formats

Il réclame une enquête impartiale : L’avocat de Tamalt accuse

Publié le 20/12/2016, par dans Non classé.

De graves accusations ont été portées hier par Me Mechri au sujet de la mort, au service pénitentiaire de l’hôpital de Bab El Oued, à Alger, du journaliste Mohamed Tamalt, après plusieurs mois de coma. L’avocat affirme que le journaliste « a fait l’objet d’un homicide programmé exécuté par l’administration pénitentiaire pour se débarrasser de sa langue et de son stylo». Et d’ajouter : « Ils se sont vengés du journaliste au nom du Président qui doit savoir qu’à ses côtés et sous ses ordres, des personnes portent atteinte à son image en lui imputant leurs crimes.»
Une semaine après l’enterrement du journaliste Mohamed Tamalt, mort en détention après une grave dégradation de sa santé liée, entre autres, à sa grève de la faim, Bachir Mechri, un de ses avocats, revient sur l’affaire et apporte de nombreux éclaircissements qui confortent la revendication d’une enquête impartiale sur les circonstances de cette mort tragique.

Il commence par planter le décor en revenant sur la thèse avancée par le journaliste Saad Bouokba, relatives aux circonstances du retour de Tamalt en Algérie. « Lorsque Tamalt était en Grande-Bretagne, protégé de toute poursuite, il avait publié, sur son site web, une vidéo qui comportait des propos diffamatoires et insultants à l’égard de personnalités influentes au sein du gouvernement algérien, qu’il a citées nommément.

En février 2016, Tamalt avait rencontré un journaliste algérien de passage à Londres, avec lequel il avait évoqué son éventuel retour au pays, après avoir reçu des garanties de non-poursuites données par des responsables à condition qu’il mette fin à sa campagne contre les dirigeants. Le journaliste en question lui a répondu que la seule garantie valable était celle du Président.

Les autres peuvent trahir à tout moment. Mais Tamalt a décidé de rentrer pour voir sa mère et il n’a pas été arrêté. Durant toute une semaine, ni la police ni la gendarmerie ne l’ont interpellé. Ce qui prouve que la décision de le mettre en prison n’est pas venue de la Présidence, mais d’une autre partie qui l’a ramené en Algérie pour le mettre en prison et le condamner au nom du Président», écrit Me Mechri, qui estime que « la naïveté de Tamalt a fait qu’il a rejoint le pays pour voir sa mère et il n’a pas été arrêté en l’absence de mandat de la justice.

Le 27 juin 2016, d’après les propos de son frère, il a été arrêté en début d’après-midi par des officiers de la police judiciaire du service de la Sécurité intérieure, relevant du ministère de la Défense nationale. Le 28 juin, il a été inculpé sur la base des articles 144 bis et 146 du code pénal, puis a fait l’objet d’une comparution immédiate devant le parquet d’Alger, qui l’a placé sous mandat de dépôt. Le défunt a refusé d’être jugé sans ses avocats. Lors de l’audience du 4 juillet, ses avocats ont plaidé sa libération immédiate.

L’article 144 bis, qui lui a été appliqué, ne prévoit pas de peine de prison, mais une amende. Tamalt a fait l’objet d’une détention arbitraire. Le refus du tribunal de le libérer a poussé les avocats à se retirer. L’audience a été reportée». Me Mechri note que lors de l’audience du 7 juillet 2016, la défense est revenue à la charge en plaidant l’annulation de la procédure, puisque le service à l’origine de l’arrestation du journaliste et de l’enquête préliminaire, en l’occurrence le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), avait été dissous en vertu d’un décret présidentiel.

« Malgré les vices de forme et de fond, le tribunal a décidé de condamner le journaliste à deux ans de prison ferme. Le jugement a fait l’objet d’un appel et, le lendemain, sur ordre de l’administration pénitentiaire, Tamalt a été transféré de la prison d’El Harrach à celle de Koléa. C’est la première fois qu’un prévenu passe d’une prison à une autre avant que son appel ne soit tranché. Une situation qui n’a pas permis à ses avocats de le voir.

La cour a refusé de délivrer les permis de communiquer, sous prétexte que le dossier du prévenu n’était pas encore arrivé, alors que le tribunal a lui aussi refusé de le signer, parce que, nous a-t-on signifié, le prévenu avait introduit un appel et, de ce fait, il ne dépend plus de sa juridiction. Une astuce juridique intelligente pour empêcher les avocats de rencontrer le prévenu. Ce n’est que le 7 août que les avocats ont pu obtenir le permis, mais une fois à la prison de Koléa, Tamalt était absent. Il avait été transféré à El Harrach. Le lendemain, lors de la visite, il était sur une chaise roulante et affirmait avoir fait l’objet de coups, d’insultes, d’humiliations et d’étranglement par les agents de l’administration pénitentiaire.»

L’avocat poursuit son récit en revenant sur l’audience du 9 août, au niveau de la cour d’Alger, durant laquelle Tamalt, « assis sur une chaise roulante, affaibli et très affecté, avait fait état des violences qu’il a subies» à la prison de Koléa, en citant certains noms, « sans que le procureur général ne réagisse». La peine est confirmée et le lendemain, « avant même que le pourvoi en cassation ne soit transmis», le prévenu a été transféré à la prison de Koléa. « Le 17 août 2016 je lui ai rendu visite et je l’ai trouvé comme une masse de chair enveloppée dans un tissu, inconscient au point de ne pas me reconnaître.

Lorsqu’il est revenu à la réalité, il n’a cessé de se plaindre du traitement inhumain dont il faisait l’objet. J’ai rendu public un communiqué dans lequel j’interpellais les autorités pour qu’elles réagissent avant qu’il ne soit trop tard (…). Au-delà du délit, s’il existe, la mort du journaliste en prison porte un sérieux coup à l’image du pays. Mais l’administration pénitentiaire a fait la sourde oreille. Elle a poursuivi l’exécution de la programmation de la fin du journaliste.»

Le 24 août, souligne Me Mechri, le frère de Mohamed Tamalt a informé les avocats du transfert du journaliste « inconscient» à l’hôpital Lamine Debaghine, à Bab El Oued. « Avec Me Amine Sidhoum, nous avons appelé Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Il réclame une enquête impartiale : L’avocat de Tamalt accuse
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair