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La Constitution est faite «pour une poignée de personnes»

Publié le 10/01/2016, par dans Non classé.

Après l’annonce du contenu du projet d’amendement de la Constitution, les avis des différents partis politiques et de la société civile divergent.
Pour le parti Jil Jadid, ce projet, dévoilé par le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, n’est en fait qu’une nouvelle preuve de la vacance du pouvoir.

Rejet total de ce projet

Son président, Soufiane Djilali, déclare rejeter totalement ce projet tant dans la forme que dans le fond. Il tire à boulets rouges sur le président de la République qu’il accuse de vouloir, à travers cette nouvelle Constitution, pérenniser un système qui ne cesse de mener le pays à la dérive. « Nous refusons totalement ce projet de révision de la Constitution qui ne rend service qu’à une poignée de personnes et non au peuple. C’est une Constitution pour un Président omniprésent et au-dessus de la nation et non pas une Constitution d’une République du XXIe siècle, affirme-t-il.

Alors que le pays s’enfonce dans une crise économique aiguë dont les conséquences sont majeures sur la population, le pouvoir cherche à gagner du temps en provoquant un débat constitutionnel pour lequel il n’a plus aucun crédit ni légitimité à organiser. Après 5 ans de flou total, le pouvoir nous sort et nous impose une législation de crise de régime. Une législation pleine de vœux pieux mais sans aucune réelle organisation des commandes de l’Etat pour les années à venir. Pis encore, plusieurs articles s’avèrent contradictoires mais vont tous dans le même but : servir le président de la République, qui a la haute main sur tous les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, militaire et administratif.»

Officialisation de tamazight

Pour le président de Jil Jadid, les amendements proposés sont en premier lieu d’ordre du désaveu dans lequel Bouteflika reconnaît avoir attenté à la légalité constitutionnelle en s’offrant une présidence à vie. « Aujourd’hui, il reconnaît son tort en remettant les choses dans l’ordre qu’elles étaient avant son arrivée à la tête du pouvoir en limitant les mandats présidentiels à deux mandats et en restituant les prérogatives subtilisées au Premier ministre.

Puis celui de la séduction en officialisant à contre-cœur la langue amazighe et l’institution d’une commission de contrôle des élections sans indépendance, projetant ainsi de briser la cohésion et la solidarité de l’opposition. Cette Constitution ne régule pas la vie institutionnelle et les libertés, mais est une législation de propagande bourrée d’une multitude d’articles-programme», renchérit-il avant de lancer un appel aux différents partis de l’opposition pour s’unir afin de planifier les démarches à suivre dans les semaines à venir.

« Dans la situation actuelle où il n’y a aucun processus de prise de décision, nous allons vers une véritable catastrophe politique et sociétale. Nous allons carrément vers la dissolution du peuple. Nous devons en tant qu’opposition nous réunir afin de mettre en place une Constitution qui dessine réellement les bases d’un Etat de loi et trace les grandes lignes d’un programme à suivre pour une éventuelle période de transition.

Nous n’avons pas le choix, nous devons être prêts pour une éventuelle chute du système et une chute de l’Etat», conclut-il avant de relancer l’appel à l’opposition, dont il fait partie, et l’inciter à mettre en marge les sensibilités partisanes et préparer un chemin clair pour la prochaine phase très critique et décisive pour l’avenir du pays. Lire la suite

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