formats

La Baleine bleue, le «jeu» qui pousse les jeunes au suicide

Publié le 15/12/2017, par dans Non classé.

Blue Whale Challenge ou Défi de la baleine bleue, l’application internet qui pousse les jeunes au suicide, fait rage dans le monde entier, mais aussi en Algérie où ses premières victimes se font, de plus en plus, nombreuses depuis quelques jours, dans les différentes régions du pays.
Présenté comme un « jeu» aux internautes qui sont tentés par l’expérience, ce dernier, qui vise principalement les adolescents, est constitué de 50 défis, dont le premier peut être une simple question, mais le dernier exige de l’utilisateur de se donner la mort. Créé en 2016 par de jeunes russes qui auraient pour objectif, selon différents médias, de « purifier le monde ou diminuer la démographie», Blue Whale Challenge, téléchargeable facilement sur Play Store, application préinstallée sur chaque téléphone et tablette Android, a fait déjà plusieurs victimes, notamment à Béjaïa et Sétif.

Tout commence par un simple clic sur l’application en question, où est demandé à l’utilisateur d’accepter la condition de permettre au mentor ou au parrain, chargé de le soumettre au défi, d’accéder à toutes les données de son appareil. Cela signifie qu’il aura accès à la vie privée de l’utilisateur, en récupérant toutes les photos, les numéros de téléphone, les SMS et les échanges sur Messenger, Viber, Whatsapp, Snapchat, Facebook, etc.

Comme exemple de défis, il est demandé, entre autres, à l’utilisateur de se réveiller à 5h pour écouter de la musique triste, voir un film d’horreur, ou même de se mettre, tard la nuit, sur un toit, se prendre en photo et l’envoyer au mentor afin d’attester de la bonne exécution de l’instruction pour pouvoir passer à la l’étape suivante. « C’est une sorte de conditionnement psychologique qui met l’enfant sous la volonté du mentor», explique un psychologue. Seul signe qui indique l’implication de l’enfant dans ce jeu : le changement de comportement ou le dessin d’une baleine tailladé sur le bras.

Messenger

Ce nouveau phénomène inquiète les parents et préoccupe l’Etat et les médias. Dans son édition d’hier, El Khabar rapportait deux autres cas similaires d’un lycéen de Mostaganem et d’une collégienne de Tizi Ouzou. Selon le quotidien, ces derniers ont été, distinctivement, hospitalisés dans des établissements psychiatriques de leurs régions après que leurs proches aient remarqué les dessins de la baleine sur leurs bras. El Khabar a précisé que l’état psychologique des deux adolescents était inquiétant. Mais si certains expliquent par la curiosité la tentation de ces jeunes à essayer ce jeu mortel, d’autres disent que c’est la spoliation de leurs données personnelles, comme les « photos gênantes», qui les empêchent de refuser l’expérience.

Certes, beaucoup de choses sont dites sur cette histoire… Un jeune paraissant sur une télé privée algérienne explique qu’il a pris part à ce jeu dans une discussion groupée sur Messenger, ce qui veut dire que l’ordinateur portable ou de bureau fait partie aussi des appareils susceptibles d’être utilisés pour cette application. De plus, en l’absence d’une raison valable qui pourrait permettre au parrain d’appliquer son chantage, ce dernier informe sa victime qu’il possède l’adresse IP de son internet, qui lui permet de récupérer l’adresse du domicile de ses parents. « Le parrain menace la victime d’envoyer des gens pour assassiner ses proches s’il refuse de se donner la mort. Certains cèdent au chantage afin de protéger les leurs», explique-t-il.

Lycée

Mais si les deux adolescents ont été sauvés, d’autres ont péri en se donnant la mort par pendaison, dans la plupart des cas. La mort du jeune Bilal Berkani, lycéen de 15 ans, du village Maala, dans la commune de Sidi Aïch (Béjaïa) a choqué tous les habitants de sa région. En profitant de l’absence de sa famille, partie pour la cueillette des olives, Bilal a décidé de se donner la mort par pendaison au milieu du couloir de sa maison. Joint par téléphone, son voisin Locif témoigne : « Certes, la famille de Bilal a remarqué un changement dans son comportement. Il paraissait bizarre, perturbé.

Son père l’a tout de suite présenté à un psychologue. Mais il n’a fait que trois séances avant de se suicider. Sauf qu’avant de passer à l’acte, Bilal a laissé un message sur son mur Facebook expliquant qu’il ne trouvait plus de raison à rester en vie. Au début, la famille n’avait que des soupçons, mais elle a fini par affirmer qu’il s’agit bel et bien du jeu de la Baleine bleue. Ses proches ont trouvé sa puce portable qu’il avait dissimulée dans ses affaires avant sa mort. Ils ont trouvé des photos et des échanges prouvant la thèse de sa participation au jeu.» Ce n’est pas tout, car le soir même du jour de l’enterrement de Bilal, un jeune fille du même lycée reprend les mêmes mots de Bilal et s’excuse auprès de sa famille, car selon ses dires, c’est elle qui aurait poussé Bilal à essayer ce jeu. Selon Locif et d’autres personnes de la région de Sidi Aïch, la jeune fille s’est donnée la mort le soir même, soit 24 heures après son camarade.

Identité

Le drame ne s’arrête pas là. Au milieu de la soirée, un autre cas est signalé aux jeunes du village. Une autre lycéenne reprend le même message sur son compte Facebook. Locif et ses amis, qui ont intercepté le statut, ont donc tout fait pour la garder en ligne. Il explique qu’ils ont réussi en maintenant la discussion, chose qui leur a permis de gagner du temps et trouver son identité. « Nous avons fini par trouver son identité et informer la police et sa famille. La fille a été finalement sauvée», se réjouit-il. Impossible de bloquer ce jeu comme l’a expliqué lors d’un point de presse, la ministre des Télécommunications, Houda Feraoun, car il ne s’agit pas d’un site internet.

De plus, ce ne sont pas seulement les mineurs qui tentent l’expérience, car le fait d’en parler, comme le souligne le responsable d’Unicef en Algérie, Marc Lucet, lors d’une rencontre organisée en début de semaine avec les journalistiques au siège de l’organisation à Alger, crée une sorte de publicité pour ce jeu. « Ceci peut aussi encourager d’autres personnes à tenter l’expérience», explique-t-il. C’est le cas Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé La Baleine bleue, le «jeu» qui pousse les jeunes au suicide
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair