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«La désindustrialisation et l’insertion dans l’économie mondiale»

Publié le 05/12/2015, par dans Non classé.

Les ressources naturelles dans les pays en développement : moteur de croissance ou éléments de vulnérabilité ?» Telle est la problématique débattue ces deux derniers jours par des experts et universitaires à la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, lors d’un colloque international.
Ce colloque s’inscrit dans la problématique relative à « la chute des cours du pétrole, entamée en 2014, qui a révélé la vulnérabilité des économies dépendantes des hydrocarbures et remis à l’ordre du jour la problématique du rôle des institutions dans la gestion des ressources naturelle». Pour répondre à cette question, une quarantaine de communications ont été présentées par une centaine de chercheurs universitaires et experts étrangers. Selon Oukaci Kamal, président du colloque, cette rencontre « permettra une meilleur compréhension des effets de choc affectant les prix des ressources naturelles, leur rôle dans le processus de développement et enfin tirer des enseignements des expériences réussies de la gestion des ressources naturelles, notamment pour notre pays».

Benabdallah Youcef, de l’Ecole nationale supérieure de statistiques et d’économie appliquée d’Alger, a relevé que les réformes de l’Etat rentier en Algérie manquent de cohésion, de cohérence et d’absence d’une stratégie de mondialisation. Il analyse que « le plan d’investissement 2012-2016 de Sonatrach réserve 82% des 80 milliards de dollars à l’amont, 9% seulement à l’aval (pétrochimie) et 9% au transport par canalisations.

Cette répartition traduit l’objectif de renouvellement des réserves de pétrole et de gaz soutenu par une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui offre plus d’incitations au capital étranger. Cette politique privilégie clairement l’approche financière alors que le pays a besoin impérieusement de se réindustrialiser». Car la désindustrialisation de l’Algérie « pèsera lourdement sur les modalités de son insertion dans l’économie mondiale, où le fait industriel est synonyme d’émergence», a-t-il averti.

Il a expliqué dans le même contexte que « la réorientation de la politique des hydrocarbures vers l’amont, depuis la moitié des années 1980, apparaît comme le mode d’ajustement préféré de l’Etat, abandonnant de nombreux projets de pétrochimie en aval». C’est ainsi, indique-t-il, que le projet de Skikda, entamé par la construction d’une raffinerie de 15 millions de tonnes, a été abandonné dès le début des années 1980. Il en fut de même pour le projet de la raffinerie de Béjaïa et pour celui du GNL (Arzew) qui devait fournir du gaz à l’Allemagne fédérale.

De son côté, Talahite Fatiha, chargée de recherche au CNRS de Paris (France), a commenté le choix du gouvernement, qui consiste en la « rationalisation» et même la suppression de certaines subventions suite à la crise financière que vit le pays. Elle a déclaré à ce propos que « depuis la chute brutale du prix du pétrole en 2014 et l’assèchement de la rente, la nécessité de maîtriser les importations et la dépense publique a relancé le débat sur l’effet des subventions sur la réduction des inégalités.

Un des arguments avancés par les partisans d’une diminution, voire d’une suppression de certaines d’entre elles, ou du moins leur ‘‘rationalisation », est que, contrairement à l’objectif annoncé, celles-ci ne permettent pas de résorber significativement les inégalités». Au contraire, insiste l’universitaire, elles contribueraient dans certains cas à les aggraver, voire à créer de nouvelles inégalités. A la question de savoir comment rompre avec ce comportement rentier dans le cadre de l’économie algérienne, Dahmani Ahmed, de l’université de Paris-Sud, que nous avons interrogé, a déclaré : « Ce comportement rentier s’est mis en place depuis des années et penser qu’on pourra le dépasser sur le court terme relève de l’utopie.

Il faudra une action sur les court et long termes à travers laquelle la société et les dirigeants vont être amenés de plus en plus à rompre avec cette mentalité.» Notre interlocuteur précise que la première action doit être engagée au niveau du secteur de l’éducation. Les dirigeants doivent également envisager de donner l’exemple à travers des décisions qui leur permettront de se légitimer, « de façon à aller vers la gestion dans la transparence, introduire par petites doses la démocratie, faire en sorte que les débats soient libres et que les gens puissent s’exprimer», explique-t-il. Lire la suite

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