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La France à la recherche d’une aide pour sortir du bourbier sahélien

Publié le 14/06/2017, par dans Non classé.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a rejeté, dans la soirée de lundi dernier, le projet de résolution présenté par la France autorisant le déploiement d’une force militaire régionale au Sahel chargée de lutter contre le terrorisme.
Même s’ils soutiennent l’idée, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne refusent que cette opération soit financée par l’ONU et estiment qu’elle peut être fonctionnelle sans son approbation. Les Américains estiment, selon Associated Press (repris par l’APS), avoir été « trop généreux» avec le G5-Sahel (Tchad, Mali, Burkina-Faso, Mauritanie et Niger) et les font bénéficier de leur « aide et assistance» dans leur lutte contre le terrorisme.

Ils disent ne pas trouver de « raison impérieuse d’accorder l’autorisation du Conseil de sécurité à cette force conformément au chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui est militairement exécutoire», et que cette force devrait fonctionner sans l’approbation de l’ONU, à l’instar du groupe de travail luttant contre le groupe terroriste Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.

En clair, les Américains ne veulent pas financer une telle opération, eux qui par la voix de leur président, Donald Trump, avaient décidé de baisser d’un milliard de dinars, dès le mois de juillet prochain, leurs participations aux opérations de maintien de la paix de l’Onu. Déboutée, la France, qui veut limiter ses dépenses militaires au Sahel, se trouve ainsi confrontée à un véritable dilemme. L’opération Barkhane, avec ses 4000 hommes engagés sur le terrain et soutenus par la mission onusienne de maintien de la paix au Mali, n’arrive pas à empêcher la prolifération de groupes terroristes ni leur déploiement au-delà du Sahel.

Profitant de la situation chaotique en Libye, ces derniers contrôlent désormais des étendues de plus en plus importantes sur le continent africain et constituent, aujourd’hui, l’une des principales menaces pour la sécurité et la paix dans la région. L’intervention de l’Otan, et à sa tête la France, en Libye n’a fait que transformer ce pays en un vaste territoire vers où convergent les troupes terroristes, avec l’aide de puissances étrangères, aussi bien arabes qu’occidentales, qui se disputent l’influence et les richesses. L’arrivée de phalanges entières de Daech, après avoir fui les combats en Syrie, en Irak et au Yémen, avait suscité de l’inquiétude chez les pays voisins, mais aussi des interrogations quant à leur acheminement sans qu’ils n’éveillent les soupçons des nombreux Etats qui les surveillent de près.

Les répercussions inquiétantes du chaos libyen sur les pays du Sahel, le ventre mou de l’Afrique, coûtent de plus en plus de vies humaines et des budgets colossaux. Etant en pleine crise financières, la France, par la voix de son nouveau président Emmanuel Macron, veut revoir ses dépenses dans cette région du monde. Il n’est pas question de quitter le Sahel, qui constitue sa zone d’influence et qui lui assure 70% de son énergie (exploitation de l’uranium au nord du Niger), mais de réduire le coût de la présence militaire sur le terrain et de trouver les moyens de soutenir les opérations de ses troupes au sol. La visite, à Alger, de Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, en ce moment précis n’est pas fortuite.

Au menu des discussions bilatérales, il sera probablement question de la situation au Sahel, où l’armée française patauge. Le Drian voudrait arracher un soutien de l’Algérie aux troupes militaires de son pays basées au Sahel. Il n’est pas question d’entraîner les soldats algériens au-delà des frontières, mais d’assurer l’aide logistique à l’opération militaire G5.

L’Algérie l’a déjà fait, en 2013, lors de l’intervention militaire française au Mali, au nom de la lutte contre le terrorisme. Sur demande du président François Hollande, elle avait ouvert son espace aérien aux bombardiers auxquels elle a assuré le carburant. La question qui reste posée est : quelle a été la contrepartie de cette décision et quelle sera la monnaie de l’aide que pourraient assurer les autorités algériennes aux troupes militaires françaises engagées dans le cadre du G5 ? Les réponses restent un mystère pour l’instant.
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