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La course aux législatives : La tentation de la démagogie

Publié le 17/04/2017, par dans Non classé.

Les candidats aux élections législatives du 4 mai prochain abusent de promesses des plus farfelues.
Malheureusement, ils ne puisent pas dans l’expression politique avérée, mais recourent souvent au sensationnel et à la démesure. Le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, le patron du RND, Ahmed Ouyahia, Amara Benyounès du MPA, Amar Ghoul (TAJ) et Belkacem Sahli (ANR) ont tous occupé, à plusieurs reprises, des portefeuilles-clés au sein du gouvernement.

Aujourd’hui, ces mêmes ministres et tant d’autres ayant fait partie de la sphère du pouvoir sillonnent le pays pour promettre monts et merveilles à la population.

Commençons par Belkacem Sahli. Cet ancien ministre s’est engagé, si les candidats de son parti obtenaient la confiance des électeurs, à résoudre le phénomène de l’économie parallèle et ce, par son « intégration dans la sphère de l’économie formelle légale».

Il a estimé que l’Algérie possède « tous les ingrédients du succès pour adopter une bonne recette économique». Mais par quel miracle le parti de Sahli, qui soutient le programme du président Bouteflika, va-t-il réussir cette opération déjà tentée par le gouvernement, mais qui n’a pas atteint l’objectif escompté ?

L’autre leader de parti qui excelle dans l’art des promesses est Amar Ghoul. Sur un plateau de télévision et à l’adresse de Karim Tabbou qui peine à décrocher un agrément pour son parti, il lui promet de lui ramener ce quitus s’il lui donne sa voix. « Votez pour mon parti et vous aurez votre agrément.» Une promesse lourde de sens…

Le président de TAJ, plusieurs fois ministre, a, en outre, mis en valeur, à partir de Aïn Témouchent, les atouts que l’Algérie possède pour éviter de recourir à l’endettement extérieur. Il suffit, selon lui, de « gérer rationnellement» ! Rien que ça ! N’est-ce pas là une évidence. Autre parti et autre discours.

Populisme et facilités

Depuis le début de la campagne, Ould Abbès et Ahmed Ouyahia se disputent… le président Bouteflika. En campagne et pour convaincre une population désintéressée et fatiguée des promesses, Ould Abbès crie haut et fort que son parti n’a pas besoin de programme, puisque son programme est celui du président Bouteflika. Le patron du FLN est sûr de gagner les élections. Pour cela, il n’a pas besoin de faire campagne. Ainsi, les participationnistes sont avertis et le peuple l’a compris.

Pour sa part, Ouyahia lui réplique que Bouteflika est « notre président à tous». Il révèle qu’il y a des projets que l’on ne doit pas différer et a appelé à donner la possibilité aux entreprises algériennes d’investir dans l’économie nationale et les grands projets. « On ne doit pas permettre que des entreprises étrangères s’adjugent les richesses du pays, alors que les entreprises nationales sont censées être prioritaires», dit-il. Ces propositions chères aux partis de l’opposition ont été rejetées à l’APN par les partis au pouvoir, notamment le RND.

Par ailleurs, le parti du Front El Moustakbal de Abdelaziz Belaïd propose l’idéal : Il s’engage à « annuler l’examen de passage entre le cycle primaire et le cycle moyen ainsi que la création d’un baccalauréat professionnel» et aussi l’instauration d’une prime de chômage et la prorogation de la durée du congé de maternité.

Aucun détail sur les mécanismes devant permettre de maintenir un équilibre budgétaire par ces temps de crise — en offrant 12 mois de congé de maternité et une indemnité chômage pour tout jeune Algérien, âgé de 18 ans, et ce, pendant 3 ans — n’a été donné par M. Belaïd. Il n’explique pas non plus les objectifs de sa proposition d’annuler l’examen de passage entre le cycle primaire et le cycle moyen. Les candidats aux législatives du 4 mai prochain tombent facilement dans le populisme.
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