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Huguette Marie-Louise Lenoble-Idir : La maquisarde de la wilaya VII

Publié le 19/03/2017, par dans Non classé.

Une semaine après l’enterrement de la moudjahida Djamila Amrane-Minne, le 12 février dernier au cimetière Sidi M’hamed Amokrane de Béjaïa, le même endroit a accueilli la dépouille d’une autre moudjahida d’origine française qui avait l’Algérie dans le cœur.
Son nom n’évoque peut être rien pour beaucoup d’entre nous, mais pour ceux qui connaissent le sens du sacrifice, elle était une dame d’une grande valeur à qui on doit respect et admiration. Huguette Marie-Louise Lenoble-Idir fait partie de ces Français et Françaises qui, dans l’anonymat et avec une totale abnégation, avaient choisi de servir la cause algérienne au lieu de cautionner l’infamie colonialiste. Bravant l’adversité et le qu’en-dira-t-on de sa famille et des siens, elle s’engage résolument dans la lutte pour la libération de l’Algérie sur le front ouvert par le FLN en France. Dans la wilaya VII historique, elle transporte des colis, collecte les cotisations et exécute sans les discuter toutes sortes d’ordres pour le compte du FLN. Le 30 juillet 1930 naît Huguette d’une famille ouvrière pauvre, à Compiègne, dans le département de l’Oise.

Sa relation avec le FLN commence lorsqu’elle fit connaissance avec Mohand Idir, ouvrier en France, à partir de 1955, qui deviendra son époux pour le restant de sa vie. Une liaison qui n’était pas du goût de sa famille. Le couple se rencontre sur son lieu de travail ; elle était agent polyvalent et, lui, manœuvre dans une gare ferroviaire. En se liant à cet immigré originaire de Béjaïa, chassé d’Algérie par la misère et venu gagner sa pitance dans le pays du colonisateur, Huguette se lie par la même occasion à la cause algérienne. « Comme moi, Huguette était issue d’une famille pauvre. On avait vécu en ménage, puis dans la légalité. J’ai adhéré au FLN à partir de 1956, soit juste après le Congrès de la Soummam et la décision d’exporter la Révolution sur le sol français. Huguette payait ses cotisations normalement», relate Mohand Idir, qui s’est déplacé à notre bureau régional dans le but, dit-il, « de raconter, à travers l’histoire de ma défunte épouse, celle de ces anonymes d’origine française qui ont aidé les Algériens à s’émanciper du colonialisme».

A partir de 1958, l’étau se resserre sur les militants de la Fédération de France sous la répression féroce de Maurice Papon de sinistre mémoire. La police française voulait couper les maquis intérieurs du FLN des ressources qui leur provenaient de la Wilaya VII. « C’est alors que des militants du FLN, Bouzouina Abdellah, Aït Addi Slimane et un certain Ravah Casquette, nous ont approchés, moi et Huguette. Ils voulaient l’enrôler car avec la pression exercée sur les militants de la Fédération à l’époque, les responsables avaient décidé de recruter des femmes, surtout des Françaises amies de l’Algérie, pour le transport des colis, la collecte des cotisations, le renseignement,… Sans hésitation aucune, Huguette avait dit oui», se souvient son mari. Mohand Idir n’a été mis dans le détail des activités militantes de sa femme qu’une fois la guerre finie. Ce qui témoigne de la force de l’engagement et de la rectitude de la moudjahida.

En 1963, Huguette entre en Algérie, munie d’une attestation de militante délivrée par la Fédération de France du FLN – signée de la main d’un certain Djilali – et obtient la nationalité algérienne. Elle rejoint son mari, qui était rentré deux ans plus tôt avec 1500 compatriotes, expulsés de France dans le sillage des massacres du 17 Octobre 1961, puis emprisonnés pendant trois mois à Sétif. En dépit de ses origines et du contexte de l’époque, Huguette réussit à se faire accepter par la famille de son mari et ses nouveaux compatriotes. Elle avait appris le kabyle et embrassé la religion musulmane. En 1992, c’est la famille révolutionnaire qui lui ouvre les bras, lui reconnaissant à elle et son mari le statut de moudjahida et de moudjahid.

Huguette vivra aux côtés de son mari dans le quartier Sidi Touati, juste aux pieds de Yemma Gouraya, jusqu’à sa disparition en février dernier à l’âge de 84 ans. Son enterrement a eu lieu avec tous les honneurs qu’on réserve aux moudjahidine, en présence de la famille révolutionnaire et de centaines de personnes venues l’accompagner à sa dernière demeure. Lire la suite

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