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Khelifa Benkara : Quand la défense de l’arabe révèle ses anachronismes

Publié le 17/10/2016, par dans Non classé.

Les défenseurs de l’arabe ont toujours prétendu que cette langue est menacée par l’étranger, mais surtout par ceux qui sont censés la défendre.
Le journaliste et ancien directeur de radio, Khalifa Benkara, affirme que la langue arabe en Algérie comme dans les autres pays de la région est menacée. Dans son recueil d’articles, cet ancien membre du Haut-Conseil de la langue arabe ne se contente pas de défendre l’usage de cette langue ou sa promotion, mais attaque, avec des mots très virulents frisant souvent l’insulte, pêle-mêle ceux qu’il nomme les « promoteurs du français» en Algérie, la commission Benzaghou qui a voulu « aliéner» les élèves, la presse francophone, l’audiovisuel, cette femme algérienne qui discute en français avec son enfant, etc.

Usant d’un style de l’âge décadent de la littérature arabe, l’auteur se découvre aussi clerc en affirmant que Dieu ne pardonnera pas à ceux qui ont abandonné la langue arabe. « Dieu ne pardonnera pas à des gens qui ont bloqué la route à la langue du Coran et de la civilisation alors qu’elle était sur le point de reprendre sa place de langue de religion et de vie, réunissant une nation avec toutes ses langues et dialectes locaux», assène l’auteur dans sa présentation, en faisant remarquer que la langue arabe, mise en état de siège par l’ancienne puissance coloniale et placée « sous séquestre» par ce qu’il appelle « l’Etat de l’après-occupation».

L’argumentaire développé par Benkara ne laisse pas place à une approche critique des défaillances de la politique d’arabisation ou à des propositions pour relever le niveau des locuteurs. L’ouvrage publié par les éditions Saihi est préfacé par la responsable de l’Institut arabe de traduction censée avoir une conception plus neutre et apaisée des langues. Inaâm Bayoudh, qui couvre de lauriers l’auteur dont elle encense la maîtrise des subtilités de la langue d’Al Mutanabbi, évoque sans s’appesantir sur des détails les défaillances de l’école et les « ratés» de la politique d’arabisation menée « de bonne foi» par les pouvoirs publics successifs.

Dans un même élan, la responsable de l’institut, installé à Alger, critique le recours à des expressions comme celle de l’écrivain Kateb Yacine sur « le français, butin de guerre», et s’en prend aux pleurards qui se plaignent dans des rencontres et des publications de la mouvance arabo-centriste sur la situation actuelle de la langue arabe. Inaâm Bayoudh recourt, pour expliquer cet état de fait, à la métaphore de Sisyphe qui fait rouler jusqu’en haut d’une colline son rocher qui en redescendait avant de parvenir au sommet. Les intellectuels arabes sont-ils réduits à reprendre, tel le fondateur de Corinthe de la mythologie grecque, les antiennes d’un arabisme enterrées par ses propres promoteurs ? Lire la suite

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