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Fitna dans les Aurès

Publié le 04/02/2017, par dans Non classé.

Sur ce coup-ci, le département de Hadjar est lamentable.
Le jeu de lobbying auquel il a cédé risque de créer une fitna à Batna et ailleurs. L’université Batna 2, créée en 2016, va être baptisée probablement demain et le choix du nom fait des gorges chaudes dans les Aurès. En effet, cette nouvelle université, créée sur le site de Fesdis, a été baptisée, début décembre dernier, du nom du Colonel Ahmed ben
Abderrazak Hamouda, alias Si El Haoues, sur une décision de la commission nationale de choix des noms des institutions.

Ce choix a été fait parmi les trois propositions soumises à la commission, trois valeureux héros de la Révolution, issus de la région, à savoir : Mostefa Benboulaïd, Ali Nemer et Si El Haoues. Le nom a été affiché sur le site web du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MERS), jusqu’au 9 janvier. Mieux : le recteur de ladite université a informé les familles de la décision de la commission. « Le recteur m’a contacté par téléphone et m’a informé personnellement de la décision officielle. Nous avons échangé des idées sur la cérémonie que nous avons prévue pour mars, anniversaire du décès de Si El Haoues», explique Chabane Hamouda, fils du colonel.

La joie des membres de la famille Hamouda sera de courte durée hélas, eux qui croyaient que leur héros de père allait connaître un début de réhabilitation, après tant d’ostracisme. « Il y a deux semaines, le même recteur m’a rappelé pour me demander de patienter un peu avant d’engager les préparatifs.» Au début, la famille Hamouda n’a pas saisi ce qui se tramait, mais l’accélération des événements a vite fait de révéler la vérité. En effet, depuis une semaine, les cadres de l’université savent que la première décision a été gelée et que le nom de Mostefa Benboulaïd a remplacé celui de Si El Haoues.

Ce « revirement» n’a été officialisé qu’en fin de semaine, mais les autorités locales, à leur tête le wali de Batna, ont tout mis en place pour imposer le fait accompli. L’occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Benboulaïd, ce dimanche 5 février, est l’argument tout fait pour justifier ce revirement. Un argument qui ne convainc personne cependant.

Sur les réseaux sociaux, l’opinion locale n’hésite pas à dénoncer un « hold-up», arguant que Mostefa Benboulaïd a eu la part du lion pour graver son nom dans la mémoire collective. Une page facebook est née pour porter une pétition populaire appelant à la « baptisation» de cette université du nom de Si El Haoues. Du côté de la famille Hamouda, c’est la stupeur et la colère. « Je ne m’explique pas comment l’Etat peut bafouer ainsi la mémoire de ses héros», déclare, à El Watan, Chabane Hamouda.

Avec cette histoire, on peut dire que le colonel Si El Haoues a été assassiné trois fois. La première, quand il est tombé au champ d’honneur aux côtés de Amirouche, face à des contingents de l’armée française, le 29 mars 1959, à Djebel Thameur, alors qu’ils se dirigeaient vers la Tunisie pour une mission de grande importance pour le cours de la Révolution.

De nombreux témoins et historiens ont affirmé que le convoi avait été dénoncé de l’intérieur et que les deux chefs historiques furent trahis par les leurs. D’ailleurs, on découvrira plus tard que les corps des deux dirigeants furent privés de sépulture et séquestrés dans des caves de la gendarmerie nationale durant longtemps, avant que Chadli Bendjedid, devenu président, ne mette fin à l’ignominie, en réhabilitant les deux personnages et en ordonnant l’enterrement des corps à El Alia. C’était la deuxième mort. Si El Haoues demeurera au ban de l’histoire, condamné à son insu par le jeu de pouvoir des clans qui ont profité de l’Indépendance. Aujourd’hui encore, sa mémoire est agressée par de petits calculs qui n’honorent pas leurs auteurs et jettent une nouvelle ombre sur notre rapport à l’histoire Lire la suite

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