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La liberté de la presse écrite vue par les partis politiques

Publié le 05/02/2017, par dans Non classé.

Soufiane Djilali (Jil Jadid) : « Il faut un marché libre pour une vraie concurrence»

La question de la rentabilité des entreprises de presse se pose, depuis la crise financière du pays, avec acuité. Leur ressource première a été, jusqu’ici, la publicité. La presse paye aujourd’hui les effets néfastes de plusieurs distorsions, politiques et économiques. Le secteur relevant du privé mais névralgique pour le pouvoir, celui-ci s’est immiscé dans sa gestion par des moyens de pression (publicité) et par la démultiplication des titres de sa propre clientèle.

Cela a eu pour effet de diluer la manne publicitaire qui a été orientée, par ailleurs, au détriment des titres sérieux et en finançant en même temps une pseudo-presse appartenant à des proches du régime pour en faire un moyen de rente. Tant que l’économie était irriguée par la rente du pétrole, chacun pouvait trouver les moyens de sa survie. Maintenant que les revenus ont chuté, les vraies entreprises de presse indépendantes sont en grande difficulté.

Pour Jil Jadid, les solutions sont à chercher à travers l’organisation d’un marché libre ouvrant la voie à une vraie concurrence. La presse de qualité émergera malgré les difficultés, alors que les journaux de complaisance disparaîtront. L’offre en espace publicitaire se réduira d’autant. Il faudrait bien sûr laisser la responsabilité du choix du titre support à l’annonceur, sans intervention politique en amont. Sans presse privée, il n’y a ni liberté d’expression, ni développement moderne, ni démocratie. La presse est essentielle pour la vie démocratique et pour la défense des libertés et de l’Etat de droit en général. Dans un régime encore largement fermé et dominé par des intérêts étroits, on retomberait très vite dans le contrôle systématique de l’information, bien que cette tentative serait vaine en soi puisqu’internet est déjà là.

Hassen Ferli (FFS) « La liberté de la presse est un principe intangible»

Tout d’abord, il faut préciser que la situation de la presse écrite, ou plus précisément la presse papier, est la conséquence d’une profonde crise pas seulement en Algérie, mais à l’échelle mondiale. Les nouvelles technologies de la communication, le tout-numérique, les réseaux sociaux ont fortement réduit l’impact et même le pouvoir qu’a eu la presse écrite jusqu’à une période pas lointaine. Ceci dit, les journaux, du moins ceux privés, étant des entreprises commerciales, leur existence est liée à leur rentabilité économique et de ce fait leurs ventes et leurs recettes publicitaires. En Algérie, cette rentabilité s’est faite quasi exclusivement sur la base d’une manne publicitaire publique, distribuée par le pouvoir sur une base d’allégeance et d’intérêts partagés.

Cela n’a pas dérangé les éditeurs du moment qu’ils en ont été les bénéficiaires. Maintenant, comment aider les entreprises de presse ? Tout d’abord, quand on parle de crise et de risque de disparition, notre pensée doit aller vers ces milliers de personnes qui travaillent dans le secteur de la presse, pas spécialement les journalistes, mais aussi tous les autres travailleurs qui pourront se retrouver au chômage sans que personne ne s’en soucie, notre solidarité va en premier lieu à ceux-là.

Pour le reste, je pense que les journalistes sont les premier à devoir réfléchir à leur métier, mais aussi à faire leur propre bilan, de voir et de situer leur responsabilité et entrevoir la meilleure manière de s’organiser et de se battre pour devenir une institution autonome, de se libérer des pressions et du chantage. Pour ce qui est des conséquences pour les partis politiques, si la presse privée venait à disparaître, nous ne pouvons parler que du FFS, pour notre parti, le principe de la liberté d’expression, la liberté de la presse est un principe intangible.

Nous avons mis en garde à diverses reprises contre l’alignement inconsidéré de certains titres sur des intérêts qui n’ont rien à voir avec la liberté d’informer, Hocine Aït Ahmed a toujours soutenu qu’on pouvait « ne pas avoir les mêmes idées, mais on peut avoir un même combat. Les journalistes ne doivent pas oublier que leur liberté est liée à celle de tous les Algériens. La liberté de la presse, c’est une branche dans un arbre que sont les libertés publiques et ils doivent prendre garde à ne pas couper ce tronc commun qui la rend possible. La presse ne peut pas être une enclave de liberté au milieu d’un pays sans liberté.» Dans tout cela, il faudrait avoir aussi une pensée pour les journalistes de la presse publique réduits pour beaucoup, à contre-cœur, à être des suppôts, des serviteurs. La notion de service public se trouve de ce fait biaisée. La presse écrite publique est réduite à sa plus simple expression.

Atmane Mazouz (RCD) : « Il faut un plan de relance du secteur»

Les entreprises de presse ont connu une évolution difficile et contraignante depuis l’ouverture démocratique. Venir en aide à ces dernières qui font face à de nombreuses difficultés renvoie à traiter du sujet de la liberté d’entreprendre et d’expression en Algérie. Après vingt-sept ans d’existence, la presse algérienne continue à subir une double pression (fiscale et politique) d’un pouvoir qui ne cherche qu’à entretenir une pluralité de façade au détriment d’une véritable relance du secteur de la presse. Au RCD, nous considérons que nous sommes l’un des rares pays où la presse ne bénéficie pas d’un programme d’amélioration du secteur, même si un fonds est dédié à cet effet.

Pour atténuer la crise que subissent les journaux, il est tout aussi urgent d’aller vers un plan de relance du secteur qui passerait par la libération de la publicité institutionnelle, la cessation des pressions sur les annonceurs, une meilleure distribution des journaux, la formation des journalistes à travers une école dédiée au journalisme, et l’instauration d’une instance indépendante qui garantira les intérêts des entreprises de presse. Nous sommes pour une presse libre. Il y va de l’information du citoyen. Quant aux conséquences sur les partis politiques, elles ne seront pas seulement néfastes à ces derniers, mais aussi à tous les Algériens. Au RCD, nous sommes déterminés à défendre la liberté de la presse et son autonomie de toute tutelle, même si notre parti ne fait pas seulement l’objet d’un Lire la suite

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