article 4 du contrat.

Contrat

Sur papier, il est clairement stipulé : « Article 4 : le ministère de l’Education nationale s’engage à recruter l’étudiant signataire de contrat dès la fin de son cursus, et ce, selon l’adresse mentionnée dans le contrat d’engagement.» Cependant, suite à une réunion, le 20 novembre dernier, il a été décidé que les étudiants devaient s’inscrire sur une base numérique. Dans le cas où il existe des postes vacants dans la wilaya de résidence du diplômé, ce dernier aura droit à un poste directement. Dans le cas où il n’y a pas de poste à pourvoir, le diplômé sera affecté dans une autre wilaya qui a besoin d’enseignants.

Moussa, étudiant en quatrième année physique à l’ENS de Kouba, explique : « En s’inscrivant sur la base numérique du recrutement national, on peut être appelé à travailler dans n’importe quelle wilaya du pays qui a besoin d’enseignants. Et c’est justement cela qu’on conteste. Un des articles du contrat que nous avons signé avant d’intégrer l’ENS nous assure le droit à un emploi dans la même wilaya de résidence. Aujourd’hui, cet article est bafoué».

Anarchie

Ce dernier assure que cette nouvelle règle ne lui convient pas. « Je ne peux pas laisser ma famille et aller travailler dans une autre wilaya. Le premier responsable de cette situation est le ministère qui n’a pas tenu sa promesse et n’a pas respecté le contrat, ce qui est grave. Si la situation était ainsi dès le début, je n’aurais jamais choisi l’ENS.» Finalement, si la modification de cet article fait peur aux étudiants, c’est parce qu’elle s’apparente à une sorte de « service civil a durée indéterminée», se désolent-ils.

De son côté, Ikram, étudiante en première année de sciences exactes à l’ENS de Kouba, témoigne de cette situation. Titulaire d’un baccalauréat avec 16,12 de moyenne, elle pouvait prétendre à être médecin ou pharmacienne (des spécialités qui exigent une forte moyenne au baccalauréat, ndlr).

Mais son choix s’est porté sur l’Ecole supérieure des enseignants, car elle a toujours aspiré à devenir professeur de sciences. Aujourd’hui, Ikram commence à regretter son choix. Elle confie : « J’ai choisi l’ENS parce que l’emploi y est garanti, et ce, dans la même commune de résidence. Aujourd’hui, je suis surprise dans le mauvais sens du terme et désolée de la décision anarchique prise par le ministère de l’Education nationale.» Idem pour Mohamed Réda, étudiant en quatrième année à l’ENS de Bouzaréah.

Titulaire d’un bac avec 16 de moyenne, cela lui a pourtant permis d’avoir une longue liste de choix. C’est un de ses professeurs qui lui a conseillé de s’inscrire à l’ENS afin de devenir enseignant, car de cette école on sort avec un diplôme et un contrat. Une idée qui a charmé la plupart des bacheliers qui ont, jusqu’à aujourd’hui, choisi d’être formés comme enseignants diplômés de l’ENS. « Aujourd’hui, nous sommes dans une impasse.

Avec notre diplôme, on ne peut qu’enseigner. Déjà, notre diplôme n’a même pas la valeur d’une licence ni d’un master d’ailleurs. C’est un certificat. Ce genre de détail ne nous a jamais été expliqué», se désole-t-il. En résumé, la grève des étudiants des ENS concerne deux points principaux. Le premier, c’est d’avoir accès au master et au doctorat après l’obtention du diplôme. Le deuxième point est le refus du recrutement hors wilaya et à travers le territoire.

L’activiste Kamel Nouari apporte des éclaircissements : « J’estime que cette grève est illogique à partir du moment où le choix de l’intégration des écoles supérieures Lire la suite

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