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«Il y a beaucoup à faire entre l’Italie et l’Algérie»

Publié le 24/11/2016, par dans Non classé.

La villa Hesperia (El Biar) a un nouvel hôte depuis deux mois. Le nouveau représentant de la péninsule n’a pas attendu de fouler le sol algérien pour entamer avec enthousiasme sa mission diplomatique qui le porte de l’autre côté de la Méditerranée. Cet universitaire et chercheur, originaire de la Campanie (Naples), est expert en affaires européennes. L’homme, 58 ans, a tout pour plaire aux Algériens et sous le pragmatisme européen, on perçoit un élan sincère et chaleureux envers sa nouvelle fonction. Comme le dit l’adage italien : « Se son rose, fioriranno» (Si ce sont des roses, elles fleuriront).
– Dès votre nomination comme ambassadeur à Alger et avant de fouler le sol algérien, vous n’avez pas raté une seule rencontre organisée par l’ambassade d’Algérie à Rome. Votre enthousiasme et votre optimisme pour cette nouvelle fonction sont-ils encore intacts ?

Non seulement ils sont intacts, mais mon enthousiasme et mon engagement se sont accrus ! Etre ambassadeur d’Italie à Alger est un honneur et un privilège. Il existe une longue histoire d’amitié entre nos pays et nos peuples. Je ferai tout pour donner plus d’élan aux relations qui sont déjà à la fois solides et très dynamiques à tous les niveaux.

– L’Italie est le premier client et le troisième fournisseur de l’Algérie (statistiques du premier semestre 2016). Etes-vous d’accord pour dire que le volume de ce partenariat est encore en deçà des véritables potentialités des deux pays ?

Les résultats que nous avons obtenus ces dernières années au niveau des échanges économiques sont extraordinaires. En même temps, nous ne devons pas nous contenter de ce qui existe déjà, il faut regarder plus loin et plus en profondeur. Par exemple, il y a beaucoup à faire dans les domaines des énergies renouvelables, de l’environnement, de la recherche scientifique, de l’architecture, du tourisme, des technologies avancées, notamment en ce qui concerne l’espace et la digitalisation.

Sans oublier l’agro-industrie où nous avons beaucoup en commun, comme le démontre actuellement la participation à la Semaine de la cuisine italienne en Algérie. Je pourrais continuer encore, mais l’idée fondamentale c’est qu’il faut investir ensemble, avec courage et une vision stratégique sur le futur.

– Votre ville natale, Arienzo, près de Naples, vous a récemment accordé la citoyenneté d’honneur. Avez-vous senti que le fait d’être du sud de la péninsule est un atout qui facilite le dialogue avec vos interlocuteurs algériens ?

Recevoir la citoyenneté d’honneur de la part de la ville où j’ai vécu toute ma jeunesse a été un moment vraiment émouvant. Mais c’est un fait qui démontre comment la ligne entre la dimension locale et la mondialisation est mince aujourd’hui, même au niveau personnel. Ceci dit, le fait que je vienne du sud de l’Italie fait que je me sens réellement comme chez moi en Algérie, dans une terre accueillante, entouré d’un peuple amical. Mais je crois que les Italiens en général ont le même sentiment quand ils se trouvent dans ce pays fascinant, riche d’histoire et plein d’humanité.

– Vous êtes un européiste convaincu et un expert des politiques européennes. Vous avez également contribué, comme chercheur et universitaire, à l’élaboration de traités européens dont le Traité de Nice. L’actuel Accord d’association qui lie l’Algérie à l’Union européenne n’est-il pas dépassé et pénalisant pour les Algériens ?

Personnellement, je crois que l’avenir d’une Europe qui traverse un moment très complexe est lié à sa capacité de relancer les relations avec son voisinage. En même temps, je suis convaincu que le voisinage n’est pas une notion géographique, il faut être réellement à côté l’un de l’autre, spécialement dans les moments les plus difficiles.

Le dialogue entre l’Algérie et l’Union européenne est très ouvert, on constate un sincère esprit de coopération. Il ne faut pas réinventer la roue. Avec l’Accord d’association, nous avons un bon cadre de référence renforcée. Nous devons travailler ensemble pour que l’Algérie puisse exploiter tout le potentiel de l’Accord et profiter davantage de toutes les possibilités prévues.

– L’Italie est très présente dans le conflit libyen. Comment jugez-vous la position du gouvernement algérien ? Attendez-vous un appui de sa part ?

La position italienne coïncide largement avec celle de l’Algérie. Nous soutenons le gouvernement d’entente nationale dans le cadre du processus politique libyen. La stabilité à long terme du pays doit être recherchée à travers un dialogue de bonne foi et inclusif entre les différentes composantes de la société libyenne.

– Vous venez de publier un ouvrage sur le souverain pontife, Le Monde de Francesco Bergoglio et la politique internationale. Voyez-vous un rôle important de l’Algérie dans le dialogue entre christianisme et islam ?

Je crois que l’expérience algérienne dans ce domaine est très importante, dans un esprit de rencontre des civilisations et tout en soulignant le rôle des religions pour la construction de la paix. Souvent, aujourd’hui, on associe erronément la religion à des phénomènes qui représentent plutôt la dégénération et l’instrumentalisation des confessions à des fins de pouvoir, et même d’oppression et de conquête militaire.

Il faut démontrer que les religions, libérées d’influences néfastes, peuvent être une partie de la solution plutôt que du problème. Sur ces thèmes j’ai entamé un dialogue avec le ministre des Affaires Religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, pour renforcer les échanges avec des interlocuteurs italiens.

– Confiez-nous trois choses que vous aimez d’Alger et trois choses qui vous stressent…

J’aime bien des choses à Alger, mais si je devais en choisir seulement trois, cela serait : la vue d’une baie parmi les plus belles du monde, la lumière époustouflante, la cuisine algérienne dont le couscous bien sûr, mais aussi la rechta et la chekhchoukha. Si je dois vraiment citer une chose qui est stressante, ce serait juste les embouteillages, mais c’est un point en commun de toutes les grandes villes, comme Rome ou Naples. Le bilan est absolument positif !
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