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«Il est important que l’Algérie reste stable et prospère»

Publié le 25/01/2017, par dans Non classé.

L’ambassadrice des Etats-Unis à Alger, Joan A. Polaschik, connaît bien le Moyen-Orient et le Maghreb. Avant d’être nommée à Alger en août 2014, elle a été chef de mission adjointe à l’ambassade américaine de Tripoli (2009 à 2012). A l’occasion de sa visite, lundi, dans la wilaya de Béjaïa, elle fait le point sur les relations algéro-américaines.
– Vous venez de visiter une école de langues qui propose un programme d’apprentissage de l’anglais financé par le département d’Etat. A cette occasion, pouvez-vous nous faire le point sur la coopération entre l’Algérie et votre pays dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur ?

Je suis venue à Béjaïa pour assister, entre autres, à la cérémonie de remise de diplômes aux élèves ayant participé à notre programme éducatif Access, qui propose l’apprentissage de la langue anglaise. Ce programme vise des jeunes ayant de 14 à 16 ans. Ce programme ne comprend pas uniquement des cours d’anglais, il inclut aussi des matières enseignées dans le système éducatif américain et renferme des ateliers destinés à développer la capacité à travailler en groupe et le leadership.

Ces matières sont nécessaires pour réussir dans le monde d’aujourd’hui. Access est l’outil de base de notre engagement dans l’éducation en Algérie. Nous envoyons par ailleurs des jeunes aux Etats-unis pour approfondir leur formation et leurs connaissances.

– Les universités américaines sont-elles ouvertes aux étudiants algériens ?

Au niveau de l’enseignement supérieur, nous disposons d’un programme de jumelage entre l’université de journalisme d’Alger et celle du Missouri. Actuellement, l’université du Missouri est en train de négocier avec le ministère de l’Enseignement supérieur algérien autant sur la pérennité que la concrétisation de ce programme qui est parrainé par l’ambassade américaine. Quant au nombre d’étudiants algériens dans les universités américaines, malheureusement il n’y en a pas beaucoup. L’an dernier, quelque 157 étudiants algériens étaient inscrits dans nos universités.

– Pourquoi, selon vous ?

Je crois qu’il y a plusieurs raisons à cela. Avant, on se plaignait du problème de la langue. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’université algérienne forme des anglophones qui partent terminer leurs études à l’étranger grâce, entre autres, aux bourses délivrées par les universités elles-mêmes. Il me semble que c’est plutôt une question de moyens financiers, car aux Etats-Unis, contrairement au système universitaire algérien qui est gratuit, les études coûtent cher.

Néanmoins, nous avons mis à la disposition des Algériens désireux de s’inscrire dans des universités américaines un centre appelé Education USA au sein de l’ambassade, où un conseiller est chargé de les recevoir et de leur prodiguer une assistance lors de leur processus d’inscription. Le but est de les aider à trouver des universités aux Etats-unis.

– Plus généralement, dans quels domaines la coopération algéro-américaine est la plus prometteuse ?

La coopération algéro-américaine est basée depuis longtemps sur les hydrocarbures. Mais depuis la chute des prix du pétrole, tous les producteurs de gaz et de pétrole dont l’Algérie se sont vu dans l’obligation de changer leur modèle économique.

A ce propos, nous sommes prêts à accompagner les efforts de l’Algérie dans sa démarche qui consiste à diversifier son économie. Et il y a plus d’un domaine dans lesquels nous pouvons investir. Par exemple, ici à Béjaïa, après avoir visité la région et discuté avec les autorités ainsi qu’avec quelques opérateurs économiques, je pense que l’avenir de cette région est le secteur agricole et agroalimentaire.

Au plan national, nous sommes en négociation avec le gouvernement algérien pour obtenir un certificat afin d’importer des bovins américains. Nous savons que la question de l’autosuffisance de l’Algérie dans le domaine de l’industrie laitière est l’un des plus importants chantiers du gouvernement algérien. Les Etats-unis, leaders mondiaux dans le domaine agricole, possèdent une technologie dans ce secteur qui peut profiter à l’Algérie et l’aider à atteindre ses objectifs.

A ce titre, nous attendons également avec intérêt les opportunités d’investissement dans d’autres secteurs. Le gouvernement algérien s’attelle, je crois, à préparer des appels d’offres dans le domaine des énergies renouvelables, des TIC et de l’industrie pharmaceutique. Cela nous intéresse évidemment, d’autant plus que beaucoup de nos sociétés disposant d’une technologie de pointe veulent travailler en Algérie.

– Comment évaluez-vous les relations algéro-américaines ?

L’Algérie est un partenaire très important pour nous. C’est pourquoi il est nécessaire que votre pays reste stable, avec une grande prospérité. L’Algérie a accompli de belles choses dans la région, où nous sommes en coopération dans le domaine de la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme et la promotion de la paix dans les pays voisins. Sur ce plan, je pense que l’Algérie a la même vision que les Etats-Unis, celle d’avoir les pays voisins stables avec des institutions fortes et opérationnelles.

– Justement, comment percevez-vous les différentes initiatives prises par l’Algérie pour éteindre ces foyers de tension en Libye, au Sahara occidental et au Mali ?

Nous sommes reconnaissants de tout ce que fait l’Algérie pour promouvoir la paix dans la région. Elle a consenti des efforts énormes pour l’aboutissement du processus de paix au Mali. Elle est également très dynamique sur le dossier libyen en vue d’arriver à une solution politique, car la stabilité de ces pays est importante pour la région. Lire la suite

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