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Finances de l’état : La crise est loin d’être finie

Publié le 19/05/2018, par dans Non classé.

La remontée des cours pétroliers mondiaux à des niveaux qui semblent filer tout droit vers les 100 dollars ne signifie assurément pas que l’Algérie soit sur le point de sortir enfin de la crise.
Plusieurs éléments objectifs incitent en effet à relativiser tout espoir d’un retour à court terme à un certain équilibre des finances internes et externes de l’Etat par le seul levier d’un retournement du marché pétrolier, aussi favorable soit-il.

Alors que le pic des 80 dollars qu’affiche actuellement le brent n’est qu’un simple fait de conjoncture géopolitique et que la perspective d’un baril à 100 dollars ne relève encore que de la pure prévision — même si ce scénario devient désormais crédible — force est de rappeler que dans le cas de l’Algérie, les finances de l’Etat étaient déjà loin d’être à l’équilibre, du temps même où le pétrole se stabilisait allégrement au-dessus des 100 dollars le baril.

Aussi, du point de vue des équilibres financiers internes comme de celui du compte courant extérieur, l’effervescence actuelle du marché mondial de l’or noir est loin d’être porteuse d’un quelconque espoir tangible de « retour à la normale» pour l’économie algérienne.

S’il n’est pas interdit d’entrevoir la perspective pour cette année d’un modeste excédent et même d’une éventuelle réanimation du défunt Fonds de régulation des recettes (FRR) — dès lors que le prix de référence du pétrole pour le budget de l’Etat est de 50 dollars —, il est néanmoins évident que le déficit budgétaire, même réduit de moitié à quelque 8% du PIB depuis un an, demeure encore fortement élevé.

Et au vu du niveau de la dépense publique déjà ordonnancée pour cette année, la couverture des déficits de l’Etat ne pourra se passer de financements non conventionnels, ni surtout se satisfaire de la petite éclaircie que connaît actuellement le marché de l’or noir. De la même façon, la remontée des cours mondiaux du brut n’est pas non plus de nature à apaiser les craintes sur l’état des équilibres financiers extérieurs, qui restent fondamentalement détériorés, malgré une sensible diminution du déficit commercial.

De fait, à la fin de l’exercice écoulé, le déficit du compte courant de la balance des paiements — sommes des transactions du pays avec le reste du monde — a connu une baisse notable, à la faveur notamment de la hausse des recettes d’exportations d’hydrocarbures. Cependant, ce déficit caracole tout de même à des niveaux pour le moins inquiétants, soit à plus de 20 milliards de dollars.

Dans ce sillage, faut-il encore s’attendre, l’érosion du fameux matelas de devises de l’Algérie, passé depuis peu sous les 100 milliards de dollars, devra sans doute se poursuivre, même si l’amélioration actuelle des prix du brut devrait en amortir un tant soit peu le rythme.

Découlant de tensions géopolitiques et non d’une stabilisation structurelle de l’offre pétrolière mondiale, la hausse quelque peu spectaculaire que connaissent actuellement les prix du pétrole risque de n’être en définitive qu’un simple répit tout à fait épisodique pour l’Etat et ses finances.
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