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Hausse des prix et pratiques illicites

Publié le 02/03/2017, par dans Non classé.

Des hausses de prix jamais atteintes touchent certains produits de large consommation. Chaque intervenant dans le circuit applique
son prix avant que le produit n’atteigne le consommateur.
Les prix de certains produits ont connu une hausse vertigineuse jamais inégalée. L’Association de protection du consommateur (Apoce) affirme détenir des factures pro forma récentes pour l’achat de produits importés. Ces documents montrent la hausse des prix appliquée par les différents intervenants (importateurs, mandataires, détaillants) avant que le produit n’arrive chez le consommateur. « Le prix de l’ail livré aux mandataires par les importateurs se situe entre 230 et 250 DA/kg.

Donc, à tout casser, le produit doit arriver chez le consommateur à un prix n’excédant pas 300 DA. Les prix actuels (1500 DA et plus) sont trop exagérés», s’indigne le président de l’Apoce, Mustapha Zebdi. Il affirme avoir tenu compte dans son calcul des différentes charges (transport, 6% de l’importateur, marges bénéficiaires, etc.) La production nationale de ce condiment couvrirait à peine 30% des besoins internes.

Le consommateur algérien recourt au produit importé de Chine, premier fournisseur mondial (82%), suivi de l’Inde et de l’Egypte en Afrique. « La production nationale est estimée à 60 000 tonnes. Elle est localisée principalement dans les régions de Skikda, Teleghma, Chelghoum Laïd et même Médéa. Les pouvoirs publics ont privilégié l’importation aux dépens du produit local, d’où le désintérêt des agriculteurs qui ont subi des pertes dues à la chute des prix. En plus, il y a de la spéculation sur le produit importé», regrette le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), Hadj Tahar Boulenouar.

Ressentie par les ménages depuis fin 2016, la hausse du prix de ce condiment a touché aussi bien la marchandise importée que la production locale. « La marchandise importée, très importante (80%), est vendue entre 1400 et 1600 DA/kg, alors que l’ail local est cédé à 180 ou 200 DA/kg. Cette hausse est due à une flambée des prix sur le marché mondial (contestée par l’Apoce, ndlr), mais ce n’est pas la seule explication. La production locale ne répond pas aux besoins», relève M. Boulenouar.

Pour le représentant des commerçants de gros des Eucalyptus (Alger), Mohamed Medjber, les dernières intempéries ont saccagé la production locale déjà très réduite. « L’ail n’est pas stocké comme les autres produits dans des chambres froides. C’est comme l’oignon, donc facilement périssable. Les pertes sont de l’ordre de 40 à 50%», estime-t-il, rassurant sur une baisse des prix à partir de la mi-mars avec l’entrée sur le marché de quantités produites localement.

La pomme à 100 DA !

Les mêmes pratiques sur la hausse des produits importés ont touché la pomme. Une facture pro forma d’une société installée (Sarl RedLove) en France détenue par l’Apoce montre que le prix d’achat du produit est fixé entre 0,25 et 0,28 euro/kg (27 février 2017). « Selon nos calculs, le prix chez le mandataire (grossiste) ne devra pas excéder 60 DA. En tenant compte des différentes charges, le consommateur aurait dû acheter la pomme à seulement 100 DA/kg», précise Zebdi.

L’Apoce met en cause la réduction du nombre d’importateurs, provoquant le monopole et la spéculation. « 170 importateurs détenaient des licences d’importation de la banane et de la pomme. Ce nombre a été réduit par le ministère de l’Agriculture, mais certains ont pu continuer tout de même à importer en sous-main, ce qui a provoqué la révolte des opérateurs en septembre 2016. Une décision a été prise alors à cette date pour tout arrêter. Il y a actuellement 2 à 3 importateurs dans cette filière.

La flambée s’explique par l’absence de concurrence», estime M. Zebdi qui déplore une absence de « volonté» forte pour « réguler» le secteur. L’absence d’un plan de culture national, la désorganisation du système de régulation de la production, le monopole et l’inflation expliquent la hausse des prix enregistrée ces derniers jours, malgré les assurances des pouvoirs publics sur « la production suffisante». Il nous a été impossible d’avoir la version des ministères de l’Agriculture et du Commerce, car injoignables.
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