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La consommation algérienne en huile d’olive avoisine 3 litres par habitant, c’est insuffisant !

Publié le 27/01/2017, par dans Non classé.

– Dans quelles conditions la Coopérative d’huile d’olive de Kabylie (CHOK ) a-t-elle été créée ?

La Coopérative d’huile d’olive de Kabylie a été créée en 2009, afin d’apporter des solutions aux problèmes des agriculteurs de la région. Il faut savoir qu’en 2005 et 2006, il y a eu une surproduction d’huile d’olive et peu de marchés pour la commercialiser. Notre production, telle qu’elle, ne peut être exportée vers un marché étranger, car elle ne répond pas encore aux normes internationales. Bien qu’il y ait une petite quantité aujourd’hui répondant à ces normes, mais cela reste loin des objectifs.

A cette époque, nous étions à la Chambre d’agriculture de Bouira, c’est là que l’idée de création d’une coopérative a germé. Afin de nous occuper de la collecte, du conditionnement et de la mise en vente de l’huile d’olive. D’un autre côté, c’est un appui pour l’association des oléiculteurs pour la vulgarisation agricole, c’est-à-dire tout ce qui est lié aux techniques de taille, de plantation, de récolte, de transport, etc.

Ce qui est vraiment aberrant et contradictoire, c’est le fait que l’olivier donne un fruit d’excellente qualité, mais le procédé par lequel on obtient l’huile d’olive est plein de défauts. C’est cette chaîne déstructurée qui fait que notre huile d’olive ne réponde pas aux normes imposées par le marché mondial, précisément par le Conseil oléicole international (COI), qui est une importante institution internationale basée à Madrid, dont l’Algérie est membre, ndlr.

– Justement, quels sont ces défauts?

Selon les experts, ça s’étend sur plusieurs aspects, notamment le fait de laisser le fruit sur l’arbre jusqu’à ce qu’il devienne noir, faire la cueillette et laisser les olives dans des sacs, ce qui provoque des moisissures, on laisse les olives 15 à 20 jours avant la trituration, il y a aussi l’oxydation du fruit. Aussi, il faut savoir que l’olive prend toutes les odeurs environnantes, ce qui fait que l’on obtient une huile avec des odeurs de plastique ou de moisissure.

– Est-ce qu’il y a une résistance de la part de certains agriculteurs par rapport à ces nouvelles méthodes ?

Tout à fait. Il y a une très grande résistance, mais au sein de la coopérative, nous tentons de les convaincre. Il y a pas moins de 3500 agriculteurs à Bouira, ils ne sont pas tous spécialisés dans la filière oléicole, la majorité ont d’autres activités agricoles. L’oléiculture occupe plus de 30 000 hectares des terres. A partir des années 2000, l’Etat a subventionné quelques oliverais, ce qui a encouragé certains agriculteurs de se spécialiser dans la production d’huile d’olive.

– A votre avis, que faut-il faire ?

Le grand problème de notre oléiculture, c’est le prix de l’huile d’olive qui est excessivement élevé. Ceci, par rapport au marché international, ainsi que nos voisins marocains et tunisiens. La consommation algérienne en huile d’olive avoisine trois litres par habitant, c’est insuffisant ! Surtout par rapport aux Tunisiens qui sont à 12,5 litres par habitant et par an.

Nous privilégions d’autres huiles qui coûtent 4 fois moins cher que l’huile d’olive. Dans nos habitudes culinaires, et ce depuis l’indépendance de notre pays, nous n’avons jamais concentré les efforts pour la consommation d’huile d’olive. Préférant ce qu’il y avait sur les étals, déjà bien emballé et accessible partout.

– Le marketing de l’huile d’olive est-il essentiel ?

Absolument. En 2017, nous sommes encore à consommer l’huile d’olive dans des bouteilles et des bidons de récupération. C’est-à-dire que le contenant n’a même pas été fabriqué spécialement pour l’huile d’olive. La commercialisation est anarchique et ne répond à aucune organisation. En tant que producteurs, nous souhaitons que l’Etat intervienne avec de grands moyens, pour maîtriser la production. Par le passé, quand il y avait les offices oléicoles, ils récupéraient le surplus et équilibraient le marché. Malheureusement, ils ont été dissous.

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