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La nature du régime est une menace pour la stabilité

Publié le 19/04/2016, par dans Non classé.

La sécurité du pays est l’affaire de tous les Algériens, mais encore faut-il les associer au débat autour de la gestion de leur sûreté.
Armée, gouvernement, partis du pouvoir ne cessent, ces derniers mois, de hisser les drapeaux d’alerte au niveau de nos frontières, notamment au sud et à l’est, mais à aucun moment ils n’ont pensé à engager un débat ouvert avec la société civile concernant ce danger qui guette la stabilité du pays. Doit-on mêler une manifestation pacifique au danger terroriste ? Bastonner des enseignants ou tout citoyen voulant se réapproprier l’espace public pour s’exprimer ?

Est-ce là une réponse adéquate, quand on veut réunir toutes les forces et les énergies pour défendre le pays ? Le vice-ministre de la Défense ne s’est jamais présenté devant l’APN pour rendre des comptes sur la politique sécuritaire. Les communiqués rendus publics relatifs à l’élimination de quelques terroristes, à la récupération de lots d’armes et à la destruction de casemates suffisent-ils à rassurer les citoyens sur la bonne marche de la stratégie sécuritaire ? Pour les partis de l’opposition contactés hier, en sus de la menace à nos frontières, la nature du régime en place est aussi un danger pour le pays.

– FFS : « Le traitement du dossier sécuritaire doit se faire d’abord sur le terrain politique national»

« Nous évoluons dans un environnement instable, mouvant, qui couve des dangers effectifs pour la sécurité de notre pays et son intégrité territoriale. Le chaos programmé qui règne en Libye, la situation au Sahel et à nos frontières au Sud démontrent que l’Algérie est entourée d’un environnement de guerre», reconnaît le FFS par la voix de son premier secrétaire, Mohamed Nebbou.

Notre interlocuteur souligne toutefois que « malheureusement, la fragilité interne entretenue par la gestion opaque, autoritaire et unilatérale des affaires de l’Etat rend le pays vulnérable et ne l’installe pas durablement dans la sécurité». Au FFS, dit M. Nebbou, « nous demeurons convaincus que la gestion du tout-sécuritaire, l’omerta, le mensonge et la surenchère ne constituent pas une solution aux problèmes actuels…

Le traitement du dossier sécuritaire doit se faire d’abord sur le terrain politique national». Et d’ajouter que « les seuls remparts qui peuvent faire face aux dangers qui nous guettent sont la reconstruction d’un consensus national, l’instauration d’une démocratie réelle et la consécration de l’Etat de droit dans le pays».

Pour le plus vieux parti de l’opposition, la doctrine nationale de défense ne peut et ne doit s’articuler que sur « l’institution de rapports de confiance entre gouvernants et gouvernés, sur la vérité, la transparence et l’implication de la société dans les questions qui engagent le présent et l’avenir du pays». La puissance d’une nation, estime M. Nebbou, « ne se mesure pas uniquement dans la force de son armée, mais aussi et surtout dans la mise en place d’institutions légitimes et démocratiques, d’une économie diversifiée et souveraine et d’une cohésion sociale solide».

– RCD : « La gestion sécuritaire en Algérie n’a jamais été aussi catastrophique»

Athmane Mazouz, du RCD, estime pour sa part que la faillite des responsables en charge de ce dossier est totale. « Au lieu de chercher à endiguer les menaces extérieures, nos gouvernants s’attellent à bomber le torse au quotidien face à des manifestants pacifiques à travers le pays», souligne le responsable de la communication au RCD.

Il considère que « la gestion sécuritaire en Algérie n’a jamais été aussi catastrophique que ces dernières années». M. Mazouz en veut pour preuve que « depuis de nombreuses années, malgré les énormes moyens dont sont dotés les Services algériens, les responsables ont démontré leurs limites et leur incompétence». Et d’ajouter : « La multiplication des atteintes à la sécurité du pays n’a jamais été aussi forte, notamment à nos frontières, et les menaces qui pèsent sur la sécurité et l’intégrité du pays sont aggravées par un pouvoir qui a fait de la souveraineté un sujet de marchandage dans le sillage du viol de la souveraineté populaire.»

Le RCD estime que « le pays nous offre aujourd’hui l’image d’un pouvoir isolé, un processus de réformes stagnant et une approche incertaine de la manière de lutter contre les menaces sécuritaires». Et d’alerter : « Les Algériens n’ont jamais eu le sentiment d’une probable désintégration du pays autant que ces derniers temps, alors que le pouvoir est à la dérive et poursuit ses politiques de tâtonnement et de fuite en avant.»

– MSP : « La menace est aussi dans la fermeture politique»

Bouabdallah Ould Adjaimia du MSP affirme, de son côté, que l’inquiétude face à la menace à nos frontières est légitime : « Nous sommes bien entendu contre toute menace sur la sécurité et la stabilité du pays. La situation chez nos voisins tunisiens, libyens et maliens est sensible et dangereuse, il est donc normal que nous soyons en état d’alerte et de veille. Mais gare à l’exploitation de la menace terroriste.»

« Nous constatons que le pouvoir utilise et exploite le dossier sécuritaire comme une couverture pour voiler les nombreux problèmes internes», précise M. Adjaimia, en notant que la mise en avant de la question sécuritaire dans le débat public est faite sciemment pour passer, dans l’ombre, des projets et des marchés. « L’épouvantail est dressé pour ne pas parler du problème des contractuels, du retour de Chakib Khelil, de la crise économique…

On veut détourner les regards des préoccupations internes dont le pouvoir est responsable.» Le représentant du MSP estime que « l’absence de l’alternance et de la démocratie, la prolifération de la corruption sont autant d’ingrédients pour l’instabilité du pays et augmentent le risque terroriste». Tout en dénonçant l’exploitation immorale de la menace sécuritaire, le MSP appelle le pouvoir à la raison et à s’associer à l’opposition pour mettre en marche une transition démocratique. Lire la suite

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