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Il défendait les droits des chômeurs

Publié le 02/03/2016, par dans Non classé.

Il fut le porte-voix des chômeurs et président d’une association qui semait les grains de l’espoir dans une période où l’Algérie était à feu et à sang.
Natif de Naciria, à 40 km à l’est de Boumerdès, Mohamed Bouharra (31 ans) était un militant infatigable de la démocratie qui a résisté et combattu vaillamment le terrorisme islamiste, jusqu’au jour où un commando du GIA eut raison de sa vie et de son engagement, un certain 25 février 1995. Enlevé de la maison familiale au village Bouassem, Mohamed fut assassiné et décapité par ses bourreaux trois jours plus tard. Sa tête a été déposée à une centaine de mètres de la mosquée du chef-lieu communal. Le jour même, les terroristes avaient fait exploser une bombe au bloc pédagogique du lycée du chef-lieu. Le lendemain, ils enlevèrent Khouni Amirouche, qui y assurait le gardiennage. Ce dernier connut le même sort que celui réservé à ses concitoyens Yahia Haddadou, Baghdadi Brahim, Saïd Hamiche, Haroun Rezki, Negad Karim, Mouloud Haddadi, Mouhab Amar, Mohamed Kadi… la liste des victimes de la bête immonde au niveau local est très longue.

Né en 1964, Mohamed Bouharra était de tous les combats pour le progrès et la démocratie. Après des études secondaires, il adhéra au PAGS où il a affûté ses armes de militant épris de valeurs humanistes. « Mohamed était aimé de tous. Il était quelqu’un de très modeste et plus attentif aux préoccupations des concitoyens. En 1989, il créa une association de promotion de la jeunesse et de l’emploi en organisant plusieurs activités culturelles et des marches contre le chômage», se souvient Hakim, un de ses amis d’enfance.

Quelques semaines avant son assassinat, Mohamed se préparait avec d’autres citoyens à mettre en place la première cellule de résistance armée contre les terroristes dans sa localité natale. En février 1995, l’Algérie était dans une situation chaotique. Cette période fut marquée par la flambée de la violence et l’échec du dialogue entre le pouvoir et les dirigeants du FIS. A cela s’ajoutent la rencontre de Sant’Egidio à Rome, la prise d’otages de l’Airbus d’Air France à l’aéroport Houari Boumediène et l’attentat à la bombe perpétré au boulevard Amirouche, à Alger, faisant 42 morts et 286 blessés. Issu d’une famille pauvre, le jeune Bouharra ne rata aucune occasion pour venir en aide aux démunis et aux couches fragilisées de la société.

« Malgré la menace terroriste, il a encouragé plusieurs femmes à intégrer le monde du travail. Il les incitait à s’organiser pour s’émanciper en mettant le siège de l’association à leur disposition», se souvient sa sœur Djamila, les larmes aux yeux. Le défunt aida également de nombreux jeunes de la région à se lancer dans l’apiculture et à sortir du spectre du chômage. Vingt-un ans après son assassinat, sa famille réclame toujours réparation. Les maquis de Sidi Ali Bounab, qui avaient abrité les sbires du GIA, puis leurs acolytes du GSPC d’Aqmi, seraient nettoyés. Mais les idées ayant plongé le pays dans les ténèbres sont toujours là, accentuant le drame de la famille Bouharra et des autres victimes du terrorisme. Un drame qui tend à perpétuer à cause du déni de justice, l’emprise qu’ont « les gardiens de la morale» sur la société et la culture de l’oubli. Lire la suite

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