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La direction de la SNTF menace les grévistes

Publié le 16/05/2016, par dans Non classé.

La grève se poursuivait hier, pour la huitième journée, à la Société nationale de transport ferroviaire (Sntf). Des dizaines d’usagers avaient les yeux fixés sur les tableaux d’affichage électroniques accrochés dans le hall de la gare Agha, Alger centre.
Les destinations affichées (2 sur 33), assurées dans le cadre du service minimum, arrachaient un sourire de satisfaction à certains et accentuaient la colère de beaucoup de voyageurs ayant attendu en vain. Il faudra donc trouver un autre plan pour rejoindre sa destination. Il faudra surtout débourser plus de 2000 DA pour aller à Boumerdès en taxi.Le bus, je n’y pense même pas, vu qu’il faudra passer plusieurs heures dans les embouteillages et sans compter les arrêts marqués par les transporteurs», se plaint un jeune employé de l’administration, qui attend d’embarquer dans le train de Thénia, annoncé pour 15h30.

La grève des conducteurs de train a chamboulé le quotidien de milliers d’usagers de la SNTF, contraints de revoir leurs horaires d’arrivée et de sortie du bureau pour les plus chanceux ; ceux qui le sont moins sont obligés d’emprunter des itinéraires de substitution pour rejoindre leur poste de travail le matin et rentrer chez eux le soir. « Il faut compter au moins trois heures de route supplémentaires via un autre moyen de transport, sans parler des frais qui s’imposent», témoigne une jeune femme qui travaille dans les télécoms à Alger-Centre. « Je suis de la banlieue de Blida. Je ne mesurais pas l’ampleur de la distance qui sépare mon quartier de résidence de mon travail.

Je faisais le trajet en train express. Actuellement, je subis cet éloignement, j’espère que la direction de la SNTF saura convaincre les grévistes», ajoute-t-elle, sans quitter le tableau des yeux. Son regard s’illumine dès l’annonce du train d’El Affroun. Des clients de la SNTF dénoncent « le recours systématique à la grève» comme moyen d’exprimer des revendications.

« Je comprends que la situation financière de ces travailleurs soit difficile, mais ils ne doivent pas perdre de vue qu’ils assurent un service public, donc ils doivent prendre en considération cet aspect avant de débrayer», râle un jeune, qui explique la colère et l’inquiétude de son jeune frère qui a été surpris par cette grève alors qu’il devait se rendre au lycée pour passer les épreuves du bac blanc, dimanche dernier. « Il a dû se faire déposer par un parent. Imaginez s’il n’y avait personne de disponible à ce moment-là», enchaîne le jeune homme.

Préjudice de 10 millions de dinars par jour

Les conducteurs de train revendiquent, entre autres, une reclassification de catégorie leur permettant de bénéficier d’une amélioration de leur salaire de base. Ils réclament également des primes pour le travail de nuit et des jours fériés. La direction générale de cette entreprise a promis une nouvelle convention collective qui apportera une reclassification de tous les effectifs de la SNTF. Aucune solution n’est donc envisageable en dehors de cette convention, en cours d’élaboration, selon la direction.

Si la section syndicale UGTA des conducteurs de train campe sur son refus de reprendre le travail suite aux différentes promesses de la tutelle, la Fédération nationale des cheminots (FNC) se démarque de cette action de protestation ; elle est considérée comme étant le représentant légal des travailleurs de la SNTF, « malgré le statut provisoire de son bureau».

A rappeler que le bureau national de cette fédération a été mis en place, il y plus d’une année en vue de la préparation de la tenue du congrès de la fédération et « n’est pas habilitée à négocier au nom des travailleurs», font remarquer les représentants des grévistes. Le secrétaire général de la section UGTA des conducteur de train de la SNTF, Sid Abdelkader, estime qu' »il est inutile d’entrer dans un débat sur la légitimité ou non de la FNC», mais dénonce « l’absence de volonté de la direction générale pour une solution définitive».

La direction générale de la SNTF, qui rappelle que « les portes du dialogue sont toujours ouvertes», déplore un préjudice financier de 10 millions de dinars par jour. « C’est surtout l’image de notre entreprise qu’on est en train de ternir», soutient M. Aktouche, assistant de direction à la SNTF. Dans le cas où cette situation persisterait, « la direction sera dans l’obligation d’appliquer la réglementation», explique le même responsable, qui n’écarte pas l’éventualité de prendre des mesures disciplinaires à l’égard des grévistes.

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