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Hommage aux militants de la cause amazighe

Publié le 14/01/2018, par dans Non classé.

La célébration de Yennayer, qui a battu son plein en Kabylie, a été aussi un rendez-vous d’hommage à des noms qui ont marqué de leur empreinte la cause identitaire amazighe.
Dans la nuit du jeudi 11 janvier, un groupe de militants a allumé des bougies sur la place de la Liberté d’expression Saïd Mekbel. Le rassemblement symbolique, qui a regroupé une quinzaine de militants associatifs par une nuit pluvieuse, a été organisé pour rappeler le sacrifice des militants de la cause berbère qui, depuis des générations, ont permis d’aboutir à la proclamation de Yennayer journée de fête nationale et officielle.

L’objectif était de dire que rien n’est donné et que tout a été arraché de haute lutte.
Le lendemain, dans la même ville de Béjaïa, une autre rencontre d’hommage a réuni du monde autour d’une conférence célébrant Yennayer, animée par l’anthropologue Ali Sayad et l’infatigable militant Mohand Sadek Akrour. La rencontre était un hommage à feu Yahia Hammouche, un militant qui s’est consacré corps et âme pour les causes justes, dont celle de l’identité amazighe qui lui était chère. Pour perpétuer une tradition sacrée pour Yahia Hammouche, jusqu’à ce qu’il ait tiré sa révérence le 8 décembre 2016, sa famille a organisé le dîner de Yennayer juste après la tenue de la conférence.

Des artistes, comme Rabah Inesliyen, des journalistes, des militants de tout bord, dont Djamel Zenati, des amis du défunt… ont répondu à l’invitation pour rendre hommage à un homme « sensible et philanthrope», pour reprendre les mots de Ali Sayad, qui a présenté une communication sur Yennayer dans l’histoire et l’imaginaire collectif des Imazighene. Ali Sayad, l’élève de Mouloud Mammeri, comme l’a présenté notre collègue Hacen Ouali, qui a modéré les débats, considère que l’Etat, tout en reconnaissant Yennayer fête officielle, a fait dans « la récupération et la folklorisation». Yennayer fête nationale n’est, en cela, pas la station finale d’un combat. Sadek Akrour estime, qu’à ce stade, le combat est à ses 60% d’avancement, le reste étant à mener encore contre l’idéologie de « l’arabisme».

Economiste de formation, il est convaincu que la valorisation de la langue et du patrimoine berbères ne viendra que de l’économie, donnant l’exemple du chinois dont la force économique du pays a imposé la nécessité d’étudier cette langue. Sadek Akrour défend, arguments et preuves historiques à l’appui, que Yennayer débute le 14 janvier et non le 12. « N’ajoutez pas une nuit de doute pour Yennayer», recommande-t-il, appelant à s’attacher à l’aspect agraire de ce rendez-vous. Dans des positions toujours tranchées qu’on lui connaît, Akrour n’émet aucune hésitation à défendre la transcription de la langue amazighe par le tifinagh et rejeter l’option des caractères latins qui, pour lui, « ouvre une brèche» pour les adeptes des caractères arabes. Un choix que ne partage pas Ali Sayad qui considère que le tifinagh nous installera dans le folklore.
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