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François Hollande commémorera samedi la fin de la Guerre d’Algérie

Publié le 16/03/2016, par dans Non classé.

Aussi surprenant qu’il y paraît, aucun président français n’avait marqué de sa présence l’hommage du 19 Mars aux victimes des combats en Afrique du Nord.
Le président de la République française, François Hollande, rendra hommage aux victimes de la Guerre d’Algérie le 19 mars. C’est la première fois qu’un chef d’Etat se recueillera sur le mémorial du quai Branly depuis que le législateur a officialisé, le 8 novembre 2012, la date du cessez-le-feu de Mars 1962, suite à une proposition socialiste créant une « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc». Cet anniversaire est toujours marqué de rejet par une part de la classe politique française de droite et d’extrême-droite et par certaines associations de rapatriés qui y voient surtout la fin de leur rêve d’une Algérie française.

Pour certaines associations d’anciens combattants, c’est la défaite qui est toujours insupportable, cinq décennies après. Pour ne pas envenimer les tensions qui continuent malgré tout jusqu’à ce jour, le président Jacques Chirac avait institué de toute pièce par décret en 2003 une date pour les manifestations du souvenir : le 5 décembre. Cette date correspond uniquement à l’inauguration cette année-là du Mémorial du quai Branly.

La date convenait à ceux qui estimaient qu’après le cessez-le-feu le sang a continué de couler. Pour les opposants au 19 Mars comme marqueur du souvenir, la période qui a suivi l’immédiat après cessez-le-feu a été ensanglantée, dans la phase de transition du passage de flambeau aux nouvelles autorités algériennes, en raison particulièrement d’un relâchement de la protection des ressortissants. Outre les Français d’Algérie, ceux-ci parlent aussi des supplétifs harkis. Aucune compassion par contre pour les Algériens massacrés ignominieusement, livrés à la vindicte des ultras.

Ce qu’appuie d’ailleurs avec aplomb Thierry Rolando, président national du Cercle algérianiste : « François Hollande est en train de tourner le dos à une partie de la communauté nationale, il ne reconnaît qu’une seule souffrance, celle des Algériens et jette un voile d’ombre sur les drames des harkis et des Français d’Algérie. Il pourrait embrasser toutes les mémoires en se rendant aux commémorations du 5 décembre.» Jusqu’à présent les deux, celle du 19 Mars et celle du 5 décembre, toutes deux inscrites dans le marbre de la loi, coexistent, avec leur ballet de gerbes et de discours antinomiques.

François Hollande a choisi de trancher le nœud inextricable et donner de la solennité au 19 Mars. Il devrait à l’occasion de ce 54e anniversaire de la fin de combats en Algérie prononcer, samedi prochain, un discours qu’il a préparé avec des historiens. L’association majoritaire des anciens combattants, la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) célèbre depuis 1983 la date du 19 Mars qui signifie pour elle la fin de l’engagement de la jeunesse française dans le conflit meurtrier. La démarche du président Hollande est accueillie favorablement : « La Fnaca se félicite de la décision du président de la République de participer à la cérémonie du quai Branly.

Pour la première fois depuis la fin de la Guerre d’Algérie, l’Etat sera ainsi officiellement associé au plus haut niveau à l’hommage de la nation à l’égard d’une génération de combattants trop longtemps occultée en raison des polémiques suscitées par l’issue de ce conflit.» Par contre, à Marseille, Christian Estrosi, le nouveau président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur persiste. Lui qui a été élu contre le Front national avec les voix de la gauche, reste malgré tout fidèle à son option très droitière et « algérianiste». Il annonce refuser de participer à l’hommage du 19 Mars : « Participer à ces cérémonies constituerait une provocation inqualifiable à l’égard de l’ensemble de la communauté rapatriée et des harkis.

Cette date constitue pour eux un déni de vérité. Je veux rappeler avec force que le nombre des victimes et des disparus s’est amplifié après le 19 mars 1962 – une date qui, en réalité, marque le début des enlèvements et du massacre de milliers de civils européens et de harkis.» Il est surprenant que 54 ans après leur fin, les hostilités restent vivaces, comme une nostalgie mortifère dont on peinerait à se dégager. Lire la suite

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