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Il y aura de la fraude, cette pratique ne va pas disparaître

Publié le 10/02/2017, par dans Non classé.

Moussa Touati se dit plus proche des couches populaires que des salons d’Alger. Son parti, qui a subi des secousses, tente sa chance aux prochaines législatives, mobilisant sentiment d’exclusion et ferveur patriotique.
– Vous avez organisé cinq rassemblements régionaux à travers le pays, comment se porte le moral de vos militants ?

Nos cinq regroupements régionaux ont réuni plus de 3000 militants et cadres du parti. Nous avons constaté que nos cadres veulent s’inscrire dans une véritable volonté d’opposition constructive. Nous voulons construire un Etat du peuple et non un Etat du pouvoir. Actuellement, on ne peut parler d’un Etat du peuple à cause de la fraude, car si le pouvoir était vraiment issu du peuple, il penserait à l’intérêt de celui-ci.

Mais, en fait, nous avons le contraire, c’est le peuple qui doit être au service du pouvoir. C’est pour cela que depuis la création du FNA, nous n’avons cessé d’appeler au retour à la souveraineté du peuple. Rendre le pouvoir au peuple, car la Constitution parle bien de la « République démocratique et populaire» ! Je ne suis pas certain que le pouvoir œuvre vraiment pour les intérêts de l’Algérie et des Algériens.

– Mais vous avez aussi des problèmes avec certains de vos élus ?

Oui, nous avons subi des pressions de certains de nos élus qui voulaient juste les postes sans assumer leur mission d’élus du peuple. Ils voulaient garder leur place pour protéger leurs propres intérêts. Donc, sur les 1200 élus, il ne reste que 800 encore dans nos rangs. Maintenant, nous faisons tout pour placer dans nos listes des militants et des cadres du parti qui défendent une cause, pas un intérêt personnel.

– Craignez-vous des fraudes lors des prochaines législatives ?

La fraude existe partout, ainsi que dans d’autres pays. Mais le véritable problème est que chez nous, dans ce pays, les lois et les procédures légales restent opaques, sujettes aux appréciations du « chef». Par exemple : la Haute instance indépendante de surveillance des élections ne bénéficie pas de lois claires qui la régissent. Donc, c’est celui qui l’a désignée et instaurée qui décide, en fin de compte, de ce qu’elle doit faire. Autre chose, si j’accuse quelqu’un d’utiliser l’argent sale en politique, à qui je dois m’adresser ?

Quel est le mécanisme qui permet à n’importe quel citoyen de dénoncer celui qui encourage l’emploi de l’argent sale dans les élections ? Pourquoi le parquet ne s’auto-saisit pas quand un journaliste révèle une affaire de corruption ? Le souci, ce sont les lois qu’il faut appliquer, clairement. Pour revenir à la fraude, on sait qu’il y en aura. Cette pratique ne va pas disparaître.

Mais cela ne doit pas décourager le militant qui doit savoir qu’un long parcours l’attend pour tenter de faire passer ses idées aux citoyens. Par ailleurs, je rappelle ici que le FNA avait réuni plusieurs autres partis, à l’approche des dernières législatives, pour proposer l’idée du vote électronique. Qu’est- ce qui empêcherait cette méthode, puisque la carte d’identité biométrique a été généralisée à tous les citoyens. Ainsi, on pourrait voter avec sa carte biométrique et les chiffres des votants seront instantanément et publiquement affichés dans le centre de vote.

Ces chiffres ne seront plus annoncés par un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, mais par le journaliste qui suit en direct l’évolution de la participation. Nous avions proposé aussi d’adopter le bulletin unique pour simplifier la vie au votant, ainsi qu’un comptage électronique des voix. Mais les autres partis que nous avons réunis n’ont jamais donné suite à notre demande de s’allier pour faire pression et concrétiser ses propositions.

– Justement, on parle beaucoup d’alliances actuellement. Vous êtes intéressé pour nouer des alliances ?

Pourquoi faire ? Car au FNA, on ne peut s’allier avec d’autres partis que sur la base d’un programme économique commun, car l’urgence est là, quel que soit le courant idéologique des partenaires. Mais pour le moment, on n’y pense pas. Je me demande juste à quoi servent les alliances dont on parle ? Quel serait le programme commun qu’elles défendent ? Ou est-ce juste des alliances pour le seul intérêt de chaque parti ?

– Est-ce que l’exigence d’avoir eu 4% de voix au minimum pour participer aux élections est un obstacle pour vous ?

On nous parle en même temps des 4% au niveau national, au niveau de la circonscription électorale et des 10 élus dans chaque circonscription électorale ! Franchement, on n’arrive pas à bien comprendre. Sinon, nous remplissons les trois conditions. Je rappelle juste que lors des législatives précédentes, nous avons été victimes d’un coup bas : une chaîne de télévision avait annoncé, deux ou trois jours avant le vote, que les autorités avaient privé le FNA de son agrément ! Cela a violemment secoué le parti et découragé du coup beaucoup de nos candidats. On a difficilement participé aux élections pour avoir nos 4,9% à l’APN !

– Vous dénoncez souvent le poids de l’argent sale dans la politique…

Déjà, nous avons des échos disant que certains partis ont commencé à rassembler des bailleurs de fonds pour leur en tirer un maximum d’argent. Certains de ces bailleurs de fonds achètent, pour eux-mêmes ou pour leur proches, les places en tête de liste. Là, je me demande aussi, est-ce qu’on va vraiment faire appliquer la loi sur le financement des campagnes électorales ? Certains vont faire campagne avec 1 milliard de centimes, d’autres avec dix milliards ! Le vrai problème est que les autorités ne contrôlent pas. Il y a des milliardaires qui ne paient pas leurs impôts, d’autres ne remboursent pas les crédits bancaires pour monter leurs affaires (et en plus le système efface leurs dettes). C’est grave.

– Est-ce que l’administration vous laisse activer sur le terrain sans obstacles ?

L’administration ne vous pose pas des obstacles de manière directe, mais plutôt elle vous pousse à vous occuper d’autre chose, elle crée des diversions, pour ne pas s’occuper des véritables problèmes. Malheureusement, nous avons une administration des consignes et des directives qui viennent d’en haut. Ce n’est pas une administration au service du peuple. Il faut Lire la suite

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