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«Il n’y a aucune clause secrète, tout était clair»

Publié le 20/03/2017, par dans Non classé.

L’Algérie a célébré, hier, le 55e anniversaire de la fête de la Victoire. Une occasion pour l’historien et auteur Abdelmadjid Merdaci de revisiter les Accords d’Evain signés le 18 mars 1962 et le cessez-le-feu entré application le lendemain.
Des accords qui ont mis fin à huit ans de guerre et qui ont ouvert la voie à l’indépendance de l’Algérie. Lors d’une conférence-débat organisée à la librairie de l’ANEP Chaib Dzair, en présence de l’ancien ministre Ahcène Lamine Bechichi, des chercheurs en histoire et un public intéressé par le sujet, Abdelmadjid Merdaci a récusé l’idée de l’existence de clauses « secrètes» dans les Accords d’Evian, qui pourraient donner des privilèges à la France, notamment en ce qui concerne les expériences nucléaires dans le Sahara. M. Merdaci conforte ainsi les propos de Réda Malek, le témoin et l’acteur de premier plan des Accords d’Evian et ancien chef de gouvernement de 1993 à 1994. Pour cet historien, les Accords d’Evain étaient clairs et le contenu a été rendu public et publié. « Je confirme que rien n’a été caché ni sur les essais nucléaires ni sur la création de base militaire et que les clauses accordaient trois ans de délai à la France coloniale pour transférer ses expériences ailleurs, à la demande du général de Gaulle», explique M. Merdaci. Les Accords d’Evian, selon l’historien, sanctionnent la dimension éminemment politique de la résistance nationale conduite par le Front de libération nationale (FLN). C’est donc un événement significatif de notre lutte de libération nationale et un acte fondateur de notre souveraineté et de notre indépendance dès lors que la signature entre le Gouvernement provisoire de la République algérienne et le gouvernement de la France coloniale sous la présidence de Charles de Gaulle a mis fin à une longue guerre entre les belligérants. L’intervenant estime que l’Algérie a réinventé la médiatisation des conflits parce qu’il s’agit là du premier conflit.

« Le FLN a développé une stratégie médiatique tel qu’il a isolé la puissance française dans le concert des nations. Il a causé des problèmes à la France à l’échelle internationale. Ces accords et l’indépendance de l’Algérie ne sont pas un cadeau de la France», tranche M. Merdaci précisant que l’indépendance a été acquise au prix de souffrances et de sacrifices. « Les Algériens ont été violentés, torturés, tués. Tout cela fait partie de leur engagement, que ce soit un engagement structuré dans le cadre du FLN ou au sein de l’Armée de libération. Ils ont payé le lourd tribut de l’indépendance. C’est notre indépendance ! Elle est ce qu’elle est, mais c’est la nôtre. Nous avons le droit de connaître notre histoire», insiste M. Merdaci qui rend hommage à nos aînés qui ont combattu pour une Algérie indépendante.

En s’attardant justement sur la chronologie de ses pourparlers, Abdelmadjid Merdaci a précisé que la France coloniale durant ces négociations a voulu accorder l’indépendance au nord de l’Algérie, et de demeurer au sud du pays. Mais les responsables au sein du FLN avaient soumis le colonisateur à un bras de fer en refusant cette proposition, défendant avec fermeté l’intégrité du territoire algérien. La négociation a été menée par, dira-t-il, un éminent dirigeant et l’un des fondateurs du FLN, à savoir Krim Belkacem, ainsi que d’autres, à l’image de M’hamed Yazid, Lakhdar Bentoubal, Tayeb Boulahrouf, Réda Malek, le capitaine Khelaf et Mustapha Benouda. « ces personnalités étaient dignes de patriotisme, elles ont réussi, après d’âpres négociations avec la partie française, à mettre en échec les desseins de ceux qui voulaient un statut spécial du Sahara de l’Algérie», note M. Merdaci rappelant que nos combattants ont veillé à récupérer notre territoire jusqu’aux frontières. Le gouvernement de la France coloniale était contraint d’aller à la table des négociations avec les représentants légitimes des Algériens, malgré les tentatives de parasitage créées par le gouvernement français. Notons qu’un vibrant hommage a été rendu à Zohra Lalmania, de son vrai nom Fondanabel Léontine Georgette.
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