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La décision du gouvernement a vidé les établissements

Publié le 29/09/2016, par dans Non classé.

Des dizaines de milliers d’enseignants ont fait leur demande de départ à la retraite anticipée. Le secteur de l’éducation voit ses fonctionnaires déposer leur dossier de retraite avant l’amendement de cette procédure dans le code du travail.
La décision du gouvernement de supprimer la retraite anticipée, avec l’amendement de la législation qui est en cours, a eu pour effet de vider le secteur de ses effectifs. Une ruée vers les directions des établissements pour déposer les dossiers de demande de départ en retraite anticipée est constatée par les représentants des travailleurs, qui s’inquiètent de l’énorme manque d’effectifs dans le corps enseignant qui risque de se répéter l’année prochaine.

Le délai nécessité par la procédure de l’amendement du code du travail est exploité donc par les fonctionnaires de l’éducation comme une dernière chance de bénéficier d’une retraite sans condition d’âge, en l’absence de visibilité sur les métiers considérés à haute pénibilité dont les travailleurs continueront à pouvoir partir plus tôt à la retraite que les autres Algériens. Les représentants des travailleurs de ce secteur expliquent que, contrairement à ce qui se faisait auparavant, les dossiers portant demande de départ en retraite sont à déposer à la direction des établissements au lieu de la direction de l’éducation, ce qui empêche d’avoir des chiffres actualisés sur le nombre de dossiers déposés. « Nous pouvons par contre constater la ruée sur les bureaux des directeurs pour ce motif.

Le phénomène se généralise chez les enseignants dont la tranche d’âge est concernée», explique Boualem Amoura du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Le directeur des ressources humaines a révélé, il y a quelques jours, que 30 000 fonctionnaires sont partis en retraite en 2016, dont une majorité en retraite anticipée. Selon les syndicats du secteur, le nombre de demandes de départ pour 2017 sera de plus de 20 000.

Le même chiffre se renouvellera l’année prochaine, s’attendent les représentants des travailleurs. L’ouverture de 28 000 nouveaux postes d’enseignant au recrutement par concours, qui a nécessité une procédure supplémentaire consistant à puiser de la liste d’attente 33 746 enseignants, « ne sera pas suffisante» pour faire face au manque. « Cela n’a rien à voir avec le phénomène de manque d’enseignants dans certaines matières constaté habituellement, il s’agit en fait d’un phénomène suscité par l’amendement du code du travail que le gouvernement a lancé à l’issue de la dernière tripartite.

La mauvaise gestion du dossier des contractuels en est également une des causes», soutient pour sa part Idir Achour du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), qui estime que 800 000 élèves sont actuellement sans enseignant. Le syndicat rappelle le récurent problème de refus des enseignants de rejoindre leurs postes dans les régions déshéritées. Le Satef évoque les mêmes contraintes dans les wilayas de l’intérieur du pays. « Rien que dans le primaire dans la wilaya de Djelfa, il y a un manque de 66 enseignants de langue arabe, ceci après l’affectation des nouvelles recrues», souligne Boualem Amoura.

Les syndicalistes pointent du doigt des dysfonctionnements dans la planification de l’organisation du concours de recrutement, à l’instar de l’affichage de la liste d’attente. « Des irrégularités ont été soulignées, ce qui suscite le doute sur la transparence de la procédure, comme cela a été dénoncé dans les wilayas de Tizi Ouzou et Sétif», précise M. Amoura. « Il y a un fossé qui sépare l’ambition affichée par la tutelle sous Nouria Benghebrit à professionnaliser le secteur avec la primauté de la compétence, et les pratiques au niveau local qui ont du mal à rompre avec le clientélisme», dénonce M. Amoura.

Les représentants des travailleurs appellent à la récupération des Instituts techniques de formation (ITE) « pour former le nombre nécessaire des enseignants qualifiés». Le CLA déplore cependant que le ministère n’ait pas procédé à la régularisation des contractuels, ce qui aurait permis de maintenir des enseignants dans les régions boudées par les nouvelles recrues. Lire la suite

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