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«Il faut faire renaître l’esprit de 1980»

Publié le 20/04/2016, par dans Non classé.

Saïd Kellil, infatigable militant politique et animateur du mouvement berbère, répond aux questions d’El Watan avec sa légendaire humilité.
– D’anciens militants de la cause amazighe se retrouvent pour des témoignages communs. Un commentaire…

Sur le plan personnel, je ressens de l’émotion, car se retrouver dans cette université après des années de séparation est émouvant. Nous avons partagé des moments de solidarité pendant des années pour un idéal que nous avons porté à bout de bras. Sur le plan politique, ce sont différents courants et tendances qui se retrouvent pour faire renaître l’esprit de 1980, qui se caractérise par une large diversité au service des idéaux de liberté, des droits et de démocratie.

– Se dirige-t-on alors vers la construction d’un mouvement ?

Non, pas à ma connaissance. En tout cas, pour étouffer une initiative, il faut la mettre dans une structure. Notre démarche est la consécration de l’union, rester à l’écoute des uns et des autres. L’histoire n’est jamais écrite d’avance. C’est l’action sur le terrain qui définira les moyens de lutte. Nous devons nous adapter aux mutations sociales.

– Le pouvoir fait du 20 Avril une journée festive. Quelle est votre appréciation ?

C’est une source de motivation pour nous redéployer sur le terrain afin d’éviter toute forme de récupération de ce symbole sacré de la Kabylie. Notre message lors de nos rencontres avec la population est le maintien du débat, la poursuite du combat et, à ce stade, c’est tout ce que nous pouvons faire, car le pays est en crise et l’environnement géopolitique ne prête pas à l’optimisme.

– Le MAK célèbre également le 20 Avril. Votre avis sur ce mouvement séparatiste ?

Franchement, je ne partage pas cette option d’autodétermination. En 1979 au FFS, on avait proposé le projet de régionalisation, une autonomie régionale, car l’Etat dans sa forme est obsolète. Il ne peut pas répondre aux complexités de la société. Il fallait s’inspirer de notre histoire. L’Algérie était divisée en régions pendant la guerre de Libération.

Alors, il m’est difficile de concevoir un projet séparatiste. D’un autre côté, l’absence de démocratie, les fuites en avant de ce régime autiste alimentent tous les extrémismes et travaillent pour ce genre de mouvement. Le MAK, en termes d’activisme, est en tout cas le mouvement le plus en vue. Son ancrage sur le terrain est réel. Lire la suite

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