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Graves révélations sur les manœuvres de Hassan II

Publié le 06/11/2017, par dans Non classé.

Le général à la retraite et ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar, revient, ces jours-ci, avec un livre témoignage des plus palpitants sur beaucoup d’événements qui ont secoué le pays, et particulièrement sur la question du Sahara occidental.
Il raconte dans le détail comment Hassan II « faisait miroiter, au président Bendjedid, la solution politique alors qu’il avait d’autres arrière-pensées, lui qui a la connaissance parfaite du dossier, la psychologie des hommes, la capacité de feindre et le manque de scrupules qui facilite les volte-face».

Il évoque aussi cette paix que Boumediène voulait faire avec le Maroc, « à l’ombre de la baïonnette», mais aussi, ce plan d’Alger qui devait empêcher le Maroc de construire ses fortifications et l’obliger à dévoiler son jeu, mais qui n’a pas reçu l’ordre d’application de Bendjedid. Ce qui a poussé le général à se poser de nombreuses questions sur la cohérence et la finalité de la politique sahraouie. Le livre ouvre le débat sur cette question en s’interrogeant s’il faut la laisser aux générations futures…

Certains vont dire que le livre est une compilation, d’autres vont l’utiliser pour se lancer dans des polémiques sans fin. La vérité est qu’à travers mon vécu en tant que chef militaire durant des périodes cruciales qu’a traversées mon pays, je m’interroge sur cette politique de la chaise vide adoptée par nos dirigeants en ce qui concerne la question du Sahara occidental et des relations avec le Maroc. N’est-il pas temps d’ouvrir le débat sur ce dossier qui pèse depuis plusieurs décennies et d’éviter de le laisser comme héritage aux générations futures ?» a explique l’ancien ministre de la Défense, le général à la retraite Khaled Nezzar, en évoquant la sortie prochaine du premier tome de son livre Recueil des mémoires du général Khaled Nezzar, chez Chihab Edition.

Un témoignage de première main, qui éclaire le lecteur sur l’agression du Maroc contre l’Algérie une année à peine après une indépendance chèrement arrachée, et « résume des situations complexes, comme les événements de Kabylie, les visions différentes qui ont amené les colonels Chaabani et Zbiri à tenter d’inverser le cours des choses par la sédition militaire, l’intermède Ben Bella, Boumediène et ses priorités, Bendjedid et ses responsabilités, mais aussi ses mérites». Les quelques extraits du chapitre consacré au dossier du Sahara occidental sont palpitants et riches en révélations. L’auteur remonte le temps, à l’époque où Chadli Bendjedid, alors fraîchement placé à la tête de l’Etat, lui confie la 3e Région militaire, en remplacement de Selim Saadi, qui venait de rejoindre le gouvernement. Il plante le décor en présentant cette région.

En plus du secteur sud de Tindouf, Khaled Nezzar est responsable des secteurs de Bordj Lotfi, au centre, et de Béchar, au nord, qui, précise-t-il, fait face aux forces vives marocaines basées au Ksar Essouk. Les trois secteurs comptent des brigades de combat, des unités autonomes, des bases aériennes dont une d’hélicoptères, ainsi que des plateformes pour la logistique, des dizaines de milliers d’hommes qui évoluent sur un terrain qui s’étire sur 1300 kilomètres que manage le lieutenant-colonel Mohamed Touati, nouveau chef d’état-major de la région, présenté par l’auteur comme le « militaire par excellence». Nezzar entre dans le vif du sujet : « Mes rencontres avec les responsables du Polisario sont rares.

Nous recevons de temps à autre des ordres d’attribution de munitions que nous prélevons sur nos dotations. Habituellement, les moyens du Polisario sont assurés par l’échelon central. Nous suivons attentivement ses actions et évaluons leurs répercussions possibles sur notre territoire. Les Mauritaniens, affaiblis par des attaques successives, baissent les bras. Les Marocains, face à la morbidité et à l’audace des Sahraouis, conseillés par les Français, spécialistes en matière de lignes fortifiées (Vauban, Maginot, Morice, Challe ou encore les cols des Alpes et des Pyrénées), imaginent comme parade aux incursions du Polisario la construction de murs. A cette époque, la situation des FAR (les forces armées du royaume, ndlr), est difficile.

Les DIR (Détachement d’intervention rapide), équipés de moyens légers et rapides, sont à bout de souffle. Les prisonniers marocains se comptent par milliers. Un bon nombre d’entre eux sont cantonnés en Algérie, avec l’accord des autorités marocaines. Le roi ne veut pas négocier leur libération avec le Polisario afin de ne pas reconnaître indirectement son existence (ce n’est que dix ans après que ces malheureux, au nombre de plus de 5000, retrouveront leurs familles. L’opération sera conclue discrètement entre les deux chefs d’Etat). Prudent, il ne veut prendre aucun risque. Son aviation a ordre de ne jamais violer notre espace aérien. Pour gagner du temps, afin de construire ses fortifications en paix, Hassan II feint un rapprochement avec l’Algérie. Ce rapprochement est illustré par la rencontre des deux chefs d’Etat grâce aux bons offices du roi d’Arabie Saoudite, sollicité sans doute par le monarque marocain…»

« Six mois avant, nous savions tous que le Maroc ne pouvait construire ses murs»

A la 3e Région militaire, écrit le général à la retraite, tout le monde savait, six mois à l’avance, que le Maroc ne pouvait pas construire les murs au moyen de ses seules forces présentes au Sahara occidental. « Il lui faut nécessairement déplacer ses forces vives blindées et mécanisées qui font face à l’Algérie à Ksar Essouk. Hassan II fait miroiter à Chadli une solution politique. Chadli est sincèrement preneur. Mais Hassan II a des arrière-pensées. Le roi a tout ce qui manque à Chadli : la connaissance parfaite du dossier, la psychologie des hommes, la capacité de feindre et le manque de scrupules qui facilite les volte-face. Chadli n’a pas mesuré, à son juste prix, ce que coûterait à Hassan II, sur le plan intérieur, un abandon de sa politique agressive au Sahara. Tout à son numéro de charme, le roi ne tarit pas d’éloges sur son vis-à-vis.

‘‘Chadli aime les Marocains », dit-il. Il a la partie belle avec le militaire mal équarri politiquement qui lui fait face. Redoutable tacticien, il veut convaincre que tout ce qui est arrivé n’est qu’un malentendu. Il rejette la responsabilité sur les Mauritaniens. Les réalités sont souvent plus exigeantes que les ambitions ou Lire la suite

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