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«Il faut mettre en place plusieurs facteurs pour développer un environnement entrepreneurial faste»

Publié le 15/05/2016, par dans Non classé.

Quels sont les obstacles qui dissuadent la femme de s’imposer dans le monde de l’entrepreneuriat ?

L’important investissement financier, la crainte d’un manque de compétences et la peur de l’échec sont les freins que les femmes citent le plus fréquemment. S’ajoutent à cela les normes socioculturelles qui réduisent et limitent l’envie des femmes d’aller vers l’entrepreneuriat et la création de leur propre emploi, la complexité des procédures de création et d’enregistrement des entreprises pour les femmes entrepreneurs qui ne disposent pas de la formation et de l’information adéquates, la difficulté d’accès au financement et les conditions de crédit très peu avantageuses. Sans oublier l’accès insuffisant aux opportunités d’affaires à tous les niveaux, en raison d’une indisponibilité et d’une diffusion inadéquate ou insuffisante de l’information. De plus, le niveau d’éducation des femmes dans les régions isolées peut signifier qu’elles manquent d’expertise technique et managériale pour lancer et développer des entreprises viables.

Y a-t-il des indicateurs positifs ?

Bien sûr ! Malgré tous ces freins, il faut rester positif. Selon une étude menée conjointement avec la Bill & Melinda Gate Foundation et la Clinton Foundation, l’Algérie fait partie du classement et compterait 3% de femmes entrepreneurs. Certes, ce n’est pas le haut du classement, mais c’est exactement le même taux qu’en France ou encore au Japon. Un indice positif pour les Algériennes, qui doivent se débattre avec un climat des affaires souvent critiqué pour sa complexité administrative.

De plus, d’après les dernières études réalisées, l’Algérie aurait enregistré une augmentation de 33% de femmes d’affaires et entrepreneurs au cours des dix dernières années. Un taux important, mais qui reste insuffisant par rapport au potentiel de femmes diplômées.
Ainsi, pour avoir un environnement entrepreneurial faste, indispensable et pour les femmes et pour les hommes entrepreneurs, il serait utile d’avoir plusieurs facteurs et éléments mis en place.

Pouvez-vous nous en citer quelques-uns ?

Il faut, en premier lieu, élaborer une politique publique entrepreneuriale au profit des femmes, améliorer les dispositifs institutionnels et réglementaires de création d’entreprise, mettre en œuvre des politiques fiscales qui tiennent compte des questions de genre et des besoins des femmes entrepreneurs et permettre une meilleure accessibilité des femmes aux services de l’administration publique au niveau des structures d’appui à la création d’entreprise à travers un couloir vert constitué, à titre d’exemple, de l’Ansej, le FGAR l’Angem, la CNAC, l’Anvredet et bien d’autres. Il est aussi important de négocier avec les collectivités locales des quotas pour une meilleure participation des femmes entrepreneurs dans les projets structurants régionaux.

Sans oublier la formation, qui reste un besoin crucial étant donné qu’elle permet d’accéder à l’information, à la connaissance et à la maîtrise des métiers. Cette formation doit être utile, que ce soit au niveau local et régional, respectant sa spécificité et consolidée par le conseil et le coaching aux aspects managériaux. Il faut aussi permettre à la femme entrepreneur de se hisser au niveau international aussi bien sur le plan visibilité que sur le plan des marchés et autres, l’inciter et la sensibiliser à rester maîtresse de sa création en l’engageant à aller vers la protection de la propriété intellectuelle et industrielle. Il est utile aussi de mettre en place des indicateurs permettant de mesurer le taux d’avancement de la femme entrepreneur et de définir les zones d’obstacles afin d’y remédier.

Il est également indispensable d’impliquer des organes internationaux, comme la BAD qui accompagne le Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes, créer un fonds national de la promotion des projets de création d’entreprise pour les femmes entrepreneurs afin de les aider à mettre en place et financer leurs projets ainsi que créer et renforcer l’incubation spécifique aux femmes entrepreneurs et promouvoir l’information pour le développement.

La création d’un réseau autour de la question entrepreneuriale féminine et sa prise en charge s’avèrent aussi une nécessité. Un FCE féminin, pourquoi pas ? Lire la suite

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