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«Il n’y a pas de clan au pouvoir mais des centres d’intérêts»

Publié le 19/03/2017, par dans Non classé.

A un mois et demi des élections législatives du 4 mai prochain, quel constat faites-vous de la situation générale du pays ?

La vision politique que l’on a aujourd’hui de l’Algérie est la même vision de l’époque du parti unique. C’est le même personnel politique, la même culture politique et la même vision politique ; c’est-à-dire un règne sans partage. Notre pays connaît une évolution exponentielle de sa jeunesse.

Ce qui oblige normalement le pouvoir à associer cette jeunesse et tous les acteurs politiques à la prise de décision. Ce n’est pas le cas ! Nous sommes dans un pays où la société civile n’est pas impliquée directement dans le combat pour les libertés et la démocratie. En bridant la société civile, c’est normal qu’il n’y ait pas d’interaction entre la société civile et la chose politique.

Pourquoi n’implique-t-on pas cette société, et pourquoi une telle marginalisation ?

On ne veut pas l’impliquer, nous avons une société qui évolue et un pouvoir politique qui régresse. Aujourd’hui, la culture politique ambiante dans le système actuel n’a pas changé. Le fait de dire que nous avons 80 partis politiques est-ce une preuve de démocratie ? Dire que nous avons 150 journaux est-ce également une preuve de démocratie ? Non, ceci n’est qu’un habillage.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans le parti unique, mais pire, nous sommes dans l’idée unique. Nous sommes dans un système où les institutions ne fonctionnent pas. La seule institution qui fonctionne et qui régénère le système politique est l’armée. La justice n’existe pas, elle est actionnée par le pouvoir politique. Nous avons un problème institutionnel.

Sommes-nous face à un pouvoir fort ou plutôt face à une société faible ?

Non, on ne peut pas dire que la société est faible dans la mesure où on ne lui donne pas les moyens de s’exprimer. Le système politique est dans une situation statique, il régresse alors que la société avance parce qu’elle maîtrise les nouvelles technologies. La société civile est étouffée. La loi sur les associations est faite pour limiter le champ d’action de ces dernières. La conjonction d’un Etat de droit avec la société civile pour défendre le citoyen et ses droits élémentaires n’existe pas.

Pourquoi ?

Parce qu’elle n’a pas les instruments adéquats. Avant, il y avait une élite qui a joué un rôle, ce qui permettait à la société de suivre et c’est à ce moment qu’interviennent des bouleversements et des changements, mais actuellement les élites, les académiciens sont effacés, ils ne jouent plus leur rôle d’avant-garde. L’Algérie vit une crise sur tous les plans et la crise économique que nous vivons aujourd’hui est la conséquence de la mauvaise gestion.

La crise est venue à partir du moment où le pouvoir a pris une décision politique de lier l’avenir des Algériens au prix du baril de pétrole. Nous avons un problème politique de fond. Il n’y a pas de volonté politique.

Aujourd’hui, trouvez-vous normal que l’on parle d’un cinquième mandat pour un Président malade ! ? Regardez, au lieu d’aller vers la révision de la Constitution, la limitation des mandats, la révision de la loi électoral, il aurait fallu, je l’ai proposé, mettre sur pied un contrat social et un gouvernement d’union national renfermant toutes les forces vives de la société et, par la suite, organiser des élections législatives.

Vous dites que l’on parle d’un cinquième mandat pour un Président malade. Pensez-vous qu’il y ait des clans au pouvoir ?

Non, il n’y a pas de clan. Il y a, selon moi, des cercles d’intérêts divergents, où chacun trouve son compte.

C’est un tableau noir que vous brossez là. Mais en dépit de tout cela, vous prenez part aux élections du 4 mai ?

Oui et je vous informe que je n’ai jamais boycotté une élection, qu’elle soit locale, présidentielle ou législative.

Pourquoi y participer si vous dites que rien n’a changé depuis le parti unique d’autant que vous affirmez qu’il n’y aura pas de changement et que les dés sont pipés ?

Je participe parce que je n’ai pas le choix, je n’ai pas d’autre pays. On ne me laisse pas le choix. Moi, je suis un militant, j’ai commencé à militer depuis l’époque du parti unique, et c’est là toute la différence. Je suis engagé politiquement. Je mène le seul combat qui mérite d’être mené, à savoir le combat pacifique. C’est une conviction profonde, c’est à travers les urnes que l’on peut trouver des solutions aux problèmes.

Vous dites que vous n’avez jamais raté un rendez-vous électoral, mais vous n’avez jamais de bonne note. Vous êtes toujours classé parmi les derniers. Pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Rien. Ce n’est pas de ma faute. Le problème réside dans le pouvoir politique que j’accuse de me priver de mes voix. Lorsque l’on me donne 0% des voix et on donne au Président 90% des voix, cela fait rigoler tout le monde. Il est révolu le temps où un candidat est élu à 90% des voix. Fini l’époque du parti unique. Pour moi, c’est le système électoral qui est obsolète. C’est le système électoral qui ne répond pas à toutes nos attentes, et qui est fait pour décourager les gens comme moi.

Mais le problème ne réside-t-il pas dans l’incapacité de votre parti à mobiliser les troupes ou tout simplement la population ne vote pas pour Ahd 54 ?

Non, désolé, ce n’est pas le citoyen qui ne vote pas pour moi, au contraire c’est le système électoral qui m’enlève mes voix, et ce, à travers le système des quotas. Même les partis au pouvoir, le FLN et le RND, reconnaissent aujourd’hui que le pouvoir a eu recours au système des quotas. Et également le vote des corps constitués, des militaires entre autres, a mis a nu la politique du pouvoir.

Je ne dis pas que je suis parfait. Pratiquement chaque semaine, je suis dans une wilaya. J’ai fait cela pendant des années. Je connais des endroits que certains hommes politiques ne connaissent pas. J’ai des militants et des sympathisants.

Pour les législatives, vous avez eu des difficultés pour la collecte des signatures ?

Oui, j’ai eu Lire la suite

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