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«Il faut faire la différence entre l’obligation de réserve et le secret professionnel»

Publié le 15/06/2016, par dans Non classé.

– Un projet de loi visant à faire taire les officiers supérieurs à la retraite a été discuté lors du dernier Conseil des ministres. Il rappelle l’obligation de réserve en tout lieu et en toutes circonstances. Qu’en pensez-vous, vous qui intervenez régulièrement dans les médias sur des sujets politiques et apportez votre expertise sur des questions sécuritaires et autres ?

Permettez-moi d’abord de vous donner une définition du droit de réserve. Le droit de réserve désigne les restrictions de liberté d’expression que peuvent avoir les militaires, les magistrats, les policiers et certains hauts fonctionnaires en application du principe de neutralité et d’impartialité.

A mon avis, le droit de réserve n’est pas éternel, cette obligation de réserve ne saurait être conçue comme une interdiction à vie pour l’officier dans l’exercice de ses droits élémentaires de citoyen. Il ne faut pas confondre le droit de réserve et le secret professionnel (la discrétion professionnelle). Pour le premier, on le récupère une fois mis à la retraite, mais en ce qui concerne le deuxième, les fonctionnaires (officiers supérieurs) doivent faire preuve de discrétion (secret) professionnelle pour les faits, informations, documents et missions accomplies durant leur carrière ou dont ils ont eu connaissance dans l’exercice de leurs fonctions, et ce, à vie.

Nombreux sont les officiers supérieurs du rang de général qui ont bafoué cette règle et, par voie de presse, divulgué des secrets professionnels graves et porté atteinte à l’institution et à ses valeureux cadres. Au lieu de s’en prendre à l’institution militaire qui réalise des résultats impressionnants pour protéger notre pays et le mettre en sécurité de toute tentative de déstabilisation — grâce aux sacrifices et aux efforts consentis par l’ensemble des personnels de notre armée —, je les invite à donner des analyses militaires et géostratégiques sur la situation que traversent notre pays et les pays voisins ainsi que sur les questions d’ordre international.

– « Tout manquement à ce devoir de nature à porter atteinte à l’honneur et au respect dus aux institutions de l’Etat peut faire l’objet : de retrait de la médaille d’honneur, de plainte à l’initiative des autorités publiques auprès des juridictions compétentes, conformément aux dispositions légales en vigueur, de la rétrogradation dans le grade.» C’est ce qu’annonce globalement le projet de loi en question. Il y a réellement une volonté de réduire les officiers supérieurs à la retraite au silence…

En tant que bon citoyen, je dois respecter les institutions de mon pays ainsi que les symboles de l’Etat. Un citoyen digne ne portera jamais atteinte à l’honneur des institutions. Donc, si on prend en considération cette valeur, à mon avis, la volonté de réduire les officiers supérieurs à la retraite au silence n’aura jamais lieu. A condition bien sûr que tous les intervenants s’abstiennent et ne divulguent aucun secret professionnel qui pourrait éventuellement nuire à la notoriété de l’institution.

En toute sincérité, après plus de trois années d’activité médiatique et politique, à aucun moment je n’ai été rappelé à l’ordre. Mon devoir étant d’éclairer l’opinion publique à travers des analyses sur des sujets d’ordres sécuritaire et militaire.
Pour les sanctions, je suis entièrement d’accord que le haut commandement prenne des mesures pour que les secrets professionnels ne soient plus étalés sur la place publique.

– Qu’allez-vous faire face à cette volonté de vous dénier le droit d’intervenir sur des questions qui touchent à la vie politique du pays ?

Que dois-je faire ? Je continue à faire mon devoir de citoyen algérien : donner mon avis sur n’importe quelle question et en toute objectivité, sans porter atteinte ni aux personnes ni aux institutions de mon pays. Je continue à éclairer l’opinion publique par mes analyses dans le domaine militaire et sécuritaire ; je continue à défendre les valeurs de la République et l’institution militaire qui m’a donné cette envergure.

Et à ceux qui veulent porter atteinte à notre armée, je dis que l’institution militaire est sur la bonne voie et mille fois meilleure que celle des années 1980 et 1990 sur tous les plans : formation, dotation et équipement, stabilité, discipline, montée en puissance…

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