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Héritage politique de Hocine Aït Ahmed

Publié le 23/12/2016, par dans Non classé.

Quelques jours nous séparent du premier anniversaire de la disparition de Hocine Aït Ahmed, grande figure de la Révolution algérienne et leader de la lutte pour la démocratie.
Da L’Hocine a, en effet, consacré toute sa vie au peuple algérien, pour lui redonner sa dignité, en l’extrayant du joug colonialiste, puis en tentant de lui obtenir une pleine citoyenneté, à travers le droit légitime de participer à la gestion de son pays. Durant la période d’occupation française, Aït Ahmed a pris la décision d’abandonner sa scolarité à l’âge où on pense généralement à étudier et à s’amuser, pour se consacrer à la Révolution, au sein de laquelle il assuma très jeune de grandes responsabilités.

C’est ainsi qu’il fut l’un des animateurs principaux du déclenchement de la lutte armée, à travers l’Organisation secrète (OS) dont il présida aux destinées à seulement 22 ans. Il fut également l’artisan de la première diplomatie qui a su convaincre les puissances mondiales de la justesse de la lutte pour l’indépendance, à travers notamment sa brillante intervention à Bandung, lors de la conférence d’avril 1955. Il a été aussi l’initiateur de la création du GPRA, prélude d’un Etat algérien, afin de mieux assoir la diplomatie révolutionnaire du peuple algérien et de bénéficier des soutiens politiques à la lutte armée engagée depuis le 1er Novembre 1954.

Au lendemain de l’indépendance acquise au prix d’un énorme sacrifice de la population, Hocine Aït Ahmed siégea dans la première Assemblée nationale, en tant qu’élu du peuple, pour défendre les engagements de la Révolution et permettre aux Algériens de retrouver leur pleine citoyenneté. Les dérives autoritaires des premiers dirigeants de l’Algérie indépendante ont poussé Da L’Hocine et un certain nombre de compagnons de lutte, à la rébellion qui a malheureusement coûté la vie à quelques centaines de patriotes qui avaient pourtant pu survivre à la guerre contre le colonialisme français.

Ce drame que personne ne pouvait s’imaginer au moment du déclenchement de la lutte contre l’occupant étranger et le refus de cautionner un régime politique basé sur la pensée unique et le diktat militaire ont poussé Hocine Aït Ahmed à l’exil d’un pays auquel il avait pourtant consacré l’essentiel de sa vie. N’étant pas du genre à se mettre en retrait de ce qui se passe dans le pays et à profiter « d’une meilleure vie ailleurs», Si L’Hocine a commencé alors à organiser une opposition forcément clandestine, à travers le FFS créé en septembre 1963 et dont la tentative d’accord avec le pouvoir le 16 juin 1965 avait malheureusement échoué, en raison de l’entêtement d’un système consacré par le coup d’Etat du 19 juin 1965.

Les événements d’Octobre 1988, dont l’origine reste floue, ont forcé les dirigeants du pays à engager un « pluralisme politique» qui a permis un retour à la fois triomphal et historique de Hocine Aït Ahmed le 15 décembre 1989. Ce dernier avait voulu contribuer à la construction d’un Etat démocratique, conforme à l’idéal de la Révolution menée à partir du 1er Novembre 1954 et conforté par le Congrès de la Soummam en 1956. La gestion malsaine de cette « ouverture politique» a, hélas, failli entraîner une déflagration du pays, à travers une guerre civile qui a coûté la vie à quelque 200 000 citoyens et une barbarie qui restera une tache indélébile dans l’histoire de l’Algérie indépendante.

L’interruption du processus électoral le 11 janvier 1992, puis l’assassinat de Mohamed Boudiaf le 29 juin de la même année, ont fini par convaincre Si El Hocine à un nouvel exil, laissant derrière lui un FFS qu’il avait pourtant redynamisé, avec de jeunes militants qui s’étaient imprégnés de sa longue expérience et de sa capacité pédagogique à transmettre des idées d’un véritable projet démocratique pour le pays.

J’ai eu personnellement le privilège de militer auprès de ce grand homme, durant la période de sa présence en Algérie, découvrant une personnalité d’une sensibilité profonde et d’une simplicité qui nous avait permis de nous familiariser avec la vie politique, sur des bases démocratiques. Son absence du territoire national, après la tragique disparition de son compagnon de lutte qui avait été porté à la tête du HCE, suite à la démission du président Chadli Bendjedid, a largement contribué au dysfonctionnement des structures du FFS, occasionnant malheureusement de nombreux départs de cadres militants sincères et compétents, favorisés souvent par des luttes d’ambition.

La récente information rapportée par la presse, d’une nouvelle crise au sommet du parti et touchant en particulier un ancien cadre que j’ai connu sincère et compétent, ne va pas dans l’intérêt d’une formation politique respectable, qui mériterait plutôt de voir renforcés ses rangs, pour faire face aux importantes échéances qui attendent le pays. Certes, le grief retenu contre le Dr Rachid Halet pourrait être interprété comme une maladresse sans plus de ce dernier, compte tenu de l’impact médiatique que le propos allait susciter.

Prendre une sanction grave pour ce motif serait, de mon point de vue, une faute politique sérieuse, car elle serait davantage exploitée au plan médiatique, ce qui gênerait la crédibilité du parti. J’ai eu l’honneur, à la demande du premier responsable du FFS et suite à l’élection par le troisième congrès, de présider la commission nationale de discipline du parti. Avec les camarades composant la commission, nous avions pris la lourde mais digne responsabilité de nous opposer à la direction de l’époque, en refusant d’exclure huit députés qui avaient manifesté, à l’intérieur des structures du parti, un désaveu d’une ligne politique adoptée par la direction du FFS.

Nous avions, à l’époque, jugé en notre âme et conscience, qu’il fallait respecter le droit des militants d’exprimer librement leurs divergences, à l’intérieur des instances du parti. C’était un droit fondamental que défendait le plus vieux parti d’opposition, qui se devait donc de donner l’exemple. Malheureusement, l’absence physique de Hocine Aït Ahmed avait été exploitée par certains, dans le but d’avoir la voie libre pour leurs ambitions personnelles. Je crains, malheureusement, que les mêmes raisons soient à l’origine des crises itératives du FFS.

La disparition du leader charismatique du plus vieux parti d’opposition, dont le premier anniversaire sera commémoré dans quelques jours, Lire la suite

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