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Harcèlement sexuel à Sonelgaz : Les langues se délient

Publié le 03/12/2017, par dans Non classé.

Quelques jours seulement après la célébration de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, un nouveau scandale retentit.
Il s’agit de harcèlement sexuel contre des employées du groupe Sonelgaz (Société nationale de l’électricité et du gaz). Le Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snategs) et la Coordination nationale des agents de sécurité et de protection, affiliée à ce syndicat, dénoncent, à travers un communiqué, un chantage sexuel perpétré sur de jeunes employées recrutées sous contrat à durée déterminée.

En effet, selon Raouf Mellal, président du Snategs, ce n’est pas la première fois que ce syndicat dénonce ce type de violence envers les femmes, lesquelles représentent 16% de l’effectif total de Sonelgaz, qui emploi aujourd’hui 90 000 personnes. « Sur ce taux, ce sont les agents d’accueil, dont la majorité sont des femmes, qui sont les plus touchées par ce type de violence et de chantage. Elles sont au nombre de 3000, dont 70% sont recrutées sous CDD.

Cette précarité de leur emploi les rend toutes vulnérables devant les avances de leurs responsables hiérarchiques, tous des hommes. Une pression morale et des chantages sexuels sont pratiqués en contrepartie de contrats plus avantageux, soit des contrats à durée indéterminée (CDI).

Même les femmes mariées ne sont pas épargnées», explique-t-il avant de donner le chiffre provisoire de 70, cas recensés jusqu’à aujourd’hui, de femmes victimes de ce type de violence dans leur lieu de travail au sein de cette entreprise étatique. « Le chiffre est faible, étant donné que ce sujet est tabou.

Soucieuses de leur image sociale, les femmes, malgré leur statut de victimes, ont tendance à avoir peur de la dénonciation. Malgré les textes de loi qui existent, il faut que le regard de la société change envers ces femmes qui ne sont autres que des victimes et surtout évite d’en juger les plus courageuses, telle Sarah, l’employée de Sonelgaz de Annaba», ajoute-t-il.

Pour rappel, l’affaire de cette employée, membre de la commission femme du Snategs, remonte à la fin de l’année dernière, où cette employée a dénoncé les chantages sexuels de son responsable et a osé déposer plainte auprès de la direction générale de Sonelgaz. Cette dernière a traduit la victime en conseil de discipline, qui a abouti à son licenciement. Epaulée par le syndicat, cette dernière finit par avoir gain de cause et voir son harceleur sanctionné.

La Coordination nationale des agents de sécurité et de protection ne cache pas son intention de saisir la justice pour mettre un terme à ce type de violence. Signalons que plusieurs actions ont déjà été menées par le Snategs, dont des grèves et des mouvements de protestation. Nos tentatives pour contacter la direction de Sonelgaz n’ont pas abouti.

Pour sa part, Yamina Maghraoui, présidente du comité des femmes travailleuses du Snapap (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique), a indiqué lors d’une rencontre-débat organisée, hier, sur la violence envers les femmes en milieu de travail, que 35% des femmes travailleuses sont harcelées.

Ce chiffre émanant d’une étude réalisée par ce comité en 2014 est probablement en hausse. « Durant notre rencontre-débat, nous avons donné la parole à plusieurs femmes qui ont chacune raconté leur histoire, qui souvent finit mal. Elles se retrouvent au cœur de jugements hâtifs de la société et un mari ou une famille qui ne protègent et ne défendent pas ou pas assez la femme victime de violences, encore moins de violence sexuelle.

Parmi les témoignages les plus poignants, il y avait ceux de 3 femmes harcelées, dont les relations familiales et conjugales ont été perturbées au point où même le divorce a été frôlé», abonde-t-elle avant d’annoncer un plan d’action et un plaidoyer en voie de réalisation pour faire face à ce type de violences faites aux femmes, notamment dans le milieu professionnel. Deux cellules d’écoute ont également été installées dans les wilayas d’Alger et Oran.
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