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«Il n’y a pas de rationnement…»

Publié le 03/08/2017, par dans Non classé.

– Y a-t-il rationnement de l’eau potable ?

Il n’y a pas de rationnement. On n’a jamais rationné l’eau. Malheureusement, cette année, il y a une pénurie d’eau dans quelques wilayas. Plusieurs barrages sont à leur seuil critique de remplissage, c’est le cas du barrage Aïn Dalia situé sur le territoire de la wilaya de Souk Ahras qui alimente d’abord cette ville, puis Oum El Bouaghi et Tébessa. Nous avons un cumul de manques et d’insuffisance de précipitations enregistrés depuis quelques années.

Ce qui fait aussi que la nappe souterraine a beaucoup souffert cette année, et c’est ainsi que le débit des forages a diminué partout cette année et on l’a ressenti dans les wilayas de Khenchela, Tébessa, Souk Ahras, Bordj Bou Arréridj et Sétif. Le forage qui donnait 20 litres à la seconde ne donne plus que 10 ou 8 litres/seconde. Ceux qui donnaient 10 ou 8 litres/seconde ne donnent plus rien. Il ne faut pas oublier que d’un autre côté, nous avons des localités qui sont alimentées par des sources.

Et certaines d’entre elles se sont taries complètement en raison du recul des précipitations durant ces dernières années. Les populations alimentées en eau grâce aux forages ou aux sources vivent des perturbations. Ces raisons s’ajoutent au fait que la ressource est gérée par les services communaux dans 567 communes à travers le pays.

La même situation est subie par les agglomérations secondaires dont la gestion de l’eau est affectée aux communes alors que celle des chefs-lieux des communes est sous la tutelle de l’ADE. Il y a donc des perturbations générées par le manque de la ressource, qui s’ajoute au mode de gestion par les communes, faisant que même si l’eau est disponible, elle n’arrive pas au foyer du consommateur. Il n’y a donc pas de rationnement, puisque dès qu’elle est disponible, l’eau est aussitôt distribuée.

– Quelles sont les régions les plus affectéss par les difficultés d’approvisionnement en eau ?

L’est du pays et les Hauts-Plateaux sont les régions les plus touchées. L’Ouest, qui a connu des problèmes d’approvisionnement, n’est plus touché par ces difficultés grâce aux investissements de l’Etat dans la diversification de la ressource. Aujourd’hui, la plupart des wilayas de l’ouest sont alimentées par les barrages qui sont à un seuil de remplissage satisfaisant.

Elles sont également alimentées par les stations de dessalement de l’eau de mer et en eau souterraine. Le gestionnaire jongle donc entre ces trois sources et les adapte en fonction de la disponibilité. La gestion de l’eau est très simple donc dans les wilayas disposant de la diversification de la ressource.

Dans les régions ne disposant que de la ressource souterraine, dès que le débit des forages baisse, il y a interruption de la distribution, et c’est le cas pour plusieurs wilayas de l’est du pays dont celles que j’ai citées plus haut, ainsi que M’sila. Certaines perturbations sont dues également aux coupures d’électricité. Une coupure de courant d’une heure se répercute quelques heures après et pour une plus longue durée.

– Qu’en est-il des wilayas de Tizi Ouzou et de Blida qui connaissent des perturbations courantes ?

La complexité de la topographie des ces deux wilayas explique en partie les perturbations. Tizi Ouzou, par exemple, dispose du système d’alimentation en eau potable le plus compliqué avec des chaînes de pression qui dépassent les 60 bars avec 190 stations de pompage avec un réseau couvrant 1500 villages en dehors des centres-villes. Dans certaines localités, l’alimentation se fait à partir des sources. La ressource existe donc, mais c’est la gestion des installations au quotidien qui pose problème.

– A court terme, l’Algérie est-elle à l’abri du stress hydrique ?

Pour répondre à cette question, il faut voir ce qu’on a sur la table. Aujourd’hui, on commence à voir les résultats des différents investissements que l’Etat a consentis pratiquement sur 20 ans. Aujourd’hui, 73% de la population a accès à l’eau quotidiennement. Cela peut être H24 ou 18 heures ou 13 heures.

C’est un acquis dans un pays aride sur la majorité de son territoire et semi-aride sur la bande côtière. Je vous rappelle que selon la banque mondiale et les institutions spécialisés de l’Onu et autres organisations mondiales, tout pays dont la disponibilité en eau par an et par habitant est inférieure à de 1000 m3 est appelé à vivre le stress hydrique.

La disponibilité en Algérie est nettement inférieure en raison des facteurs climatiques (on est à 500 m3 par an par habitant). C’est pourquoi l’Etat a beaucoup investi dans le dessalement de l’eau de mer comme ressource alternative. Le dessalement a constitué la solution alternative pour les wilayas de l’ouest, de Chlef jusqu’à la frontière ouest.

C’est ce qui vient en complément des ressources déjà disponibles que constituent les barrages et les forages. 27% de la population qui n’a pas accès quotidiennement à l’eau va bénéficier des programmes actuellement en cours de réalisation que sont les grands transferts d’eau actuellement en cours, ce qui va régler définitivement le problème des perturbations d’alimentation en eau potable. C’est le cas de la wilaya de Bordj Bou Arréridj qui bénéficiera du transfert à partir du barrage de Tichihaf de la wilaya de Béjaïa et d’un autre transfert à partir du barrage de Tilsedit qui est en voie d’achèvement.

C’est le cas aussi de la wilaya de Sétif avec le grand projet de transfert d’eau à partir des barrages de la wilaya de Jijel. Ce projet sera salutaire pour les habitants de la wilaya de Sétif, ainsi que ceux de trois communes de Bordj Bou Arréridj. Il s’agit également du transfert d’eau à partir du barrage de Beni Haroun de la wilaya de M’sila qui soulagera 5 grandes villes de l’est du pays.

Cela va permettre d’alléger la charge sur le barrage de Aïn Dalia qui ne va alimenter à partir de l’année prochaine que Souk Ahras et Tébessa, puisque Oum El Bouaghi sera alimentée à partir du barrage de Beni Haroun. Je vous cite également le projet de chott El Gharbi pour le transfert d’eau à partir du nord de Naâma vers le sud de Tlemcen et Lire la suite

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