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La Cnan réclame 16 millions d’euros au Saoudien Ghaith Pharaon

Publié le 22/09/2016, par dans Non classé.

Le procès des cadres dirigeants de Cnan Group s’est ouvert hier au tribunal d’Alger. Deux anciens PDG de la compagnie, dont un en détention depuis 54 mois, font partie des 21 prévenus, parmi lesquels l’homme d’affaires saoudien Ghaith Pharaon auquel les avocats de la compagnie réclament 16 millions d’euros de dommages et intérêts. Aujourd’hui, le procureur fera son réquisitoire.
Dix-sept cadres de la Compagnie nationale de navigation (Cnan), dont deux de ses anciens PDG — Ali Boumbar (en détention depuis 54 mois) et Ali Koudil (en liberté) — ont comparu hier devant le pôle judiciaire spécialisé de Sidi M’hamed près la cour d’Alger pour, entre autres, « violation de la réglementation des marchés publics et de la loi relative au contrôle des changes», « abus de fonction», « trafic d’influence» et « conflit d’intérêt».

A l’appel du juge manquaient quatre prévenus, dont l’homme d’affaires saoudien Ghaith Pharaon, qui avait racheté 51% des actions d’une filiale du groupe Cnan, mais aussi 67 témoins dont quatre seulement étaient présents. La partie civile était représentée par Cnan Group, mais aussi l’Office de l’aliment du bétail (ONAB), ainsi que l’agent judiciaire du Trésor (AJT). C’est la troisième fois que les mis en cause se retrouvent au tribunal, qui a demandé à deux reprises un complément d’information.

Le premier appelé à la barre est Ali Koudil, ancien PDG de la compagnie, poursuivi pour « violation de la réglementation des marchés publics et du contrôle des changes», « dilapidation de deniers publics», « négligence grave» et « trafic d’influence». D’emblée, il nie les faits qui lui sont reprochés et plaide « la prescription» de ces derniers et « l’inexistence de preuve», avant de clamer son « innocence», sans ajouter un mot.

Le juge appelle Ali Boumbar, poursuivi pour les mêmes chefs d’inculpation que son prédécesseur. Il répond aux questions du juge sans ses avocats, qui se sont retirés le 21 août dernier, en signe de protestation contre le 28e refus de mise en liberté provisoire. « J’ai répondu à toutes les questions durant les deux audiences précédentes. Cela fait 54 mois que je croupis en prison.

Je n’ai absolument rien fait ni décidé de quoi que ce soit», lance-t-il au juge, ajoutant : « Dans cette affaire, les actes de bonne foi ont été transformés en mauvaise gestion.» Le président l’interroge sur l’action en justice engagée contre la Cnan, après qu’il ait quitté son poste à la tête de la Isa (une filiale du groupe) à Anvers, en Belgique. « Je n’ai pas attaqué la Cnan, mais plutôt Isa, qui a refusé de me payer mon solde de tout compte. Je n’avais aucun poste à cette époque, pourquoi me reprocher le fait que mon neveu travaille à Navitrance ?»

Le juge appelle Djamel Bouabbes, ancien président du conseil d’administration du groupe Cnan, poursuivi pour « violation de la réglementation des marchés» et « négligence grave». Il jure par tous les saints qu’il n’a aucune relation avec les investisseurs : « Le contrat de cession des 8 navires à Pharaon a été autorisé par le Conseil des participations de l’Etat, présidé par le chef de gouvernement de l’époque et sur proposition du ministre de l’Industrie.

C’était un joint-venture entre Pharaon (51% des parts) et la Cnan (49% des parts). A l’époque, la compagnie avait des bilans négatifs et l’option retenue par le CPE était sa dissolution…» Le président l’interrompt : « Je ne vous demande pas pourquoi avoir cédé les navires, mais plutôt est-ce que vous avez respecté la réglementation ?» Le prévenu : « Nous n’avons fait que valider ce que le Conseil des participations avait décidé.»

Du fond du box, Ali Boumbar apporte des précisions sur le matériel et les biens des bureaux de la Cnan à Marseille, vendus, selon l’ordonnance de renvoi, à un prix dérisoire. « La société était sur le point d’être dissoute et les travailleurs exerçaient sous le droit français. Ils étaient imprévisibles. Il fallait prendre cette décision, qui a été soumise à l’accord du ministère et des autorités compétentes.

Pour ne pas payer une indemnité de 500 000 euros de droits, nous avions transféré les activités des bureaux à une autre société. Il n’y a pas eu de plainte et nous n’avons payé aucune indemnité. Le mobilier datait de 20 ans. On l’a estimé à 23 000 euros mais nous l’avions cédé à Navimed pour 89 000 euros.»

Le juge appelle l’ancien président de la SGP Gestramar dont dépendait Cnan group, poursuivi pour « dilapidation de deniers publics». D’emblée, il déclare n’avoir pris aucune décision en ce qui concerne la cession des 8 navires à Pharaon : « L’Etat a décidé et la décision a été exécutée par le CPE. Les experts ont estimé le prix des 8 navires à 24,5 millions de dollars.» Le président : « Mais ils ont été cédés à 18,5 millions de dollars…» Le prévenu : « En fait, ce ne sont pas les experts qui évaluent les navires, mais les commissaires aux ports. Ce sont eux qui ont donné cette deuxième estimation.

Le ministre de l’Industrie de l’époque nous avait donné des directives pour la cession des navires. Cela a été fait avec l’aval du gouvernement.» Le prévenu s’attaque avec virulence aux inspecteurs de l’IGF qui ont élaboré l’enquête sur laquelle s’est basée l’instruction. « J’ai été chef de division à l’IGF pendant 26 ans et je peux dire que l’auteur du rapport n’est pas un professionnel. Il n’a pas voulu déjuger la lettre du Premier ministre (…). La cession des navires s’est faite avec l’aval écrit du ministre de l’Industrie. Six des 8 navires n’avaient pas de certificat de navigation.

Seuls El Hadjar et le Aïn Témouchent étaient fonctionnels.» De son box, Ali Boumbar réagit : « J’ai dit au Premier ministre que je refusais les 18,2 millions de dollars et que le montant de 24 millions de dollars était plus juste. Mais finalement, le CPE a retenu 18,2 millions. Pourquoi voulez-vous que je sois responsable ?» Le juge appelle Bouzidi Laaziz, qui présidait la commission des marchés de cession du navire Sersou (cédé au groupe Cevital), poursuivi pour « conflit d’intérêt». Il confirme que le prix de cession était trop bas par rapport à la valeur du Lire la suite

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