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«La lutte contre ce fléau doit devenir l’affaire de tous»

Publié le 26/01/2017, par dans Non classé.

– L’Algérie récolte, à nouveau, une très mauvaise note en matière de lutte contre la corruption. Le pays a même perdu des places (108e) dans le classement IPC établi par Transparency International dans le cadre de son indice de perception de la corruption 2016. Pourquoi cette régression au moment où le gouvernement parle de fermeté dans la lutte contre ce fléau ?

Il faut noter que depuis quelque temps, le gouvernement garde le silence sur les questions de corruption. Il ne tient plus les discours qu’il avait l’habitude de nous asséner quant à sa soi-disant volonté de lutter contre la corruption. L’opinion publique n’est pas dupe : elle a compris que la corruption est un instrument de pouvoir et du pouvoir ! Regardez comment la justice traite les grandes affaires de corruption… Elle a une démarche partiale, partielle et totalement dépendante de l’Exécutif.

Et le nombre d’affaires qui moisissent dans les tiroirs de la justice, notamment celles qui ont une dimension internationale ! Par ailleurs, il se confirme de plus en plus que toute entreprise étrangère qui veut obtenir un marché en Algérie est contrainte de verser une commission, sinon elle est exclue d’office de ce marché, qu’elle soit reconnue ou pas mieux ou moins disante.

– Il y aura certainement des réactions officielles pour dire que l’ONG a exagéré dans son classement. Sur quelle base est fait ce classement et est-il fiable ?

Il est sûr et certain que le pouvoir – comme il le fait d’habitude quand une étude internationale lui est défavorable – va crier au scandale, à la manipulation et au complot étranger contre l’Algérie. Pour l’anecdote, il y a quelques années, un haut fonctionnaire de la présidence de la République avait même été chargé de téléphoner à Transparency International à Berlin pour demander des explications. Mais les faits sont têtus : tous les indices et autres indicateurs internationaux traitant de bonne gouvernance ou de climat des affaires, par exemple, aboutissent aux mêmes très mauvais résultats concernant l’Algérie.

L’IPC note et classe les pays/territoires en fonction du degré de corruption perçue dans le secteur public. Il s’agit d’un indice composite, une combinaison de sondages et d’évaluations de la corruption collectés par diverses institutions réputées. L’IPC est fiable, même s’il a une portée limitée : il permet néanmoins de saisir les perceptions de l’étendue de la corruption dans le secteur public du point de vue des hommes et des femmes d’affaires et des experts des pays.

– Votre association (AACC) appelle toujours à une réelle politique de lutte contre la corruption. Où se situe, selon vous, le point faible de la politique algérienne de lutte contre ce fléau ?

Que faire face à un pouvoir liberticide, autoritaire, répressif et policier ? Un pouvoir qui emprisonne à tout-va tout citoyen qui ose le critiquer ou contester sa politique. Regardez ce qui arrive aux dénonciateurs de la corruption ! Ils subissent systématiquement des représailles.

Tant que ce pouvoir continuera à empêcher toute tentative de la société de lutter contre la corruption, la marge de manœuvre des citoyens intègres et de la société civile demeurera très étroite. Il n’y a pas de politique gouvernementale contre la corruption, bien au contraire. On ne doit rien attendre ni espérer de ce pouvoir.

– Quelles sont les mesures à prendre pour remédier à cette situation ?

La solution ? Il faut une révolution pacifique ! Ce pouvoir ne peut pas faire partie de la solution. La lutte contre la corruption doit devenir l’affaire de tous, c’est un combat de longue haleine. L’Algérie doit le mener sans plus tarder. Pour ce faire, une volonté politique ferme est indispensable, appuyée par des objectifs clairs, des objectifs qui doivent s’inscrire dans une stratégie nationale cohérente, le tout devant baigner dans un contexte démocratique et de libertés. Ce combat doit aussi s’intégrer dans celui de la communauté internationale. L’Algérie en est encore loin, mais aucun combat n’est perdu d’avance. Lire la suite

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